Nissan et l'après-guerre — une genèse parallèle à celle du Land Cruiser, mais moins personnalisée
Une entreprise elle aussi mise sous tutelle par l'occupation
Le contexte industriel qui a permis la naissance du Land Cruiser chez Toyota (voir le dossier consacré à ce concurrent dans ce corpus) n'a rien d'un cas isolé : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les forces d'occupation américaines saisissent les principales usines de Nissan, et l'entreprise ne retrouve la pleine maîtrise de son outil industriel qu'en 1955 seulement. La production automobile reprend très progressivement sous contrôle allié : la première voiture d'après-guerre sort des chaînes dès novembre 1945, mais il faut attendre novembre 1947 et l'autorisation explicite du commandement allié pour que Nissan relance une production civile digne de ce nom, avec la Datsun DA. La société elle-même n'est officiellement reconstituée sous le nom Nissan Motor Co., Ltd. qu'en août 1949.
La guerre de Corée, même bouée de sauvetage industrielle
Comme Toyota, dont l'histoire officielle attribue explicitement à cette période le sauvetage de l'entreprise (voir la fiche correspondante du dossier Toyota Land Cruiser de ce corpus), Nissan bénéficie directement de l'afflux de commandes militaires américaines déclenché par le déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950 : sur les neuf premiers mois de 1951 seulement, le constructeur vend 4 325 véhicules (voitures et camions) à l'armée américaine. C'est dans ce même climat de mobilisation industrielle qu'intervient, en 1951, une invitation officielle du gouvernement japonais aux constructeurs automobiles nationaux à produire un véhicule tout-terrain « de type Jeep » destiné à la toute nouvelle Police Reserve Force (créée le 10 août 1950, ancêtre des Forces japonaises d'autodéfense) — très exactement la même commande institutionnelle qui, chez Toyota, donnera naissance au prototype BJ.
Une genèse tokyoïte, documentée avec moins de relief humain
Les ingénieurs de Nissan, basés à Tokyo, répondent à cette commande en un temps également très resserré : le résultat, le 4W60, entre en production dès septembre 1951 sur le site de Hiratsuka. Sur le plan chronologique, les deux constructeurs avancent donc au même rythme, à quelques mois d'écart. La différence la plus frappante entre les deux dossiers de ce corpus n'est pas industrielle mais documentaire : là où la genèse du Land Cruiser bénéficie d'un récit fondateur précisément daté et personnalisé — l'ascension du mont Fuji par le pilote d'essai Ichiro Taira en juillet 1951, sous la supervision directe de la Police Reserve Force (voir la fiche correspondante) —, aucune source de référence de premier rang consultée pour ce dossier (Wikipédia anglophone et francophone, historique officiel Nissan, presse spécialisée australienne généraliste) ne documente d'épisode fondateur comparable, avec un nom de pilote et une date précise, pour le 4W60.
Une affirmation marketing tardive, à traiter avec prudence
Ce constat mérite d'être nuancé : deux sources commerciales tardives et non académiques (un article de célébration du 70ᵉ anniversaire publié par un concessionnaire Nissan sud-africain en 2022, et une page de vente d'un autre concessionnaire) affirment que le tout premier Patrol aurait lui aussi gravi le mont Fuji (2 500 m) pour prouver ses capacités. Aucune des sources de référence de ce dossier — ni Wikipédia anglophone ou francophone, ni l'historique patrimonial officiel de Nissan, ni les sites spécialisés — ne mentionne cet épisode avec un nom de pilote, une date ou un mois précis, contrairement au récit très circonstancié dont bénéficie la même anecdote côté Toyota. Le parallélisme troublant entre les deux histoires (même montagne, même année 1951) invite à la prudence méthodologique : il est impossible, avec les sources rassemblées ici, de confirmer un authentique exploit distinct du Patrol sur le mont Fuji, ni d'exclure une confusion ou une récupération marketing tardive de la célèbre histoire toyotiste. Ce point est donc consigné comme une affirmation non corroborée plutôt que présenté comme un fait acquis.
Une filiation Jeep revendiquée sans détour
Contrairement à Toyota, qui insiste sur la transformation progressive d'un savoir-faire de guerre propre (voir le prototype AK10 dans le dossier voisin), les sources consacrées au Patrol assument plus directement la filiation esthétique et conceptuelle avec la Jeep Willys américaine : le 4W60 est d'ailleurs commercialisé un temps sous le nom informel de « Nissan Jeep », et sa parenté visuelle avec la Willys MB est relevée sans détour par l'ensemble des sources. Nissan ne repart cependant pas de zéro : plusieurs commandes de camions militaires américains, dont 1 000 exemplaires du modèle BM commandés dès le 31 juillet 1950, ont déjà remis en route l'appareil industriel du constructeur avant même que ne débute le développement du 4W60 (voir Le 4W60 (1951-1960) — un moteur d'autobus sous la carrosserie du premier Patrol).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org ; nissan-global.com ; nissanpatrolusa.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Nissan_Patrol ↗
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- Un nom, plusieurs habillages commerciaux — Patrol, Safari, Armada, QX56/QX80, RoyaleNissan Patrol · Histoire et genèse
- Le 4W60 (1951-1960) — un moteur d'autobus sous la carrosserie du premier PatrolNissan Patrol · Histoire et genèse