Aller au contenu
§ 06 · Freins trains pneus

Deux roues devant, une seule derrière : l'architecture « tadpole » du châssis Messerschmitt

Messerschmitt KR175/KR200 · 1953–1964 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un choix à trois roues, mais pas n'importe lequel

Le Messerschmitt Kabinenroller partage avec l'Isetta l'idée d'une automobile à trois roues homologuée dans une catégorie fiscale et administrative proche de la motocyclette, mais les deux constructeurs ne retiennent pas du tout la même disposition. L'Isetta aligne ses deux roues arrière si près l'une de l'autre qu'elles se comportent presque comme une seule voie (voir le châssis de l'Isetta, dossier bmw-isetta/). Le Messerschmitt, lui, inverse totalement la logique : deux roues directrices à l'avant, largement espacées, pour une seule roue motrice à l'arrière — une configuration que les ingénieurs désignent aujourd'hui sous le nom de disposition « tadpole » (littéralement « têtard »), par opposition à la disposition « delta » (une roue directrice à l'avant, deux roues motrices à l'arrière) retenue par d'autres tricycles britanniques de la même époque, comme le Reliant Robin (voir « Tadpole » contre « delta » : pourquoi le Messerschmitt n'a pas la réputation d'instabilité du Reliant Robin pour la comparaison détaillée des deux logiques).

Une caisse monocoque héritée directement du Flitzer

La structure du véhicule repose sur une caisse centrale de type monocoque, en tôle d'acier embouti renforcée d'éléments tubulaires, qui s'amincit progressivement de l'avant vers l'arrière et se termine par une cloison pare-feu supportant le sous-châssis tubulaire du moteur et de la suspension arrière. Cette conception affine directement celle du Fend Flitzer (voir Fritz Fend avant Messerschmitt : des voiturettes pour mutilés de guerre au Flitzer (1948-1951)), dont elle reprend le principe d'une coque autoporteuse fermée sur laquelle vient se greffer, sur le dessus, tout le système d'accès à l'habitacle (voir Le cercueil de Blanche-Neige : la verrière en plexiglas et son argument de vente aéronautique assumé). Le capot moteur, articulé sur la structure monocoque, dissimule un réservoir d'essence alimentant le carburateur par simple gravité, sans pompe.

Une suspension à ressorts de caoutchouc, sans amortisseurs à l'origine

À l'avant, un bras transversal inférieur est rappelé par un ressort de torsion en caoutchouc à trois éléments, la course étant limitée par des butées en caoutchouc — le KR175 utilisait une version plus rudimentaire à simples cônes de caoutchouc, sans aucun amortissement. À l'arrière, un bras oscillant, comparable au bras unique d'une fourche de motocyclette, sert à la fois d'élément de suspension et de carter enveloppant la transmission par chaîne vers la roue motrice ; il est lui aussi rappelé par un ressort de torsion en caoutchouc. Ce n'est qu'avec l'arrivée du KR200 en 1955 que des amortisseurs hydrauliques font leur apparition aux trois roues, une nouveauté majeure par rapport au KR175 (voir Le KR200 remplace le KR175 (1955) : une refonte presque totale sous une silhouette presque inchangée). La voie avant est également élargie à cette occasion.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci