Aller au contenu
§ 07 · Carrosserie

Le cercueil de Blanche-Neige : la verrière en plexiglas et son argument de vente aéronautique assumé

Messerschmitt KR175/KR200 · 1953–1964 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une trappe unique qui fait toute la fonction d'accès

L'accès à l'habitacle du Messerschmitt ne se fait ni par une porte latérale classique ni par une porte-façade comme sur l'Isetta, mais par une trappe articulée sur le flanc droit du véhicule, qui bascule vers l'extérieur et vers le haut pour dégager l'ensemble des deux places en tandem. Cette trappe unique intègre non seulement la verrière proprement dite, mais aussi son propre cadre structurel, qui court du côté droit de la caisse monocoque jusqu'au côté gauche — de sorte qu'ouvrir la trappe, c'est littéralement soulever toute la partie supérieure du poste de pilotage d'un seul mouvement, à l'image d'une verrière de cockpit d'avion de chasse qui bascule sur son axe.

Du dôme intégral du KR175 à la verrière simplifiée du KR200

Sur le KR175, la verrière standard associe un large dôme de plexiglas bombé couvrant l'essentiel du champ de vision, avec une découpe frontale pour un petit pare-brise plat en verre véritable et des découpes latérales pour des vitres coulissantes encadrées. Une version dépouillée, dite « Sportster », supprime purement et simplement le dôme et les vitres pour ne conserver que le seul pare-brise. Le KR200, en 1955, simplifie et modernise cette conception en généralisant un pare-brise en verre courbé plus large, qui forme désormais lui-même les montants latéraux accueillant les cadres de vitres coulissantes — une bulle rendue de ce fait plus compacte, moins complexe et surtout moins coûteuse à produire que celle du KR175. L'essuie-glace, actionné manuellement sur le KR175, devient électrique sur le KR200.

« Le cercueil de Blanche-Neige » : un surnom allemand resté dans les mémoires

En Allemagne, la silhouette de la verrière en dôme transparent vaut au Kabinenroller un surnom resté célèbre parmi les amateurs : le « Schneewittchensarg », littéralement « le cercueil de Blanche-Neige » — référence transparente au cercueil de verre du conte des frères Grimm, à travers lequel on aperçoit le corps endormi de l'héroïne. Ce sobriquet, à mi-chemin entre l'affection et l'ironie, illustre bien l'impression visuelle marquante que produisait ce dôme transparent sur le public de l'époque, bien avant que l'industrie automobile ne généralise les grandes surfaces vitrées.

Un argument de vente pleinement assumé : « comme dans un avion »

Loin de chercher à estomper la parenté entre cette architecture et le monde de l'aviation militaire dont Messerschmitt est issu, la communication de l'époque revendique au contraire ouvertement cette filiation : verrière façon cockpit de chasseur, position de conduite basse et enveloppante, guidon façon manche à balai (voir Diriger au guidon : le système de direction le plus direct jamais monté sur une automobile de série) — autant d'éléments présentés comme un gage de modernité et de savoir-faire technique plutôt que dissimulés. Ce parti pris commercial, cohérent avec l'identité industrielle de la marque, tranche nettement avec la communication de l'Isetta rivale, qui insiste plutôt sur l'aspect pratique et économique de sa porte-façade que sur une quelconque filiation technique avec un secteur industriel particulier (voir la carrosserie de l'Isetta, dossier bmw-isetta/).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci