La Bonneville T140 (1973-) — le passage à 750 cm³ à la veille de la crise de Meriden
Une réponse à la concurrence japonaise plutôt qu'une évolution planifiée
En 1973, Triumph porte la cylindrée du bicylindre Bonneville de 649 à 744 cm³ (le chiffre exact retenu varie légèrement selon les sources, certaines mentionnant une étape intermédiaire à 724 cm³) et rebaptise le modèle T140V, le « V » désignant la nouvelle boîte de vitesses à cinq rapports qui remplace la boîte quatre vitesses d'origine. L'augmentation de cylindrée répond directement à la pression concurrentielle des constructeurs japonais (Honda CB750, Kawasaki Z1), dont les multicylindres modernes menacent la suprématie commerciale des bicylindres britanniques sur le marché américain.
Un lancement immédiatement percuté par la crise industrielle
Le calendrier de la T140V est funeste : la même année 1973, la direction de Norton Villiers Triumph (NVT) annonce la fermeture programmée de l'usine de Meriden, provoquant une occupation ouvrière de dix-huit mois qui interrompt quasiment toute production (voir La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation). La T140V ne redevient réellement disponible qu'au printemps 1975, une fois la Coopérative ouvrière de Meriden constituée et la production relancée grâce à des prêts du gouvernement britannique.
Évolutions techniques de la décennie 1975-1983
Une fois la production stabilisée, la T140 reçoit plusieurs évolutions notables au fil des années :
- un frein arrière à disque et un sélecteur de vitesses déplacé du côté gauche du moteur (1976), une modification dictée par la réglementation américaine qui impose une position standardisée des commandes ;
- une édition limitée « Silver Jubilee », à l'effigie du jubilé d'argent de la reine Élisabeth II, produite à un millier d'exemplaires (1977) ;
- une version « Special » de style chopper, dans l'air du temps du marché nord-américain (1979) ;
- face au durcissement des normes antipollution américaines que la T140V ne parvient plus à satisfaire, une version T140E dotée de nouveaux carburateurs Amal Mark II et d'un équipement environnemental spécifique (1978).
La TSS, ultime tentative de modernisation (1983)
En toute fin de carrière, en 1983, la coopérative de Meriden tente une dernière modernisation technique avec la TSS, dotée d'une culasse à quatre soupapes par cylindre développant environ 60 ch — une évolution technique réelle, mais arrivée trop tard et en trop faible quantité pour infléchir le sort de l'entreprise, déjà engagée dans sa liquidation la même année (voir La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation).
Voir aussi
- L'évolution de la T120 (1960-1971) — de la construction séparée au cadre à huile controversé · La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidation · Le bicylindre 744 cm³ de la T140 — cinq rapports, normes américaines et culasse à quatre soupapes · Freinage et pneumatiques — du tambour double came aux étriers Nissin et jantes tubeless modernes
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 16 sept. 2026
- L'évolution de la T120 (1960-1971) — de la construction séparée au cadre à huile controverséTriumph Bonneville · Histoire et modèles
- La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidationTriumph Bonneville · Histoire et modèles
- Le bicylindre 744 cm³ de la T140 — cinq rapports, normes américaines et culasse à quatre soupapesTriumph Bonneville · Moteur
- Freinage et pneumatiques — du tambour double came aux étriers Nissin et jantes tubeless modernesTriumph Bonneville · Freinage pneumatiques
- La transmission de la Bonneville, de la boîte quatre rapports à l'embrayage assisté moderneTriumph Bonneville
- L'évolution de la T120 (1960-1971) — de la construction séparée au cadre à huile controverséTriumph Bonneville
- La coopérative ouvrière de Meriden (1973-1983) — occupation, survie et liquidationTriumph Bonneville
- Le bicylindre 744 cm³ de la T140 — cinq rapports, normes américaines et culasse à quatre soupapesTriumph Bonneville
- Freinage et pneumatiques — du tambour double came aux étriers Nissin et jantes tubeless modernesTriumph Bonneville