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§ 04 · Carrosserie

Le 1800ES et son hayon tout en verre : deux propositions italiennes écartées au profit du style maison

Volvo P1800 · 1961–1973 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un break de chasse pour clore la carrière du modèle

À l'automne 1971 (millésime 1972, châssis 0001-3069, numérotation repartie de zéro plutôt que dans la continuité du coupé 1800E), Volvo présente la dernière déclinaison du coupé : le 1800ES, une carrosserie « shooting brake » (le sigle ES signifiant Estate Sport) qui associe la ligne basse et sportive du coupé à un volume de chargement digne d'un break compact. Sa signature esthétique la plus marquante reste son immense hayon entièrement vitré, sans montant central, la vitre elle-même portant directement les charnières et la poignée d'ouverture — une prouesse rare pour l'époque.

Deux prototypes italiens jugés trop futuristes

Le dessin définitif n'a rien d'une évidence immédiate : deux carrossiers italiens, Sergio Coggiola et Pietro Frua — déjà associé, une décennie plus tôt et dans des conditions bien différentes, au tout premier dessin du coupé (voir Le vrai créateur du P1800 : comment Pelle Petterson a dessiné une voiture officiellement attribuée à Frua pendant plus de 50 ans) — construisent chacun un prototype concurrent pour cette version break. Celui de Frua, surnommé Raketen (« la fusée », le suédois suffixant l'article défini au nom commun) et aujourd'hui conservé au musée Volvo, comme celui de Coggiola, sont finalement jugés l'un et l'autre trop futuristes par la direction de Volvo.

La revanche du style maison

C'est finalement une proposition entièrement interne, signée du styliste maison Jan Wilsgaard — déjà auteur, une quinzaine d'années plus tôt, du dessin de l'Amazon puis de la 140 (voir sa biographie complète dans le dossier consacré à l'Amazon : Jan Wilsgaard, styliste de l'Amazon à la 850) — qui est retenue sous le nom de code interne Beach Car. Le choix a quelque chose d'ironique : c'est un dessin extérieur italien qui avait, à l'origine, façonné l'image du coupé pendant plus de cinquante ans (voir Le vrai créateur du P1800 : comment Pelle Petterson a dessiné une voiture officiellement attribuée à Frua pendant plus de 50 ans), tandis que la version la plus tardive et aujourd'hui la plus recherchée du modèle revient, elle, à un pur produit du style Volvo.

Des surnoms contrastés selon les pays

La réception de ce hayon vitré varie fortement selon les marchés, à en juger par les surnoms qu'elle inspire : en Suède, le 1800ES est affectueusement surnommé Fiskbilen (« la camionnette à poissons »), quand l'Allemagne et la Suisse lui préfèrent le nettement moins flatteur Schneewittchensarg (« le cercueil de Blanche-Neige »), allusion directe à la transparence intégrale de son arrière.

Une banquette qui bascule, une automatique en option

Le dossier de banquette arrière se rabat pour dégager une surface de chargement plane et continue avec le coffre, renforçant la vocation utilitaire de cette version. Comme alternative à la boîte manuelle quatre rapports plus overdrive, une boîte automatique Borg-Warner trois rapports est proposée en option (voir M40, M41, M410 : le fil parfois sinueux des boîtes de vitesses du P1800).

Une influence stylistique durable chez Volvo

Ce hayon tout en verre, sans montant central, ne restera pas un cas isolé dans l'histoire du design Volvo : des solutions de même inspiration referont surface sur la Volvo 480 des années 1980, sur plusieurs concept-cars, puis sur le coupé C30 des années 2000 — un héritage esthétique dont Wikipédia souligne explicitement la filiation directe.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; volvo1800pictures.com ; classicsworld.co.uk
Date d'extraction
13 sept. 2026
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