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§ 01 · Histoire et modèles

Les séries spéciales de fin de carrière — Mille Miles (1989) et Le Mans (1990)

Alpine GTA / A610 · 1984–1991 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Face à des ventes qui ne décollent jamais vraiment (voir La gamme complète de la GTA et ses chiffres de production, année par année), Alpine tente à deux reprises, en fin de carrière de la GTA, de relancer l'intérêt commercial du modèle par des séries limitées à forte identité — deux tentatives dont le succès critique et commercial reste, l'une comme l'autre, sujet à débat.

Mille Miles (1989) : le retour symbolique du nom Alpine

En mai 1989, pour fêter les 35 ans de la marque, Alpine lance une série limitée à 100 exemplaires numérotés : la V6 Turbo Mille Miles. Son nom rend hommage aux Mille Miglia, la célèbre course italienne que Jean Rédélé, fondateur d'Alpine, avait remportée dans sa catégorie en 1952, 1953 et 1954. Au-delà de sa teinte rouge écarlate nacrée verni exclusive, de ses jantes polies et de sa décoration adhésive en forme de flamme, la Mille Miles marque un tournant symbolique fort, documenté de façon convergente par fr.wikipedia.org et carjager.com : le losange Renault disparaît du capot au profit du seul logo Alpine, et la mention « Renault Alpine » du bouclier arrière cède la place au nom « Alpine » seul. Ce retour du nom de la marque dieppoise en tête d'affiche, après des années où elle n'était plus qu'une « gamme » au sein du catalogue Renault (voir Le statut mouvant de la marque Alpine au sein de Renault (1980-1995)), est interprété par carjager.com comme le signe d'une prise de conscience tardive de l'importance de l'identité de marque pour ce segment de clientèle. En Grande-Bretagne, où le nom « Alpine » reste alors indisponible commercialement, cette identité visuelle est adaptée en conséquence, sans la grande inscription arrière (précision apportée par en.wikipedia.org).

Le Mans (1990) : un habillage agressif pour une puissance en baisse

En février 1990 apparaît la série V6 Turbo Le Mans, dont l'appellation évoque le passé sportif d'Alpine aux 24 Heures sans pourtant renvoyer à un lien direct avec une quelconque compétition contemporaine — 300 exemplaires sont initialement prévus, mais la production se poursuivra jusqu'en février 1991, portant le total à 325 unités. Elle reçoit un kit carrosserie inspiré, selon fr.wikipedia.org, du travail d'un préparateur allemand : ailes élargies formant une seule pièce avec le masque avant, clignotants déplacés des ailes vers le bouclier, bas de caisse ajoutés, jantes spécifiques ACT à faux écrou central « façon BBS ». Ce kit esthétique, jugé réussi par plusieurs sources, préfigure directement les lignes de l'A610 à venir.

Le paradoxe relevé unanimement par les sources consultées, et résumé sans détour par le titre même de l'article que lui consacre carjager.com (« une série décriée »), tient à sa motorisation : la Le Mans reçoit la version catalysée du V6 Turbo, dont la puissance chute de 200 à 185 ch du fait des contraintes de dépollution imposées en 1990 (voir 1990, la dépollution qui fâche — pourquoi la GTA a perdu des chevaux quand la Renault 25 en gagnait) — un modèle présenté comme l'aboutissement sportif de la gamme se retrouve ainsi, sur le papier, moins puissant que la version de base qu'il est censé sublimer. Un préparateur, Danielson SA, proposera en réponse une remise à niveau portant la puissance à 210 ch, mais moyennant un surcoût non négligeable (voir 1990, la dépollution qui fâche — pourquoi la GTA a perdu des chevaux quand la Renault 25 en gagnait pour le détail complet de cet épisode).

Un cas particulier hors catalogue : la GTA Pierangeli

Entre ces deux séries officielles, un développement bien plus confidentiel mérite d'être mentionné pour compléter le tableau des évolutions de fin de carrière de la GTA : dès 1987, Bernard Pierangeli, responsable du Centre Alpine de Boulogne-Billancourt, développe en interne une version portée à 265 ch, que Renault refusera finalement de commercialiser pour des raisons de politique interne au groupe. Le détail technique et commercial de cet épisode, suffisamment substantiel pour mériter un traitement séparé, fait l'objet d'une fiche dédiée côté moteur (voir La GTA à 265 ch qui n'a jamais existé officiellement — l'œuvre clandestine de Bernard Pierangeli).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA 4.0), carjager.com (Paul Clément-Collin), lesalpinistes.com (François-Xavier), mecanicus.com, en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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