« Ce n'était pas une vraie Jaguar » — l'héritage stylistique contesté puis célébré de la XJ6
Une controverse générationnelle à son lancement
Selon le témoignage recueilli par Hagerty auprès d'Ian Callum — qui deviendra des décennies plus tard directeur du style de Jaguar (1999-2019) — la XJ6 ne fait pas d'emblée l'unanimité en 1968 : les amateurs de la génération de son père, habitués aux lignes plus cérémonieuses des berlines Jaguar antérieures, jugent alors que « ce n'était pas une vraie Jaguar ». Callum, alors âgé de quatorze ans, se souvient au contraire avoir été immédiatement conquis, retenant de cet épisode une leçon qui façonnera plus tard sa propre pratique du métier : « C'est une Jaguar, et je l'adore, alors vous pouvez tous aller au diable. »
Une influence directe sur des décennies de design Jaguar
Devenu lui-même directeur du style de la marque, Callum reconnaît l'influence durable exercée par la XJ6 sur l'identité visuelle Jaguar de la fin du XXe siècle — la silhouette de 1968 imprégnant, selon lui, le langage stylistique de la marque pendant plus de vingt ans après son lancement, jusqu'à devenir presque un carcan dont il s'emploiera lui-même à libérer Jaguar à son arrivée en 1999. Il cite comme paradoxe éclairant l'absence de révérence de Sir William Lyons envers sa propre œuvre passée (voir La silhouette de la XJ6 — le dernier grand dessin de Sir William Lyons) : c'est justement cette liberté créative assumée par le fondateur lui-même qui, selon Callum, avait permis les sauts stylistiques majeurs de la XK120 (1948) à l'E-Type (1961) puis à la XJ6 (1968) — une leçon qu'il revendique explicitement comme fil conducteur de sa propre rupture stylistique lors du lancement de la génération X351 en 2010 (voir X350 et X351 (2003-2019) — l'aluminium, la critique stylistique, puis la rupture Callum).
Un jalon reconnu du design automobile britannique
Au-delà du témoignage de Callum, la XJ6 est plus largement reconnue, au sein de l'industrie automobile, comme l'un des dessins de berline les plus aboutis de son époque — une élégance discrète associée depuis à l'image même du raffinement britannique, entretenue par sa réputation de confort et de silence (voir « La meilleure voiture du monde » — l'accueil de la presse d'essai en 1968) autant que par son usage comme voiture officielle des Premiers ministres et de la Couronne (voir La voiture des Premiers ministres britanniques, de Thatcher à la « Sentinel » et Brevet royal et corbillard d'État — la XJ au service de la Couronne britannique).
Voir aussi
- La silhouette de la XJ6 — le dernier grand dessin de Sir William Lyons · X350 et X351 (2003-2019) — l'aluminium, la critique stylistique, puis la rupture Callum · La voiture des Premiers ministres britanniques, de Thatcher à la « Sentinel » · Sir William Lyons et la XJ6 — « la plus belle Jaguar jamais construite »
- Site source
- hagerty.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Sir William Lyons et la XJ6 — « la plus belle Jaguar jamais construite »Jaguar XJ6 · Histoire et modèles
- La voiture des Premiers ministres britanniques, de Thatcher à la « Sentinel »Jaguar XJ6 · Culture documentation
- « La meilleure voiture du monde » — l'accueil de la presse d'essai en 1968Jaguar XJ6 · Conduite
- La silhouette de la XJ6 — le dernier grand dessin de Sir William LyonsJaguar XJ6 · Carrosserie
- X350 et X351 (2003-2019) — l'aluminium, la critique stylistique, puis la rupture CallumJaguar XJ6 · Histoire et modèles
- Brevet royal et corbillard d'État — la XJ au service de la Couronne britanniqueJaguar XJ6 · Culture documentation