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§ 01 · Histoire et modèles

Renault Dauphine 1093 — la version course homologuée, entre 4CV 1063 et R8 Gordini

Renault 4CV / Dauphine · 1947–1961 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une série limitée pour homologuer la compétition

Présentée pour la première fois au Salon de Paris en septembre 1961, la Dauphine 1093 est la version civile homologuée du programme de compétition de la Régie. Son nom rend directement hommage à la 4CV 1063 (voir Renault 4CV R1063 — la version course, matrice de l'aventure Alpine), à ceci près que, contrairement à la 1063 vendue en kit de transformation par la SAPRAR, la 1093 est livrée dans sa forme définitive, prête à courir. Elle est homologuée en catégorie Tourisme en novembre 1961 — une catégorie qui impose un minimum de 1 000 exemplaires produits pour autoriser l'engagement en compétition. Avec Simca (qui s'associe à Abarth dès janvier 1962 pour préparer la Simca 1000), Renault devient l'un des tout premiers constructeurs français à s'intéresser sérieusement aux voitures de sport de série.

Au total, 2 140 exemplaires sont produits entre novembre 1961 et avril 1963, en deux séries : 1 650 véhicules pour le millésime 1962, 490 pour 1963, se distinguant surtout par des détails de teinte de carrosserie (blanc Réjane en 1962, blanc-gris Valois en 1963) et de planche de bord.

Le père de la 1093 : François Landon

François Landon, chef du service compétition de la Régie (celui-là même qui, en 1951, avait déjà remporté la victoire de catégorie de la 4CV aux 24 Heures du Mans — voir Le palmarès sportif de la 4CV — 24 Heures du Mans, Mille Miglia et records de vitesse), dirige le développement de la 1093 à partir du moteur de la Floride (voir L'évolution du moteur — du 845 cm³ de la Dauphine Gordini au 1 108 cm³ de la R8 Major dans le dossier renault-floride-caravelle/). Les modifications techniques comprennent :

  • un carburateur Solex inversé double-corps 32 PAIA3 de fabrication italienne, à ouverture du second corps commandée par dépression, surmonté d'un filtre à air sec ;
  • de nouveaux collecteurs d'échappement et d'admission signés Autobleu, avec suppression du volet de réchauffage habituel du moteur « Ventoux »/Billancourt (voir Le moteur Billancourt — du 760 cm³ de la 4CV au 845 cm³ de la Dauphine) ;
  • des soupapes d'échappement à rotateurs, queues portées à 7 mm de diamètre et ressorts doublés, autorisant sans risque une utilisation jusqu'à 6 000 tr/min ;
  • des pistons bombés portant le taux de compression à 9,1-9,2 selon les sources, sans intervention sur la culasse elle-même ;
  • un arbre à cames spécifique à levée plus prononcée.

Résultat : une puissance de 49 ch DIN (soit environ 55 ch SAE) à 5 600 tr/min — environ dix chevaux de plus que la Floride dont le moteur est issu. Les performances mesurées sont solides pour l'époque : 400 mètres départ arrêté en 20,2 secondes, 1 000 mètres en 38,5 secondes, 0 à 100 km/h en 15,5 secondes, pour une consommation de 8,5 l/100 km et une vitesse de pointe de 140 km/h — des chiffres qui la situent favorablement face à ses concurrentes directes, la BMC Cooper et la Fiat-Abarth 850 TC.

Reconnaissable entre toutes

Extérieurement, la 1093 se distingue de la Dauphine Gordini par ses projecteurs avant de 180 mm de diamètre (contre 160 mm), empruntés à la version export USA, par deux bandes bleues collées dans l'axe de la carrosserie blanche, et par un tableau de bord équipé d'un compte-tours mécanique entraîné par une prise sur l'allumeur. Le freinage reste à tambours, mais les tambours avant reçoivent des ailettes de refroidissement circulaires. C'est aussi la seule Dauphine vendue en France (hors versions à embrayage automatique) équipée d'un circuit électrique en 12 volts comme les versions export américaines, contre 6 V sur le reste de la gamme française — voir 6 volts ou 12 volts ? L'électricité de la 4CV et de la Dauphine selon les marchés et versions.

Malgré son caractère sportif, la 1093 « de série » ne peut rivaliser en compétition sans préparation complémentaire : le règlement de 1960 interdisait toute augmentation de cylindrée ou changement de pièces, limitant les préparateurs (dont Pierre Ferry) à polir l'existant. Elle triomphe malgré tout au Tour de Corse 1962 (Pierre Orsini et Jean Canonici) — voir Le palmarès sportif de la Dauphine — Monte-Carlo, Tour de Corse et le préparateur Pierre Ferry. On estime aujourd'hui qu'une grosse centaine de 1093 ont survécu, dont la moitié en état de marche, ce qui en fait la plus recherchée de toutes les Dauphine auprès des collectionneurs (voir La cote de collection de la 4CV et de la Dauphine (2025-2026)).

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org + planeterenault.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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