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§ 07 · Carrosserie

« La Ferrari Daytona du pauvre » — la genèse stylistique de la SD1

Rover P6 & SD1 · 1963–1977 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une inspiration revendiquée par son propre créateur

David Bache, styliste en chef de Rover depuis les années 1950 et déjà auteur de la P6 puis du tout premier Range Rover, confirme lui-même, dans un entretien accordé au magazine britannique Car en 1982, s'être ouvertement inspiré des Ferrari 365 GTB/4 Daytona et 365 GTC/4 pour dessiner la SD1 — la disposition des phares et des clignotants à l'avant devant tout particulièrement à la Daytona. L'intention affichée est de donner à une grande berline familiale l'allure d'une voiture de sport à moteur avant, capot plongeant et hayon fastback en prime. Une seconde source d'inspiration, moins connue du grand public, se niche du côté d'une étude de style réalisée par Pininfarina pour la BMC 1800 à la fin des années 1960 : les mêmes lignes de pli latérales inspireront, par une autre voie, le dessin de la Citroën CX de 1974. Le résultat, aux dires de la presse britannique dès sa sortie, vaut à la SD1 le surnom durable de « la Ferrari Daytona du pauvre ».

Un pari esthétique risqué sur un segment conservateur

Habiller une grande routière destinée à une clientèle de cadres et de professions libérales d'une silhouette de supercar constitue, en 1976, un choix commercial audacieux sur un segment resté jusque-là fidèle aux tricorps classiques (voir Juin 1976 — la Rover 3500 lance la SD1, hayon compris). Le renoncement à toute calandre visible à l'avant et l'abandon, à son lancement, des boiseries et cuirs traditionnels de la marque (voir Le tableau de bord « podulaire » de la SD1 — une astuce industrielle pensée par David Bache) accentuent encore la rupture avec l'image conservatrice héritée de la P4 et de la P5 (voir « Auntie Rover » — comment une voiture jugée trop moderne en 1949 devient le symbole du conservatisme britannique, dossier rover-p4-p5/, et Rover avant la P6 — une marque conservatrice qui rêvait de turbines). Le pari est en grande partie payant sur le plan critique et esthétique : la silhouette est saluée dès son dévoilement et reste, aujourd'hui encore, considérée par les guides d'achat spécialisés comme l'un des dessins les plus marquants jamais produits par l'industrie automobile britannique — la crise de qualité qui affecte la voiture (voir La SD1, cas d'école de la crise de qualité British Leyland — et son prix sur les marchés export) n'entamant en rien ce jugement esthétique.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
silodrome.com ; en.wikipedia.org ; hagerty.co.uk
Date d'extraction
12 sept. 2026
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