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§ 01 · Histoire et modèles

Le lancement à double vitesse de 1985 — pourquoi Renault a présenté la GT avant la Turbo

Alpine GTA / A610 · 1984–1991 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Sur un point précis, l'ensemble des sources consultées pour ce corpus convergent : le choix de Renault-Alpine de commercialiser dans un premier temps la version atmosphérique de la GTA, la V6 GT, avant sa version turbocompressée très attendue, constitue l'une des décisions stratégiques les plus critiquées de toute l'histoire commerciale de la marque — un choix d'autant plus dommageable qu'il intervient après quinze années d'attente entre la présentation de l'A310 (1971) et celle de sa remplaçante.

Une attente immense, entretenue par la presse elle-même

Dès 1984, la presse spécialisée entretient la rumeur d'une nouvelle Alpine dotée d'un moteur turbocompressé capable d'aller défier la Porsche 944 sur son propre terrain (voir GTA Turbo contre Porsche 944 Turbo — la comparaison de référence de la presse des années 1980) — la ferveur est telle que plusieurs sources emploient l'image d'une attente proche du fantasme après quinze ans d'immobilisme apparent de la gamme Alpine.

La désillusion du salon : seule la version atmosphérique est présentée

Or, au printemps 1985, seule la V6 GT — motorisée par le V6 PRV atmosphérique de 2 849 cm³ et 160 ch, alimenté par deux carburateurs Solex — est dévoilée et commercialisée. La version Turbo tant attendue ne suivra que plusieurs mois plus tard, en septembre 1985. lesalpinistes.com qualifie sans détour ce choix de « catastrophe annoncée » et parle d'un « lancement à deux vitesses » qui aurait fait fuir une partie de la clientèle potentielle. mecanicus.com et newsdanciennes.com confirment indépendamment le même constat : la presse, venue pour la Turbo, se retrouve avec une version d'entrée de gamme dont les qualités objectives (235 km/h annoncés, 0 à 100 km/h en 8 à 8,5 secondes selon les sources, un Cx record de 0,28) ne suffisent pas à créer l'effet de surprise recherché.

Des griefs indépendants du seul choix de motorisation

Au-delà de la seule stratégie de lancement, les sources consultées relèvent plusieurs défauts concomitants qui aggravent la déception initiale : une finition intérieure jugée unanimement en délà des ambitions tarifaires de la voiture (tissus d'origine critiqués, plastiques de qualité perçue insuffisante), des jantes dont le dessin — pourtant motivé par des considérations aérodynamiques — est comparé par lesalpinistes.com à de simples « enjoliveurs », et surtout la persistance très visible du losange Renault sur la face avant, la mention « Renault-Alpine » ne figurant qu'à l'arrière du véhicule. automobile-sportive.com résume la difficulté de fond : au moment même où la voiture doit convaincre une clientèle prête à débourser un budget comparable à celui d'une Porsche 911 Carrera 3.2, elle porte visuellement la marque d'un constructeur généraliste plutôt que celle d'un spécialiste de la sportive.

L'arrivée de la V6 Turbo, un an trop tard mais un succès commercial relatif

Lorsque la V6 Turbo arrive enfin en septembre 1985, avec ses 200 ch et ses 250 km/h de pointe (voir Le V6 PRV Turbo 2,5 litres de la GTA — enfin les manetons décalés, mais une cylindrée réduite), le constat commercial s'inverse rapidement : dès 1986, première année complète de commercialisation des deux versions côte à côte, la Turbo trouve near quatre fois plus preneurs que la GT atmosphérique (1 035 exemplaires contre 264 selon le tableau de production détaillé par fr.wikipedia.org, voir La gamme complète de la GTA et ses chiffres de production, année par année). Ce basculement rapide des ventes vers la version la plus performante confirme, a posteriori, l'analyse des observateurs : la clientèle attendait bien la Turbo dès l'origine, et non un modèle d'appel.

Une erreur reconnue, mais tardivement

carjager.com souligne que ce n'est finalement qu'avec l'arrivée de la série limitée Le Mans, en 1990 (voir Les séries spéciales de fin de carrière — Mille Miles (1989) et Le Mans (1990)), que Renault semble avoir pleinement intégré la leçon de 1985 : on ne s'attaque pas à Porsche par étapes prudentes, mais frontalement, dès le lancement.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
lesalpinistes.com (auteur Guillaume), mecanicus.com, newsdanciennes.com (Benjamin), automobile-sportive.com (Nicolas Liszewski), carjager.com (Paul Clément-Collin)
Date d'extraction
13 sept. 2026
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