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§ 08 · Marches et ventes

Comment l'Urus a changé d'échelle financière toute l'entreprise Lamborghini

Lamborghini Urus · depuis 2018 · 4 min de lecture · extraite le 14 sept. 2026

Le franchissement du milliard, puis du doublement, puis du triplement

Lamborghini dépasse pour la première fois de son histoire le cap du milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2017 (1,009 milliard), la toute dernière année pleine avant l'Urus. La progression qui suit est ensuite ininterrompue : 1,415 milliard en 2018 (+40 %), 1,81 milliard en 2019 (+28 %), un repli à 1,61 milliard en 2020 (-11 %, année Covid), puis une reprise continue jusqu'à 1,95 milliard en 2021 (+19 %), 2,38 milliards en 2022 (+22 %), 2,66 milliards en 2023 (+12,1 %), et le franchissement d'un nouveau seuil symbolique en 2024 avec 3,09 milliards d'euros (+16,2 %, première fois au-dessus des 3 milliards). L'exercice 2025 confirme ce palier avec 3,2 milliards (+3,3 %), deuxième année consécutive au-dessus des 3 milliards malgré un contexte de change et de droits de douane américains défavorable.

Une rentabilité qui progresse plus vite encore que le chiffre d'affaires

La marge opérationnelle progresse de façon quasi ininterrompue sur la période : 20,2 % en 2021 (résultat opérationnel de 393 M€, +49 %), 25,9 % en 2022 (614 M€, +56 %, cinquième année consécutive d'amélioration de marge), puis un record de 27,2 % en 2023 (723 M€, +17,8 %, première fois au-dessus des 700 M€), suivi d'un résultat opérationnel record en valeur absolue en 2024 (835 M€, marge d'environ 27 %). L'exercice 2025 marque en revanche un repli du résultat opérationnel à 768 M€ (marge d'environ 24 %) malgré un chiffre d'affaires record — un recul attribué aux effets de change et aux droits de douane américains plutôt qu'à un essoufflement de la demande.

Ce que dit Domenicali au moment du lancement

Stefano Domenicali, directeur général de Lamborghini de mars 2016 à décembre 2020 (avant de rejoindre la direction générale de la Formule 1), pilote personnellement le lancement de l'Urus. Il en présente ainsi la portée dans un communiqué officiel Lamborghini au moment de la publication des résultats 2018 : l'Urus incarne « une approche visionnaire fondée sur l'infusion de l'ADN Lamborghini dans le véhicule le plus polyvalent qui soit, le SUV », une catégorie que le constructeur préfère désigner sous l'appellation « Super SUV » plutôt que SUV de luxe classique.

Ce que dit Winkelmann, avant et après

Stephan Winkelmann, directeur général de Lamborghini une première fois entre 2005 et 2016 puis de nouveau depuis décembre 2020, offre le témoignage le plus complet sur la place de l'Urus dans la stratégie du groupe. En avril 2022, il détaille la répartition alors observée : « le ratio à l'intérieur de Lamborghini aujourd'hui est de 60/40 entre le SUV et les autres modèles », en anticipant un rééquilibrage vers « plus ou moins 50/50 » au début de 2025, une fois l'ensemble de la gamme sportive renouvelée — une prévision qui ne s'est finalement pas vérifiée (voir L'Urus en chiffres : de 30 % à plus de 60 % des ventes Lamborghini, avec un pic 2025 à relativiser). Plus récemment, en juin 2026, il confirme que l'Urus « représente significativement plus de la moitié des ventes annuelles de l'entreprise » et qu'il « a été la clé de la transformation de Lamborghini ». Interrogé sur l'authenticité de la marque malgré une plateforme technique partagée à l'échelle du groupe Volkswagen, sa réponse est directe : « il a une plateforme commune, mais nos ingénieurs ont fait un travail fantastique en créant une voiture qui est une vraie Lamborghini. Personne qui conduit un Urus n'en doute jamais » — une déclaration à mettre en regard du degré de partage réel de la plateforme MLB Evo documenté ailleurs dans ce dossier (voir Le degré réel de partage de la plateforme MLB Evo : un empattement allongé par rapport au Cayenne, pas une base identique). Sous l'angle de sa propre carrière, Winkelmann rappelle qu'à son arrivée en 2005 Lamborghini vendait environ 1 600 voitures par an, contre plus de 10 700 en 2025 — une croissance qu'il attribue largement à l'Urus.

Un lien plausible, mais pas officiellement chiffré, avec le financement de l'électrification

En 2021, Winkelmann dévoile « Direzione Cor Tauri », la feuille de route d'électrification de Lamborghini, adossée à un investissement annoncé de plus de 1,5 milliard d'euros sur quatre ans (2021-2024) — présenté par le constructeur lui-même comme « le plus important plan d'investissement de l'histoire de la marque ». Le plan se déploie en trois phases : célébration des derniers modèles à moteur thermique pur (2021-2022), premier modèle hybride (le V12 Revuelto) en 2023 avec objectif d'électrification de toute la gamme fin 2024, puis un objectif de réduction de 50 % des émissions de CO2 à partir de 2025. Une partie de la presse spécialisée présente ce plan comme rendu possible par la rentabilité générée par l'Urus — une lecture cohérente avec la chronologie et avec le poids de l'Urus dans le résultat opérationnel du groupe, mais qu'aucune communication officielle de Lamborghini ne vient chiffrer ou flécher explicitement modèle par modèle ; ce lien causal est donc présenté ici comme une interprétation plausible plutôt que comme un fait établi.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
lamborghini.com ; gfmag.com ; autos.yahoo.com (Autocar) ; carbuzz.com
Date d'extraction
14 sept. 2026
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