Le Mans 1955 — trois TR2 d'usine, un banc d'essai grandeur nature pour les freins à disque
En 1955, Standard-Triumph engage pour la première (et unique) fois une équipe officielle de trois TR2 d'usine aux 24 Heures du Mans — une épreuve qui devient, cette année-là précisément, tristement célèbre pour la catastrophe qui coûte la vie à plus de quatre-vingts spectateurs lors d'un accident impliquant une Mercedes 300 SLR.
Trois voitures, trois équipages, un objectif technique autant que sportif
Les trois TR2 sont pilotées par Bert Hadley et Ken Richardson lui-même (voiture n°29), Leslie Brooke et Mortimer Morris-Goodall (n°68), ainsi que Bob Dickson et Ninian Sanderson (n°28). Au-delà de l'enjeu sportif, cet engagement sert explicitement de banc d'essai grandeur nature pour deux innovations techniques appelées à équiper la production de série l'année suivante : des freins à disque expérimentaux à l'avant et des carburateurs de plus gros diamètre, associés à un pare-brise bas dérivé des essais de vitesse pure menés à Jabbeke en 1953 (voir La TR2 (1953-1955) — la moins chère des britanniques à dépasser les 100 mph).
Des vitesses de pointe qui rivalisent avec des voitures bien plus onéreuses
Sur la ligne droite des Hunaudières, ces TR2 modifiées atteignent des pointes de 120 mph (193 km/h) — une performance remarquable pour une voiture de série à moteur quatre-cylindres de moins de 2 litres, engagée face à des sport-prototypes bien plus puissants et coûteux. Les trois voitures terminent l'épreuve aux 14e, 15e et 19e places au classement général, un résultat honorable pour un premier et unique engagement d'usine à cette échelle.
Une validation qui débouche directement sur la TR3
C'est précisément ce même dispositif de freins à disque, validé lors de cette épreuve, qui équipe la TR3 de série dès 1956 — faisant d'elle la première voiture de série britannique ainsi équipée (voir 1956 — comment la TR3 est devenue la première voiture de série britannique à freins à disque avant). Cet épisode illustre un schéma qui deviendra récurrent dans l'histoire de l'automobile britannique d'après-guerre : la validation en compétition d'une innovation technique avant sa généralisation en série.
Voir aussi
- 1956 — comment la TR3 est devenue la première voiture de série britannique à freins à disque avant · La TR3 (1955-1957) — plus de puissance, et des freins à disque annoncés en 1956 · Du 20TS « mouroir roulant » à la TR2 — le sauvetage express de Ken Richardson · La TR2 aux Mille Miglia — devancer des Ferrari sur les routes italiennes, sans espoir de les inquiéter au général
- Site source
- classicdriver.com
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
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