Les préparations moteur d'époque pour Dauphine — Autobleu, Ferry, Volcan et Vinatier
Au-delà des versions sportives produites en usine (Gordini, 1093 — voir Renault Dauphine Gordini — quand Amédée Gordini sauve son atelier en pimentant la Dauphine et Renault Dauphine 1093 — la version course homologuée, entre 4CV 1063 et R8 Gordini), la Dauphine de série a fait l'objet, dès la fin des années 1950, de tout un marché de kits de préparation moteur proposés par des préparateurs indépendants. Les mesures de référence utilisées pour comparer ces préparations sont celles d'une Dauphine de série : 116,122 km/h de vitesse de pointe (mesurée à Montlhéry) et 46 secondes au kilomètre départ arrêté.
Autobleu
Le carrossier-préparateur Autobleu (déjà rencontré comme carrossier de coupés sur base 4CV, voir Les carrosseries spéciales dérivées de la 4CV — Autobleu, Rosier, VP, Brissonneau et autres) propose cinq types de tubulures pour la Dauphine, toutes bâties sur le même principe : une admission directe, sans coude ni aspérité, fixée sur une platine soudée en lieu et place de la tubulure d'origine, et un échappement à quatre conduits se regroupant en un collecteur unique — les modèles Sebring, Stelvio, Avus, Veloce et Mille Milles. Le kit le plus abouti, dit « type 40 », associe une culasse retravaillée (« tête bleue »), un arbre à cames spécifique baptisé « Rocket-Dauphine », une tubulure Stelvio de 30 mm, un carburateur Solex 32 PICBT à prise de dépression, un filtre à air sec, un allumeur spécifique, un cache-culbuteurs Autobleu et un échappement à deux sorties. Puissance annoncée : 40 ch, pour 133 à 141 km/h de vitesse de pointe selon les mesures. Coût de la transformation à l'époque : 100 000 francs, pose et réglages compris.
Boudot
Un moteur à double arbre à cames, dont dauphinomaniac.org ne détaille pas davantage le fonctionnement dans cette page (renvoi vers une page dédiée non consultée lors de cette session).
Pierre Ferry, deux niveaux de préparation
Pierre Ferry, déjà rencontré comme préparateur de 4CV puis de Dauphine Gordini (voir Le palmarès sportif de la Dauphine — Monte-Carlo, Tour de Corse et le préparateur Pierre Ferry), propose deux kits distincts pour la Dauphine :
- Type 130 (le plus abordable) : nouvelle tubulure d'échappement, carburateur Solex de 32 ou 34 (avec ou sans autostarter), culasse d'origine modifiée (agrandissement et polissage des passages d'admission, soupapes plus grandes, ressorts doubles), arbre à cames changé, bougies plus froides, avance à l'allumage modifiée, filtre à air sec. Puissance annoncée : 40 ch, vitesse de pointe 136 km/h (d'où le nom « 130 », arrondi commercial). Le kilomètre départ arrêté tombe à 40,6 secondes contre 46 pour une Dauphine de série, sans surconsommation notable à allure normale (au-delà de 10 l/100 km à pleine charge). Coût : 85 000 F. En option, Ferry proposait également une direction plus directe (9 dents au lieu de 6, sans ressort de rappel, 18 500 F) et une modification de suspension (ressorts raccourcis d'une spire, base aplatie, 6 000 F).
- Type 140 : reprend la culasse de la 4CV 1063 modifiée, une tubulure d'échappement de compétition et un carburateur Weber double corps, pour plus de 140 km/h et 48 ch. Une seconde version du type 140 part au contraire d'une culasse de Dauphine Gordini dont la cylindrée est portée à 904 cm³ (échange de pistons et de chemises), avec arbre à cames sport, conduits agrandis et polis, soupapes de plus gros diamètre à ressorts doubles et bougies froides, tout en conservant le carburateur d'origine de la Gordini.
Vinatier-Volcan et Volcan seul
Le pilote de compétition et garagiste Jean Vinatier part des essais de la tubulure Volcan seule pour développer une préparation moteur complète : taux de compression porté à 8 (soit la valeur retenue sur les Dauphine export USA — voir Identifier une Dauphine « export USA » — les particularités techniques de la version américaine), passages de gaz agrandis et polis (29 mm à l'admission, 28 mm à l'échappement), soupapes à ressorts doubles, arbre à cames retravaillé, carburateur Weber de 34 monté sur la tubulure Volcan, allumeur SEV retardé de 3 mm, échappement spécial. Vitesse annoncée : 132,951 km/h, kilomètre départ arrêté en 42 secondes, pour un coût de 75 000 F.
La tubulure Volcan seule (sans les autres modifications), conçue par une firme de Levallois autour d'une « chambre pyramidale » exploitant la dépression créée par l'échappement d'un cylindre pour vidanger les trois autres, suffisait à elle seule à faire gagner environ 8 km/h à une Dauphine de série, portée à 124,3 km/h.
Voir aussi
- Le moteur Billancourt — du 760 cm³ de la 4CV au 845 cm³ de la Dauphine · Renault Dauphine Gordini — quand Amédée Gordini sauve son atelier en pimentant la Dauphine · Renault Dauphine 1093 — la version course homologuée, entre 4CV 1063 et R8 Gordini · Les carburateurs de la 4CV et de la Dauphine — Solex et Zenith au fil des versions · Les carrosseries spéciales dérivées de la 4CV — Autobleu, Rosier, VP, Brissonneau et autres
- Site source
- dauphinomaniac.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Identifier une Dauphine « export USA » — les particularités techniques de la version américaineRenault 4CV / Dauphine · Histoire et modèles
- Les carrosseries spéciales dérivées de la 4CV — Autobleu, Rosier, VP, Brissonneau et autresRenault 4CV / Dauphine · Histoire et modèles
- Renault Dauphine 1093 — la version course homologuée, entre 4CV 1063 et R8 GordiniRenault 4CV / Dauphine · Histoire et modèles
- Le palmarès sportif de la Dauphine — Monte-Carlo, Tour de Corse et le préparateur Pierre FerryRenault 4CV / Dauphine · Culture documentation
- Les carburateurs de la 4CV et de la Dauphine — Solex et Zenith au fil des versionsRenault 4CV / Dauphine · Carburation
- Renault Dauphine Gordini — quand Amédée Gordini sauve son atelier en pimentant la DauphineRenault 4CV / Dauphine · Histoire et modèles
- Le moteur Billancourt — du 760 cm³ de la 4CV au 845 cm³ de la DauphineRenault 4CV / Dauphine · Moteur