Avant la Bonneville — Edward Turner, la Speed Twin et l'héritage du bicylindre parallèle Triumph
La Triumph Bonneville de 1959 n'est pas une invention ex nihilo : elle est l'aboutissement de plus de vingt ans de perfectionnement d'une architecture unique, le bicylindre parallèle vertical, imposée à toute l'industrie britannique par un seul homme, l'ingénieur Edward Turner.
La Speed Twin de 1937, matrice de tous les futurs bicylindres Triumph
Turner rejoint la direction de Triumph en 1936, sous l'autorité de Jack Sangster, et dessine la Speed Twin 5T, un bicylindre parallèle de 500 cm³ présenté en septembre 1937. Le concept n'est pas totalement inédit — un précédent bicylindre avait été esquissé chez Triumph par l'ingénieur Val Page — mais c'est la version de Turner, plus compacte et plus légère qu'un monocylindre équivalent, qui s'impose commercialement et devient la base de pratiquement tous les bicylindres Triumph produits jusque dans les années 1980. Le reste de l'industrie britannique (BSA, Norton, Royal Enfield) copie rapidement la formule, qui domine le haut de gamme moto britannique pour toute une génération.
Le Tiger 100 et la parenthèse de la guerre
Dès 1939, Triumph décline la formule en une version sportive, le Tiger T100, capable d'atteindre les 100 mph (160 km/h) — un chiffre rond qui donne son nom au modèle et préfigure la culture de la performance chiffrée que la Bonneville portera à son sommet vingt ans plus tard. La Seconde Guerre mondiale interrompt cette trajectoire : l'usine historique de Coventry est détruite lors du Blitz (7 septembre 1940 - mai 1941), contraignant Triumph à reconstruire entièrement son outil de production sur un nouveau site, à Meriden, dans le Warwickshire, où la production reprend dès 1942. C'est cette usine de Meriden qui restera indissociable du nom Triumph jusqu'à sa fermeture définitive en 1983 (voir La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation).
Le Tiger 110, chaînon direct vers la Bonneville
En 1954, Triumph porte sa gamme sportive à 650 cm³ avec le Tiger T110, doté d'une culasse en alliage léger, qui prend la relève du T100 500 cm³ comme référence performance de la marque. C'est très exactement ce Tiger T110 que les ingénieurs de Meriden prendront comme base de départ, à la fin des années 1950, pour répondre à la demande croissante du marché américain en quête de motos toujours plus rapides — un projet qui aboutira à la première Bonneville T120 (voir La genèse de la Triumph Bonneville T120 (1958-1959) — un pari qu'Edward Turner jugeait ruineux).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Triumph_Engineering ↗
- La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidationTriumph Bonneville · Histoire et modèles
- La genèse de la Triumph Bonneville T120 (1958-1959) — un pari qu'Edward Turner jugeait ruineuxTriumph Bonneville · Histoire et modèles
- Le bicylindre 649 cm³ de la T120 — architecture, carburation et divergences de puissance annoncéeTriumph Bonneville · Moteur
- La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidationTriumph Bonneville
- Le bicylindre 649 cm³ de la T120 — architecture, carburation et divergences de puissance annoncéeTriumph Bonneville
- La genèse de la Triumph Bonneville T120 (1958-1959) — un pari qu'Edward Turner jugeait ruineuxTriumph Bonneville