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§ 01 · Histoire et modèles

Vue d'ensemble de la Lancia Aurelia (1950-1958) — une berline devenue jalon mondial

Lancia Aurelia · 1950–1958 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'Aurelia occupe, dans l'histoire de l'automobile, une place sans commune mesure avec sa notoriété auprès du grand public. Produite entre 1950 et l'été 1958 à 18 201 exemplaires toutes versions confondues, cette gamme Lancia est aujourd'hui reconnue par les historiens de l'automobile comme l'une des voitures les plus techniquement influentes du XXe siècle — au point que plusieurs innovations qu'elle a portées en série pour la première fois au monde sont désormais des standards universels de l'industrie. Ce dossier documente l'ensemble de la gamme : la berline (B10, B21, B22, B12, B15), le coupé Gran Turismo B20, le spider et le cabriolet B24, ainsi que les versions cabriolet plus confidentielles B50/B52 et le concept-car PF200.

Un nom qui inaugure une tradition

L'Aurelia est la première Lancia de l'après-guerre entièrement nouvelle, et sa dénomination inaugure une tradition qui se poursuivra chez Lancia pendant des décennies : baptiser les modèles d'après une voie romaine antique. « Aurelia » renvoie à la Via Aurelia, route consulaire reliant Rome à Pise puis à Gênes — un choix qui sera repris pour sa remplaçante, la Flaminia (Via Flaminia), puis pour l'Appia et la Flavia.

Six « séries », une convention plus tardive qu'il n'y paraît

La littérature automobile — y compris ce dossier — classe systématiquement le coupé B20 en six séries successives. Il convient cependant de noter, comme le souligne le site spécialisé carrozzieri-italiani.com, que cette classification par séries est une convention forgée après coup par les historiens et les clubs, pour des raisons de clarté : à l'époque, Lancia ne parlait officiellement que d'une numérotation continue de châssis lors des évolutions techniques, sans découpage formel en « séries » nommées. Seules les deux premières éditions à moteur 2 litres ont fait l'objet d'une distinction contemporaine ; la version 2,5 litres à partir de 1953 n'a, elle, jamais été officiellement étiquetée par séries par le constructeur lui-même. Ce distinguo n'enlève rien à l'utilité pratique de la convention, mais mérite d'être connu de quiconque consulte des documents d'usine d'époque.

Une gamme à quatre carrosseries et une philosophie commune

Sous des carrosseries très différentes, toute la gamme partage une même base technique : moteur V6 à l'avant, transmission transaxle à l'arrière, suspensions indépendantes aux quatre roues (voir La Lancia Lambda (1922) — l'ancêtre technique direct de l'Aurelia pour l'origine de cette philosophie chez Lancia dès 1922). La berline B10/B21/B22 (voir La berline Aurelia — B10, B21, B22, B12 et B15, une évolution en quatre temps) inaugure la gamme en 1950 ; le coupé B20 GT (voir La genèse du coupé B20 GT — une controverse d'attribution jamais définitivement tranchée et Le B20 série par série — six générations techniques en sept ans), lancé dès 1951, en devient rapidement le modèle le plus emblématique ; le spider puis le cabriolet B24 (voir Du Spider au Convertible — la genèse du B24 chez Pininfarina), à partir de 1954, en est la version la plus exclusive et la plus convoitée aujourd'hui. Une courte série de cabriolets de confort B50/B52, carrossés par Pinin Farina dès 1950 à environ 363 exemplaires cumulés, complète la gamme des débuts, de même que le concept-car PF200 (1952, sept exemplaires construits par Pinin Farina à but promotionnel, jamais destiné à la production).

Une genèse portée par un directeur de 24 ans

La décision de lancer un projet aussi ambitieux revient à Gianni Lancia, fils de Vincenzo Lancia, qui prend la direction de l'entreprise en 1947 à seulement 24 ans (voir Les quatre périodes de Lancia — de Vincenzo à Fiat, le contexte qui précède la Fulvia pour le contexte complet des quatre périodes de l'histoire de la marque, déjà détaillé dans le dossier consacré à la Lancia Fulvia). Contrairement à son père, dont la philosophie d'ingénierie sans compromis de coût est déjà bien établie (voir Vincenzo Lancia et la tradition d'ingénierie raffinée de la marque), Gianni Lancia y ajoute une dimension supplémentaire : un engagement sportif de premier plan, dont l'Aurelia elle-même profite directement (voir Les débuts en compétition (1950-1951) — Mille Miglia et Le Mans, une entrée en matière immédiate) mais qui, poussé jusqu'au programme de Formule 1, finira par précipiter la vente de l'entreprise (voir Le prix de l'excellence — comment l'Aurelia et le programme D50 ont contribué à la vente de Lancia).

Une fin de carrière et une succession organisée

La production de l'Aurelia s'achève à l'été 1958, après huit ans de carrière, remplacée par la Flaminia, présentée dès 1956 et qui reprend une architecture technique directement héritée de l'Aurelia tout en la modernisant substantiellement (voir 1958 — la fin de l'Aurelia et le passage de témoin à la Flaminia).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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