1981 — la RX-7 remporte les 24 Heures de Spa, première victoire européenne d'un constructeur japonais
Dix ans avant de faire partie de l'effectif élargi de pilotes Mazdaspeed engagé au Mans en 1991 (au volant d'un des deux autres prototypes 787/787B que celui de la victoire, terminé 8ᵉ — voir 1991 — la Mazda 787B remporte les 24 Heures du Mans, seule victoire toutes catégories d'un moteur rotatif), le Belge Pierre Dieudonné avait déjà offert à Mazda sa première grande victoire d'endurance européenne, aux 24 Heures de Spa-Francorchamps 1981 — un fil rouge biographique rare dans l'histoire de la compétition automobile.
Une genèse belge : un importateur, un pilote-ingénieur, un sponsor pétrolier
L'aventure commence par la rencontre entre Jacques Beherman, importateur belge de Mazda désireux d'engager la RX-7 en compétition, et Tom Walkinshaw, pilote britannique qui venait de fonder sa propre structure d'ingénierie course, Tom Walkinshaw Racing (TWR) — TWR travaillait déjà sur la SA22C avant même sa commercialisation au Royaume-Uni, en vue du championnat britannique des voitures de sport (ancêtre du BTCC). Le pétrolier Motul complète l'attelage comme sponsor principal.
1980 : un baptême du feu sans éclat, mais riche d'enseignements
TWR engage quatre RX-7 à Spa dès 1980, avec un birotor 12A gonflé à 225 ch (contre la moitié sur une voiture de route), classé en catégorie 2,5 litres face à une concurrence de Ford Capri 3,0 l, BMW 530i et Chevrolet Camaro V8. Les résultats sont décevants (abandon, roue perdue, 21ᵉ et 22ᵉ places), mais le pilote japonais Yojiro Terada, déjà auteur d'une victoire de classe aux 24 Heures de Daytona 1979 avec une SA22 (5ᵉ au classement général, devant des Porsche 911 RSR et BMW 3.5 CSL), identifie à son retour au Japon les points faibles du moteur et pousse Mazda à homologuer des pièces d'évolution.
1981 : une stratégie du tout ou rien
Pour l'édition suivante, Mazdaspeed livre trois moteurs de compétition évolués (12B, 235-240 ch, carburateurs Weber 48 IDA à double corps inversé), montés sur trois RX-7 équipées de pneus Dunlop spécifiques, de freins arrière à disque (remplaçant les tambours d'origine) et de vérins hydrauliques intégrés pour accélérer les arrêts aux stands. Walkinshaw associe à sa propre voiture le pilote belge Pierre Dieudonné, avec des consignes limpides : « Notre voiture sera le lièvre. On y va à fond, c'est tout ou rien. » — une stratégie délibérément contraire à la prudence habituellement de mise sur 24 heures. La voiture n°40 se qualifie devant l'ensemble des BMW engagées, tire parti de la légèreté et de l'agilité permises par la compacité du rotatif logé en position centrale avant (voir L'équilibre des masses de la RX-7 — comment la compacité du rotatif a permis l'architecture « front mid-engine »), et prend la tête en fin de matinée du second jour après que la BMW 530i de tête (équipe Juma) a cassé un culbuteur — une panne de distribution que le moteur rotatif, dépourvu de tout arbre à cames et de soupapes, ne pouvait par construction jamais connaître.
Un doublé symbolique : victoire et Coupe du Roi
Sur 55 voitures au départ, seules 26 rallient l'arrivée. La victoire de la RX-7 n°40 (Walkinshaw/Dieudonné) constitue la première victoire toutes catégories d'un constructeur japonais aux 24 Heures de Spa ; la cinquième place d'une seconde RX-7 de l'équipe (n°42) permet en outre à l'écurie TWR-Mazdaspeed-Motul de remporter la Coupe du Roi (classement combiné des deux meilleures voitures d'une même équipe). Ce succès, obtenu sur le continent européen plutôt qu'en Asie ou en Amérique du Nord, donne au rotatif Mazda une crédibilité sportive dont il manquait alors sur ce marché précis — un jalon que Pierre Dieudonné lui-même qualifiera plus tard de décisif pour l'image de la marque, faute pour la RX-7 de bénéficier du prestige immédiat d'une Porsche.
Voir aussi
- 1991 — la Mazda 787B remporte les 24 Heures du Mans, seule victoire toutes catégories d'un moteur rotatif
- La domination de la RX-7 en IMSA GTU — cent victoires et huit titres consécutifs
- L'équilibre des masses de la RX-7 — comment la compacité du rotatif a permis l'architecture « front mid-engine »
- La RX-7 en France — un mot « Wankel » soigneusement évité et 543 exemplaires en sept ans
- Site source
- japanesenostalgiccar.com (+ recoupements insidemazda.co.uk)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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