La technique « Superleggera » expliquée — ce que la DB5 doit vraiment à Touring de Milan
Le badge « Superleggera » apposé sur le capot de chaque DB4, DB5 et DB6 n'est pas un simple argument marketing : il renvoie à un procédé de construction précis, breveté, et à une réalité technique plus nuancée qu'il n'y paraît.
Le principe du brevet de 1936
Mis au point par Felice Bianchi Anderloni chez Touring de Milan (voir Carrozzeria Touring Superleggera — histoire de la carrosserie milanaise et du brevet qui a façonné la lignée DB) et breveté en 1936, le procédé Superleggera (« super-légère ») consiste en une ossature de petits tubes d'acier épousant la forme de la carrosserie, sur laquelle sont fixés de minces panneaux d'alliage léger (aluminium, parfois magnésium-aluminium). Ce principe, hérité du savoir-faire aéronautique de l'entre-deux-guerres, permet d'obtenir des formes complexes et légères sans les coûts d'outillage d'un emboutissage industriel classique — idéal pour de petites séries de voitures de prestige.
Une application partielle sur la DB4 et la DB5
Contrairement à une idée reçue, ni la DB4 ni la DB5 ne sont intégralement construites en tubes Superleggera : leur caisse de base reste une coque autoporteuse en acier (monocoque). La structure tubulaire Superleggera n'intervient que sur certains éléments précis de carrosserie : le pourtour du capot, l'encadrement du pare-brise, le pavillon (toit), les ailes arrière et la poupe. Les panneaux extérieurs eux-mêmes restent en aluminium.
Fabriquée en Italie... puis sous licence en Angleterre
Le style et la technique de construction sont d'origine italienne, mais la fabrication proprement dite des carrosseries DB4, DB5 et DB6 a lieu directement dans les ateliers d'Aston Martin à Newport Pagnell, sous licence de Touring, qui fournit les gabarits (jigs) nécessaires. L'accord de licence impose à Aston Martin une redevance de 9 £ par carrosserie pour les 500 premiers exemplaires, puis 5 £ par exemplaire supplémentaire — d'où la plaque « Touring of Milan – Superleggera » présente dans le compartiment moteur de chaque voiture, ainsi que les badges « Superleggera » sur le capot.
Ce qui change avec la DB6
Après la fermeture de Touring en 1966 (voir Carrozzeria Touring Superleggera — histoire de la carrosserie milanaise et du brevet qui a façonné la lignée DB), Aston Martin doit faire évoluer sa méthode de construction pour la DB6 : au lieu d'une ossature de tubes d'acier de taille et de résistance uniformes sur un châssis-poutre, comme sur la DB4 et la DB5, la DB6 associe des tubes métalliques et des sections d'acier de tailles et de résistances variables selon les zones de la structure. Techniquement, cette évolution reste considérée comme relevant du même procédé « Superleggera », et Aston Martin continue un temps de verser la redevance de 5 £ par voiture — mais une fois Touring définitivement disparue, les DB6 les plus tardives perdent le badge et la plaque de licence, sans que la méthode de construction elle-même change. Un point souvent mal compris par les amateurs : contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la présence ou l'absence du badge qui distingue les DB6 « à structure Superleggera » des autres — toutes les DB6 sont construites selon la même méthode hybride, qu'elles portent ou non l'écusson.
Malgré l'allongement de l'empattement et l'ajout d'une poupe Kamm (voir La DB6 — le successeur qui referme le chapitre Superleggera), le gain de poids de la DB6 par rapport à la DB5 reste minime — à peine 7,7 kg — preuve de l'efficacité du principe constructif d'origine.
Une méthode reprise à l'identique pour les Continuation cars de 2020
Le programme de reconstruction moderne des DB5 « Goldfinger Continuation » (voir La DB5 Goldfinger Continuation (2020) — 25 exemplaires neufs, gadgets fonctionnels et 4 500 heures de fabrication) reproduit fidèlement cette même architecture d'origine : panneaux de carrosserie en aluminium façonnés à la main, montés sur un authentique châssis en acier doux, exactement selon les méthodes et avec, autant que possible, les mêmes fournisseurs qu'en 1963-1965.
Voir aussi
- Carrozzeria Touring Superleggera — histoire de la carrosserie milanaise et du brevet qui a façonné la lignée DB
- Genèse de la DB4 — Projet 114, Harold Beach et l'alliance avec Touring de Milan
- La DB6 — le successeur qui referme le chapitre Superleggera
- Reconnaître une DB5 — couleurs emblématiques, badges et repères visuels face à la DB4 et la DB6
- La DB5 Goldfinger Continuation (2020) — 25 exemplaires neufs, gadgets fonctionnels et 4 500 heures de fabrication
- Guide de vérification mécanique avant achat — points de contrôle DB4/DB5/DB6 selon les spécialistes
- Site source
- en.wikipedia.org ; supercarnostalgia.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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