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§ 04 · Carrosserie

Raider, Tornado, Liebao — les innombrables rebadgeages mondiaux du Pajero

Mitsubishi Pajero · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Le Dodge Raider, fruit des liens capitalistiques entre Mitsubishi et Chrysler

Entre 1987 et 1989, Chrysler commercialise aux États-Unis, sous label Dodge, une version rebadgée de la première génération du Pajero sous le nom de Dodge Raider — un accord de badge engineering rendu possible par la participation au capital de Mitsubishi Motors que détenait alors Chrysler. Ce type d'accord, courant dans l'industrie automobile des années 1980, permet à un constructeur de compléter rapidement sa gamme sans développement propre, en échange d'un partage de marge avec le constructeur d'origine.

Une prolifération particulièrement dense sur le marché chinois

C'est toutefois en Chine que le phénomène de rebadgeage atteint son ampleur maximale, la deuxième génération du Pajero (1991-1999) y ayant été assemblée et commercialisée sous des appellations locales par un nombre remarquable de coentreprises distinctes : Guangtong Motors, Jincheng Motors, Jinhui Motors, Sanjiu Motors, Sanxing Motors, Shanlu Motors et Wanli Motors, chacune y apposant sa propre identité commerciale sur une mécanique fondamentalement identique. Beijing Automobile Works commercialise ainsi sa propre version sous le nom BJ2032 Tornado de 2002 à 2004, avec un moteur 2,2 litres d'origine General Motors plutôt que la motorisation Mitsubishi d'origine — signe que ces accords de licence chinois s'accompagnaient parfois d'une latitude technique significative laissée au partenaire local.

Le cas Changfeng-Leopaard, le plus durable de tous

Le rebadgeage chinois le plus durable est celui opéré par Changfeng Motor, qui commercialise sa version sous la marque Leopaard (ou Liebao, « guépard » en mandarin) de 1995 à 2021 — une carrière qui déborde très largement celle de la deuxième génération du Pajero elle-même, et qui se termine la même année que l'arrêt mondial de la production du Pajero d'origine par Mitsubishi, sans lien de cause à effet direct entre les deux événements. Le premier modèle Changfeng, le Liebao Heijinggang (« Black King Kong », 2002-2014), est proposé avec un choix de quatre motorisations dont un bloc 2,2 litres dérivé d'un moteur Toyota et un V6 3,0 litres Mitsubishi d'origine ; un modèle sœur, le Liebao Qibing, lui succède partiellement de 2009 à 2014. Les deux sont remplacés par le Leopaard Q6 en 2014, qui reste au catalogue jusqu'à la faillite de Changfeng Motors en juillet 2021 — utilisant, selon les millésimes, des moteurs Mitsubishi 4G63 et 4G64 ou, de nouveau, un bloc Toyota 2TZ-FE, dans une logique de mutualisation moteur assez éloignée de la politique produit habituelle de Mitsubishi sur ses marchés matures.

Une pratique à mettre en perspective avec celle des rivaux directs

Cette prolifération de noms commerciaux distincts pour une mécanique fondamentalement partagée n'est pas propre au Pajero : ce corpus documente une pratique comparable, bien que d'une nature légèrement différente, côté Nissan Patrol, où plusieurs changements de nom (Safari, Armada, Infiniti QX56/80) relèvent de décisions marketing officielles de Nissan lui-même plutôt que de coentreprises industrielles locales indépendantes (voir la fiche correspondante du dossier Nissan Patrol). Le cas chinois du Pajero se distingue par le nombre inhabituellement élevé de partenaires industriels distincts impliqués simultanément sur un même marché national pour un même véhicule — une fragmentation qui tient moins à une stratégie de marque de Mitsubishi qu'à la structure très particulière de l'industrie automobile chinoise des années 1990-2000, organisée autour de nombreuses coentreprises régionales.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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