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§ 01 · Histoire et modèles

John Bloor et la naissance de la Triumph moderne — du rachat de 1983 à l'usine de Hinckley

Triumph Bonneville · 2 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un promoteur immobilier rachète un nom, pas une usine

Quand la coopérative de Meriden entre en liquidation en août 1983 (voir La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation), c'est l'entrepreneur du bâtiment John Bloor qui rachète, auprès du liquidateur judiciaire (« Official Receiver »), le nom et les droits de fabrication de la marque Triumph. Il ne s'agit en rien d'un rachat d'actifs industriels : l'usine de Meriden elle-même est démolie, et Bloor repart d'une page blanche. Sa première société porte d'abord le nom de Bonneville Coventry Ltd, signe que le nom du modèle est, dès l'origine du projet Bloor, envisagé comme un actif à part entière de la marque.

Le pont technique de Newton Abbot

En attendant de pouvoir financer un outil industriel neuf, Bloor confie à une petite structure du Devon dirigée par Les Harris une licence de production limitée de T140 — une quinzaine d'exemplaires par semaine — qui permet de maintenir un fil de production Triumph entre 1985 et 1988, sans que ces « Harris Bonneville » ne préfigurent techniquement la Triumph moderne (détail dans La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation).

1988 : une usine neuve financée sur fonds propres

En 1988, Bloor engage la construction d'une usine entièrement nouvelle sur un terrain de dix hectares à Hinckley, dans le Leicestershire. L'investissement initial, financé intégralement sur sa fortune personnelle issue de la promotion immobilière, est évalué selon les sources entre 70 et 100 millions de livres sterling — un pari financier considérable pour relancer une marque dont l'industrie d'origine venait de s'effondrer deux fois en quinze ans (la crise NVT de 1973, puis la liquidation de la coopérative en 1983).

Septembre 1990 : le retour au salon de Cologne, sans la Bonneville

Les premières motos Hinckley sortent de chaîne pour le millésime 1991 et sont dévoilées en septembre 1990 au salon de Cologne, en Allemagne. Il s'agit de six modèles entièrement nouveaux, dotés de moteurs modulaires refroidis par liquide en configurations trois et quatre cylindres (750, 900, 1000 et 1200 cm³), reprenant des noms historiques de la marque — Trophy, Daytona, Trident — mais aucun d'entre eux ne porte le nom Bonneville. La stratégie initiale de Bloor consiste délibérément à positionner la nouvelle Triumph comme une alternative britannique moderne aux motos japonaises et allemandes de l'époque, plutôt que comme une resucée nostalgique de la marque historique — une différence d'approche majeure avec la relance ultérieure de la Bonneville elle-même en 2001 (voir La renaissance de la Bonneville (septembre 2001) — le pari néo-rétro de la Triumph moderne). L'entreprise n'atteint la rentabilité qu'en l'an 2000, après une décennie d'investissements continus.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
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