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§ 12 · Culture documentation

1991 — la Mazda 787B remporte les 24 Heures du Mans, seule victoire toutes catégories d'un moteur rotatif

Mazda RX-7 · 1978–1985 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le 23 juin 1991, la Mazda 787B n°55, pilotée par le Britannique Johnny Herbert, l'Allemand Volker Weidler et le Belge Bertrand Gachot, remporte les 24 Heures du Mans — première victoire d'un constructeur japonais dans l'épreuve, et à ce jour seule victoire toutes catégories d'une voiture à moteur non conventionnel (ni à pistons alternatifs) de toute l'histoire de la course. Il faudra attendre 2018 et la victoire de Toyota pour qu'un autre constructeur japonais s'impose au classement général. Point notable pour le fil biographique du corpus : le Belge Pierre Dieudonné, qui pilote cette année-là l'un des deux autres prototypes Mazdaspeed engagés au Mans (terminé 8ᵉ), avait déjà offert dix ans plus tôt à la marque son tout premier grand succès d'endurance européen au volant d'une RX-7 (voir 1981 — la RX-7 remporte les 24 Heures de Spa, première victoire européenne d'un constructeur japonais).

Le R26B, aboutissement du rotatif de compétition

La 787B est mue par le R26B, quadrirotor de 2,6 litres (2 616 cm³, quatre rotors de 654 cm³ chacun), héritier direct de toute la lignée de moteurs rotatifs de compétition développée par Mazda depuis les années 1970 (voir La domination de la RX-7 en IMSA GTU — cent victoires et huit titres consécutifs). Il reçoit trois bougies par rotor au lieu de deux (voir Deux bougies par rotor — le système d'allumage décalé des moteurs Mazda et son évolution), des joints d'apex en céramique, une injection périphérique et des tubulures d'admission télescopiques à longueur continûment variable pilotées par calculateur électronique. Capable en théorie de 900 ch à 10 000 tr/min, le moteur est bridé pour l'épreuve à environ 700 ch à 9 000 tr/min afin de préserver sa fiabilité sur la durée ; la voiture elle-même ne pèse que 830 kg.

Une victoire de la fiabilité, pas de la vitesse

Contrairement à une idée répandue, la 787B n'était pas la voiture la plus rapide en piste : elle qualifie ses trois exemplaires 12ᵉ, 17ᵉ et 24ᵉ, loin derrière les Jaguar, Mercedes-Benz et Porsche. La stratégie de l'écurie Mazdaspeed, conseillée par l'ancien vainqueur du Mans Jacky Ickx, mise sciemment sur l'endurance et l'économie de carburant plutôt que sur la pointe de vitesse. Au fil de la course, les incidents mécaniques éliminent progressivement les concurrents les plus rapides — dont la Mercedes-Benz C11 de Michael Schumacher, contrainte à l'abandon — laissant émerger la 787B n°55, qui prend la tête à la 22ᵉ heure et franchit la ligne d'arrivée en tête après 362 tours et 4 932,2 km parcourus, deux nouveaux records pour la configuration alors récente du circuit. Le pilote Johnny Herbert, resté au volant jusqu'à l'arrivée à la demande de l'équipe, est si déshydraté qu'il doit être conduit au centre médical du circuit et manque la remise du trophée, laissant à ses coéquipiers Weidler et Gachot le soin de fêter la victoire.

Une livrée orange devenue iconique

Sponsorisée par le fabricant textile japonais Renown, la voiture victorieuse arbore une livrée orange et vert vif, très différente du bleu et blanc classique des deux autres 787B engagées — une signature visuelle restée depuis associée à la victoire mazdienne au Mans, reprise sur plusieurs concept-cars ultérieurs (dont la Mazda Furai de 2008, porteuse du même numéro 55) et sur des voitures de course ultérieures pilotées en hommage à cette victoire.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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