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§ 02 · Moteur

Le moteur Bialbero (Twin Cam) — genèse et quarante ans de carrière

Alfa Romeo Giulietta · 1954–1965 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un héritage direct de la 1900

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, Alfa Romeo reprend d'abord la fabrication de son ancienne 6C 2500, avant de choisir de descendre en gamme vers des automobiles à 4 cylindres. Orazio Satta Puglia, tout juste nommé directeur technique (entré chez Alfa Romeo en 1938 au service compétition), supervise la conception de ce nouveau moteur, qui équipe d'abord la berline 1900 (1950) : un bloc en fonte surmonté d'une culasse en alliage léger à double arbre à cames en tête — pas encore un « bialbero » complet, mais qui en pose déjà les bases techniques.

1954 : la Giulietta et la naissance du bialbero « complet »

Le premier moteur véritablement bialbero fabriqué en série à Milan est un 1 290 cm³ (référence interne AR00530, alésage 74 mm, course 75 mm), monté sur la Giulietta Sprint dès 1954. Contrairement au moteur de la 1900, celui-ci est entièrement en aluminium, bloc compris. Son véritable concepteur est l'ingénieur Giuseppe Busso (par ailleurs futur père du célèbre V6 Alfa Romeo) — un point precisé et corrigé après discussion dans les commentaires de l'article de référence de newsdanciennes.com, qui attribuait initialement, à tort, la paternité du dessin moteur à Satta Puglia (directeur des études, mais pas motoriste lui-même). Détail technique complet du 1 290 cm³ d'origine dans Fiche technique du bialbero 1 290 cm³ — toutes les variantes de puissance.

Des solutions d'avant-garde pour le milieu des années 1950

Les choix techniques retenus sont, pour l'époque, résolument modernes : vilebrequin à cinq paliers (contre trois seulement chez la plupart des concurrents, un net avantage de rigidité qui limite les vibrations), chambres de combustion hémisphériques, soupapes en V ouvertes à 80°, double chaîne duplex pour entraîner les deux arbres à cames. Avec quelques évolutions mineures, cette architecture de base restera valable pour l'ensemble des moteurs fabriqués par la marque durant les quatre décennies suivantes.

1962 : le passage au 1,6 litre pour la Giulia

Lors du lancement de la Giulia (Tipo 105) en 1962, le bloc est rehaussé de 20 mm pour porter la cylindrée à 1 570 cm³ (référence AR00526, alésage 78 mm, course 82 mm). Détail complet de cette évolution dans Le passage au 1 570 cm³ pour la Giulia — évolution technique du bialbero.

Une très longue descendance

Le bialbero continue ensuite d'évoluer bien au-delà du strict périmètre Giulietta/Giulia couvert par ce dossier : 1 779 cm³ pour l'Alfa Romeo 1750 (1968), 1 962 cm³ pour la « 2000 » (1971, dernière évolution de la génération Giulia), avec des versions course allant jusqu'à 1 985 cm³ et double allumage (Twin-Spark) sur les 1750 et 2000 GTAm. Contrairement aux versions précédentes, alimentées uniquement par carburateurs horizontaux, ces deux derniers blocs sont aussi proposés avec injection mécanique pour le marché américain, afin de respecter les normes antipollution — au prix d'une perte de puissance d'environ 10 ch. Le moteur équipera ensuite l'Alfetta (1972, appelé « 1800 » sur ce modèle), la Nuova Giulietta (fin des années 1970, avec une cylindrée inédite de 1 357 cm³/95 ch pour l'entrée de gamme), l'Alfetta CEM (coupure de cylindres pour réduire la consommation), une version turbo GTV développée par Autodelta dès 1979 (150 ch), une version à calage variable des soupapes sur le Spider en 1980 — une première mondiale selon la source — puis l'Alfa Romeo 75 (jusqu'à 155 ch en version turbo 1986), et enfin les 164 et 155 avec doublé allumage « Twin Spark » à partir de 1987. Les tout derniers bialbero, montés transversalement, équipent encore la 155 jusqu'en 1997, quarante-trois ans après le tout premier exemplaire de 1954.

Un moteur toujours vivant en collection

Réputé fiable pour peu qu'il soit entretenu sérieusement, le bialbero bénéficie aujourd'hui d'une bonne disponibilité de pièces détachées (à défaut d'être bon marché) et se prête bien aux préparations compétition — un des facteurs qui explique la cote toujours soutenue des Alfa Romeo à carrosserie Bertone/Pininfarina/Zagato de l'ère Giulietta/Giulia (voir La cote de la Giulietta — de 15 000 € (2010) à plus de 400 000 € (2025) selon la version).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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