L'usine de Neckarsulm — vingt ans de sous-traitance industrielle inhabituelle chez Porsche
Un site chargé d'histoire, hérité de la marque NSU
Située au nord de Stuttgart, l'usine de Neckarsulm a d'abord appartenu au constructeur NSU, racheté par le groupe Volkswagen en 1969 et fusionné avec Audi. C'est dans cette même usine qu'était assemblée la NSU Ro80 à moteur rotatif, dont les ventes décevantes et la réputation de fiabilité désastreuse fragilisent le site dès le début des années 1970. C'est précisément cette fragilité qui explique, de façon presque accidentelle, pourquoi la 924 n'a jamais été construite dans une usine Porsche : lorsque Volkswagen envisage sérieusement, en 1975, de fermer purement et simplement Neckarsulm faute d'activité suffisante, la perspective d'un conflit social majeur avec les syndicats et le gouvernement régional du Bade-Wurtemberg pousse la direction de VW à accepter de céder les droits du projet EA425 à Porsche, à la condition expresse que les voitures continuent d'y être assemblées par des ouvriers du groupe Volkswagen (voir L'EA425 — comment un projet Volkswagen avorté est devenu la Porsche 924).
Une collaboration industrielle qui dure vingt ans
Ce montage, pensé au départ comme une solution de circonstance, perdure sans discontinuer pendant deux décennies : la 924, puis la 944, sont assemblées à Neckarsulm sous contrat de sous-traitance pour le compte de Porsche, avec un moteur (dans le cas de la 944) conçu et assemblé à Zuffenhausen avant d'être acheminé par camion jusqu'à Neckarsulm pour son installation dans la caisse. Cette organisation industrielle, rare pour une marque aussi jalouse de son savoir-faire que Porsche, illustre bien la nature hybride de toute la gamme transaxle — pensée, dessinée et commercialisée par Porsche, mais en partie fabriquée par la main-d'œuvre d'un groupe concurrent.
La fin de la sous-traitance avec l'arrivée de la 968
Ce n'est qu'avec la 968, en 1991, que Porsche rapatrie l'assemblage complet dans ses propres murs, à Zuffenhausen, la sous-traitance chez Audi étant devenue trop coûteuse à mesure que les volumes de vente se contractaient (voir La 968 (1991) — quand une simple évolution devient un modèle à part entière). Ce retour à une production intégralement maison, après vingt ans passés à Neckarsulm, marque autant une décision purement économique qu'un symbole : la dernière représentante de la lignée née d'un projet Volkswagen redevient, dans les faits comme dans son processus de fabrication, une Porsche à part entière.
Voir aussi
- L'EA425 — comment un projet Volkswagen avorté est devenu la Porsche 924 · La 968 (1991) — quand une simple évolution devient un modèle à part entière · « Ce n'est pas une vraie Porsche » — le débat identitaire qui a poursuivi toute la gamme transaxle · Le moteur EA831 (Typ 831) — un 4 cylindres Audi/Volkswagen aux emplois insoupçonnés
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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