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§ 12 · Culture documentation

Le Lauréat (1967) — le film qui a donné une seconde vie commerciale au Spider

Alfa Romeo Spider / Duetto · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une apparition qui n'était pas un placement de produit programmé

Sorti en salles en 1967, un an à peine après la présentation du modèle à Genève, Le Lauréat (The Graduate en version originale), premier long métrage de Mike Nichols, met en scène une Spider 1600 blanche de la toute première série, conduite par le personnage de Benjamin Braddock, interprété par un jeune Dustin Hoffman, sur la musique devenue tout aussi mythique de Simon & Garfunkel. Selon plusieurs sources spécialisées, cette apparition trouve son origine dans un lien personnel plutôt que dans une opération commerciale programmée par Alfa Romeo : elle serait liée au fait que Dustin Hoffman avait un lien familial avec un importateur de la marque aux États-Unis.

Une image devenue une icône du cinéma automobile

Les images de la voiture blanche filant sur les routes côtières californiennes sont depuis restées l'une des associations les plus durables entre une automobile et un film dans toute l'histoire du cinéma. Selon Wikipédia en italien, cette unique apparition a par la suite ouvert la voie à l'utilisation du Spider comme voiture de scène dans environ 300 films ou productions télévisées ultérieures — un chiffre qui, bien que non détaillé titre par titre par la source, témoigne d'une notoriété entretenue sur plusieurs décennies bien au-delà de ce premier rôle.

Un impact commercial réel mais à nuancer

Le lien entre cette apparition et les ventes du modèle aux États-Unis mérite d'être posé avec précision plutôt que de céder à la légende : aucune source consultée durant cette session ne fournit de chiffre de ventes directement et exclusivement attribuable au film pour les années 1967-1969. Ce qui est en revanche bien documenté :

  • La FAQ de référence des propriétaires de Spider (alfaspiderfaq.org) analyse froidement, avec le recul de plusieurs décennies, l'effet de ce film sur la valeur de collection du modèle : parmi les facteurs qui expliquent qu'un modèle ancien conserve ou prenne de la valeur sur le marché de la collection, elle cite explicitement l'appartenance à un film « extrêmement populaire et personnellement identifiable », et note que le Spider — la série 1 en particulier — « a eu la chance de répondre "oui" à un nombre inhabituellement élevé » de ces critères, ce qui explique en partie pourquoi la série 1 reste aujourd'hui la deuxième plus cotée de toute la gamme 105, juste derrière la rarissime Montreal (voir Pourquoi le Spider ne vaut pas plus cher — une analyse de la cote plutôt qu'un simple relevé de prix).
  • Le succès d'estime durable du film a conduit Alfa Romeo, près de vingt ans plus tard, à commercialiser aux États-Unis un niveau de finition explicitement baptisé « Graduate » (1985-1990, voir Série 3 « Aerodinamica » (1982-1990) — le virage électronique et plastique des années 1980) — la preuve la plus concrète que le constructeur lui-même a cherché à capitaliser commercialement, longtemps après coup, sur cette association devenue un atout marketing à part entière.
  • Un jeu vidéo n'est pas seul en cause ici : l'apparition dans un « type de véhicule associé à une mésaventure retentissante » peut aussi, à l'inverse, entretenir la valeur d'un modèle (l'exemple cité par la même FAQ étant les Ford Bronco blancs, dont la cote reste marquée par une tout autre affaire médiatique américaine) — preuve que la culture populaire, en bien comme en mal, pèse durablement sur la cote d'un modèle ancien bien après sa sortie de production.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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