TWR en Groupe A — comment l'XJ-S a dominé le championnat d'Europe des voitures de tourisme (1982-1984)
Un choix technique à contre-courant des attentes de British Leyland
En 1981, British Leyland approche Tom Walkinshaw pour identifier quel modèle du groupe serait le mieux placé pour affronter les nouvelles règles du Groupe A dans le championnat d'Europe des voitures de tourisme (ETCC) à partir de 1982. Alors que British Leyland aurait préféré voir engagée la Rover 3500 (future SD1, voir le dossier rover-p6-sd1/), Walkinshaw porte son choix sur l'XJ-S, dont la suspension à double triangulation autorise le montage des pneus les plus larges permis par le règlement — un avantage que le poids important de la voiture ne suffit pas à annuler. Un concours de circonstances administratif favorise aussi ce choix : la XJ-S, déjà homologuée en Groupe 1 grâce à des engagements antérieurs en Australie, se retrouve automatiquement reclassée en Groupe A lorsque la FIA instaure ces nouvelles catégories à l'automne 1981, sans avoir à repasser par une procédure d'homologation complète.
Un soutien discret, faute de moyens directs
Échaudée par l'échec du programme XJ12C mené par le préparateur Broadspeed en ETCC en 1976-1977 (épisode déjà documenté dans le dossier jaguar-xj6/), British Leyland refuse d'abord tout soutien financier direct au nouveau projet. TWR avance donc seul, épaulé par des sponsors extérieurs comme Akai et Motul, avec toutefois un appui technique et moral de la part du nouveau directeur général de Jaguar, John Egan (voir Ce que le redressement de John Egan a changé concrètement pour la XJ-S, dossier 01-histoire-et-modeles/). Dès février 1982, TWR ramène le poids de l'XJ-S à environ 1 400 kg et en tire de façon fiable 400 ch d'un V12 H.E. modérément préparé — la robustesse d'un gros moteur peu sollicité relativement à sa cylindrée s'avérant, paradoxalement, un atout décisif face à des rivales plus petites mais plus poussées.
1982-1983 : la montée en puissance
Dès sa première saison, l'XJ-S de Walkinshaw remporte une victoire avant la fin du championnat 1982 et termine deuxième du classement général. La saison 1983 voit BMW passer de la 528i à la 635 CSi, rendant la lutte plus serrée : à un moment de la saison, TWR mène le championnat cinq victoires à quatre face à BMW, avant de manquer de peu le titre, remporté par Dieter Quester devant Walkinshaw.
1984 : le sacre, sans conteste
Pour 1984, TWR aligne trois voitures et de nouveaux réglages d'arbres à cames et d'injection portent la puissance du V12 à environ 450 ch — un avantage de 120 ch sur la Volvo 240 Turbo et de 155 ch sur la BMW 635 CSi, malgré un poids toujours supérieur à celui de ses rivales. Sept victoires en course permettent à Tom Walkinshaw de remporter le titre pilote — le premier Jaguar depuis Peter Nocker en 1963, selon les archives du Jaguar Daimler Heritage Trust — tandis que Jaguar termine deuxième du classement constructeurs. Le point culminant de la saison reste la victoire aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, décrochée par Walkinshaw associé à Hans Heyer et Win Percy : la première victoire de Jaguar dans une épreuve de 24 heures depuis les 24 Heures du Mans 1957.
Un retrait au sommet
Dès 1985, TWR réoriente son programme ETCC vers la Rover Vitesse à moteur V8 (voir le dossier rover-p6-sd1/), mettant fin à l'aventure européenne de l'XJ-S en Groupe A au moment même de son plus grand succès — la suite de la carrière compétition du modèle se poursuivant alors sur d'autres continents (voir Bathurst — sept ans d'obstination avant la victoire de l'XJ-S au James Hardie 1000) et, pour Walkinshaw personnellement, vers les prototypes d'endurance Jaguar (voir Tom Walkinshaw et TWR — une écurie née d'un pari sur une Ford Capri, jusqu'à la Formule 1).
Voir aussi
- Tom Walkinshaw et TWR — une écurie née d'un pari sur une Ford Capri, jusqu'à la Formule 1
- Bathurst — sept ans d'obstination avant la victoire de l'XJ-S au James Hardie 1000
- Ce que le redressement de John Egan a changé concrètement pour la XJ-S
- Pneus et jantes — de Dunlop à Pirelli, des roues Kent aux Speedline de compétition
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Jaguar_XJS ↗
- Ce que le redressement de John Egan a changé concrètement pour la XJ-SJaguar XJS · Histoire et modèles
- Tom Walkinshaw et TWR — une écurie née d'un pari sur une Ford Capri, jusqu'à la Formule 1Jaguar XJS · Compétition
- Pneus et jantes — de Dunlop à Pirelli, des roues Kent aux Speedline de compétitionJaguar XJS · Freins trains pneus
- Bathurst — sept ans d'obstination avant la victoire de l'XJ-S au James Hardie 1000Jaguar XJS · Compétition
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- Group 44 et Bob Tullius — les premiers titres américains de l'XJ-S, avant même TWRJaguar XJS
- Ce que le redressement de John Egan a changé concrètement pour la XJ-SJaguar XJS
- Bathurst — sept ans d'obstination avant la victoire de l'XJ-S au James Hardie 1000Jaguar XJS