Les Grands Prix d'avant-guerre (1936-1939) — la T150C impose Talbot-Lago
Dès sa création fin 1935 par l'ingénieur Walter Becchia (voir Le 6 cylindres à culasse hémisphérique de Walter Becchia (1935-1939)), la Talbot T150C est pensée pour la compétition. Sa carrière sportive, qui débute en 1936, installe en quelques saisons seulement la réputation de la toute jeune marque Talbot-Lago sur les circuits européens.
Une monoplace pensée pour un règlement d'endurance
La T150C est spécifiquement conçue pour répondre à la nouvelle réglementation internationale de Formule Libre en vigueur d'octobre 1935 à 1938 : quel que soit son type de motorisation, chaque concurrent doit pouvoir parcourir plus de 500 kilomètres avec un poids à vide minimal de 750 kg hors pneumatiques — une règle qui autorise du même coup les voitures de sport biplaces découvertes homologuées pour la route à s'aligner aux côtés des pures monoplaces.
1936-1937 : les premiers succès, puis le sommet
La première saison de compétition, en 1936, voit la T150C engagée sans éclat majeur au Grand Prix de France (résultats échelonnés de la 8e à la 10e place selon les équipages), mais avec une première victoire au Grand Prix de France du M.C.F. Sport à Montlhéry, obtenue par le pilote « Raph » après une troisième place à Pau.
L'année 1937 constitue l'apogée sportive de la T150C d'avant-guerre, avec pas moins de deux triplés (une même marque plaçant ses trois premières voitures en tête) sur la même saison :
- au Grand Prix de Marseille, avec Raymond Sommer, Gianfranco Comotti et Albert Divo ;
- au Grand Prix de l'A.C.F. (Grand Prix de France), avec Louis Chiron (auteur également du meilleur tour en course), Comotti et Divo — seulement le second triplé de l'histoire de cette épreuve prestigieuse, dix ans après celui de la Delage 15 S8 en 1927 (déjà documenté côté Delage en Grand Prix — des voiturettes de Dieppe au titre mondial des constructeurs (1906-1932) dans le dossier
delahaye-165/de ce corpus). Raymond Sommer y ajoute une 5e place partie de la pole position, portant à quatre le nombre de Talbot dans les cinq premières places de la course.
Cette même saison 1937 voit également l'Italien Franco Comotti remporter le RAC Tourist Trophy à Donington Park, tandis que René Le Bègue s'impose à la Coupe de Vitesse de l'autodrome de Montlhéry et que Sommer ajoute à son palmarès le Grand Prix de Tunisie.
1938-1939 : l'épreuve du temps et la marque Talbot-Darracq
L'écurie officielle, qui courait jusque-là sous le nom « Automobiles Talbot », adopte en 1938 l'appellation Talbot-Darracq, en même temps qu'un changement de motorisation (version dite « MD », pour moteur Darracq). Les résultats restent honorables sans retrouver l'éclat de 1937 : quatrième place de René Carrière au Grand Prix de France 1938, puis troisième et quatrième places de René Le Bègue et Philippe Étancelin l'année suivante. Aux 24 Heures du Mans, la T150C s'aligne en 1937, 1938 et 1939 sans jamais aller au bout de l'épreuve, l'édition 1938 ayant pourtant vu l'équipage Levegh/Trévoux pointer en deuxième position à la 15e heure de course avant l'abandon.
La voiture participe également aux Mille Miglia (1937, 1938 — 5e place pour Carrière/Hannoyer —, et 1947), aux 24 Heures de Spa et au Rallye Liège-Rome-Liège de 1938.
Un projet avorté à Indianapolis
En 1941, dans le contexte troublé du tout début de la Seconde Guerre mondiale, un châssis T150C (numéro 90130) traverse l'Atlantique pour disputer les 500 Miles d'Indianapolis sous les couleurs de l'écurie de Luigi Chinetti, associé à la mécène Lucy O'Reilly Schell — déjà documentée dans ce corpus côté L'Écurie Bleue — la course pour faire de la France ce que l'Italie a fait pour Ferrari pour son rôle chez Delahaye. La voiture, initialement prévue pour être pilotée par Jean Trévoux, ne prend finalement jamais le départ.
Voir aussi
- Le 6 cylindres à culasse hémisphérique de Walter Becchia (1935-1939)
- La reprise d'après-guerre (1946-1949) — Chiron, la T26 et les deux Grands Prix de France
- Le palmarès complet de Talbot-Lago en compétition (1936-1956)
- La Talbot-Lago T150C SS « Goutte d'Eau » — la voiture la plus cotée de la marque
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Talbot_T150C ↗
- Le palmarès complet de Talbot-Lago en compétition (1936-1956)Talbot Talbot-Lago · Compétition
- Le 6 cylindres à culasse hémisphérique de Walter Becchia (1935-1939)Talbot Talbot-Lago · Moteur et technique
- La reprise d'après-guerre (1946-1949) — Chiron, la T26 et les deux Grands Prix de FranceTalbot Talbot-Lago · Compétition
- La Talbot-Lago T150C SS « Goutte d'Eau » — la voiture la plus cotée de la marqueTalbot Talbot-Lago · Modèles
- L'Écurie Bleue — la course pour faire de la France ce que l'Italie a fait pour FerrariDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- Delage en Grand Prix — des voiturettes de Dieppe au titre mondial des constructeurs (1906-1932)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- La gamme Talbot-Lago d'avant-guerre (1935-1939) — T105 à T23, tourisme et sportTalbot Talbot-Lago
- La Talbot-Lago T150C SS « Goutte d'Eau » — la voiture la plus cotée de la marqueTalbot Talbot-Lago
- Le palmarès complet de Talbot-Lago en compétition (1936-1956)Talbot Talbot-Lago
- Le moteur T26 de 1946 — la seconde génération signée Carlo MarchettiTalbot Talbot-Lago
- La reprise d'après-guerre (1946-1949) — Chiron, la T26 et les deux Grands Prix de FranceTalbot Talbot-Lago
- Louis Chiron — le vétéran monégasque, deux fois vainqueur du Grand Prix de France pour TalbotTalbot Talbot-Lago
- Les 24 Heures du Mans 1950 — l'exploit solitaire de Louis RosierTalbot Talbot-Lago
- Bibliographie de référence sur Talbot et Talbot-LagoTalbot Talbot-Lago