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§ 01 · Histoire et genèse

La première génération (1982-1991) — du 3 portes spartiate à l'Exceed cossu

Mitsubishi Pajero · 4 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une gamme qui s'étoffe très vite après un lancement minimaliste

Le Pajero de première génération (codes internes L040 pour la version courte, L140 pour la longue) débute en mai 1982 sous une forme volontairement simple : trois portes, empattement court (2 350 mm), toit rigide ou en toile, et un choix initial limité de motorisations qui s'élargit très rapidement. Dès février 1983, à peine neuf mois plus tard, une carrosserie cinq portes à empattement long (2 695 mm) rejoint la gamme, offrant jusqu'à sept places grâce à une troisième rangée de sièges rabattable sur les côtés ou combinable avec la banquette du deuxième rang pour former une couchette — un argument de polyvalence familiale assez inédit sur un tout-terrain de cette catégorie au début des années 1980.

Une gamme moteur qui grimpe jusqu'au V6

Au fil de la carrière de cette première génération, l'offre motrice s'élargit progressivement jusqu'à compter sept blocs différents : trois moteurs essence (2,0 l 4 cylindres, avec une variante turbocompressée, 2,6 l 4 cylindres, et 3,0 l V6 SOHC en haut de gamme) et quatre moteurs diesel (2,3 l atmosphérique, 2,3 l turbo, puis 2,5 l turbo en deux niveaux de puissance). Le V6 3,0 l à injection électronique n'apparaît qu'en 1988, en même temps qu'un diesel 2,5 l turbo à intercooler — le tout premier intercooler jamais monté sur un 4x4 selon Wikipédia anglophone, un détail qui illustre le soin technique inhabituel apporté à ce modèle dès son lancement (voir La lignée diesel — du premier turbo-intercooler de 1988 au common rail des années 2010 pour le détail complet de cette lignée diesel). Une boîte automatique à 4 rapports rejoint la gamme dès avril 1985, aux côtés de la boîte manuelle à 5 rapports de série.

L'Exceed, premier jalon du Pajero cossu

En septembre 1987, Mitsubishi introduit un niveau de finition baptisé Exceed, qui matérialise concrètement l'ambition de confort du modèle évoquée dès sa genèse (voir Des origines militaires de 1934 aux concepts de Tokyo — la genèse du Pajero avant 1982) : peinture bicolore, jantes alliage de 15 pouces, sellerie en tissu écossais, sièges avant chauffants à deux niveaux et à réglage pneumatique, climatisation arrière, hayon à verrouillage à distance, volant trois branches et autoradio-cassette. La version japonaise « Super Exceed » ajoute des phares d'appoint ambrés, un pare-buffle en acier et des poteaux de gabarit lumineux aux angles de caisse — des équipements spécifiques au marché intérieur japonais qui n'ont pas d'équivalent direct à l'export. Cette même année 1987, une version « J-top » à deux portes façon cabriolet rejoint temporairement la gamme dans certains marchés.

Le rebadgeage Dodge Raider (1987-1989) et le nom « Colt Shogun »

Chrysler commercialise entre 1987 et 1989, sous label Dodge, une version rebadgée du Pajero appelée Dodge Raider — un accord de badge engineering typique des liens industriels que Mitsubishi entretient alors avec les constructeurs américains (Chrysler détient à cette époque une participation au capital de Mitsubishi Motors). Un autre nom commercial, plus anecdotique, apparaît sur certains marchés : « Colt Shogun », faisant explicitement le lien entre la marque Colt (autre nom commercial utilisé par Mitsubishi selon les marchés) et l'appellation « Shogun » que le modèle porte au Royaume-Uni pour les raisons développées dans Montero, Shogun — comment Mitsubishi a dû renommer son propre modèle-phare dans une partie du monde.

L'Australie, un laboratoire de séries commerciales à la nomenclature très fine

Le marché australien constitue un cas d'école de la segmentation commerciale fine pratiquée sur cette génération : pas moins de sept séries se succèdent entre janvier 1983 (NA) et avril 1991 (NG), chacune apportant des retouches ciblées — direction assistée en option sur la série NC (1985), moteur diesel turbo de 2,5 l remplaçant l'ancien 2,3 l sur la série ND (1986), moteur essence 2,6 l local « Astron II » remplaçant le bloc japonais sur la série NE (1987), V6 3,0 l et suspension arrière à trois bras sur la série NF (1988). Cette segmentation très détaillée, propre au marché australien, contraste avec la présentation généralement plus simple de la gamme sur le marché japonais ou européen.

Une diffusion industrielle déjà mondiale dès la première génération

Dès cette première génération, le Pajero est assemblé bien au-delà du seul Japon : au Portugal (Tramagal), aux Philippines (Cainta), en Chine (Zhuhai) et en Corée du Sud, où Hyundai Precision Products en construit sous licence sa propre version, la Hyundai Galloper, dont la carrière (1991-2003) déborde largement celle du Pajero de première génération lui-même — un cas suffisamment riche pour faire l'objet d'une fiche séparée, voir Le Hyundai Galloper — quand la première génération survit sous licence coréenne jusqu'en 2003. Selon Wikipédia francophone, Mitsubishi écoule plus de 300 000 exemplaires de cette première génération avant le lancement de la remplaçante en 1991 — un chiffre non retrouvé, à ce stade des recherches menées pour ce corpus, dans les sources anglophones consultées, et consigné ici avec cette réserve.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; fr.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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