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§ 01 · Histoire et modèles

Carrozzeria Touring Superleggera — histoire de la carrosserie milanaise et du brevet qui a façonné la lignée DB

Aston Martin DB5 · 1963–1965 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Fondation et essor (1926-1939)

La carrosserie milanaise est fondée le 25 mars 1926 par deux avocats milanais, Felice Bianchi Anderloni (1882-1948, ancien pilote d'essai chez Isotta Fraschini) et Gaetano Ponzoni, qui rachètent les parts majoritaires d'un carrossier existant, Carrozzeria Falco, à son fondateur Vittorio Ascari. Bianchi Anderloni assure la conception stylistique et technique, Ponzoni la gestion. Installée à proximité d'Alfa Romeo, Citroën et Isotta Fraschini à Milan, la jeune entreprise débute logiquement en habillant des châssis de ces constructeurs.

L'invention du procédé « Superleggera » (1936)

En s'appuyant sur une licence du système Weymann (structures légères à armature recouverte de toile), puis sur le savoir-faire acquis dans la construction aéronautique des années 1930, Bianchi Anderloni met au point et fait breveter en 1936 le procédé Superleggera (« super-légère ») : une ossature de tubes d'acier de petit diamètre épousant la forme de la carrosserie, sur laquelle sont fixés de minces panneaux d'alliage léger. Le procédé permet à la fois un gain de poids et une grande liberté de mise en forme. Sa première application documentée date du Mille Miglia 1937, sur une Alfa Romeo 6C 2300B. Touring en tire ensuite une solide réputation d'avant-guerre grâce à ses carrosseries pour l'Alfa Romeo 8C 2900 et la BMW 328.

L'après-guerre et l'apogée (1948-1962)

Felice Bianchi Anderloni meurt en 1948 ; son fils Carlo Felice « Cici » Bianchi Anderloni (1916-2003) reprend la direction, épaulé par Ponzoni, avec Federico Formenti comme styliste en chef (c'est lui qui signera les lignes de la DB4, de la DB5 et de la DB6). Touring habille dans ces années-là la Ferrari 166 MM Barchetta (dont la calandre « nid d'abeille » deviendra un signe distinctif Ferrari), le Pegaso Z-102, l'Alfa Romeo 2600, la Lancia Flaminia GT, la Lamborghini 350 GT/400 GT et la Maserati 3500 GT — et, à partir de 1958, l'ensemble de la lignée Aston Martin DB4/DB5/DB6 ainsi que la Lagonda Rapide.

L'accord de licence avec Aston Martin

David Brown confie à Touring le dessin de la remplaçante de la DB2/4 (voir Genèse de la DB4 — Projet 114, Harold Beach et l'alliance avec Touring de Milan). L'accord de licence signé entre les deux maisons permet à Aston Martin de fabriquer elle-même, dans ses ateliers de Newport Pagnell, des carrosseries au procédé Superleggera — contre une redevance de 9 £ par carrosserie pour les 500 premiers exemplaires, puis 5 £ par exemplaire supplémentaire. Cette redevance explique la présence, dans le compartiment moteur de chaque DB4/DB5/DB6, d'une plaque « Touring of Milan – Superleggera » sous licence, ainsi que des badges « Superleggera » sur le capot.

Le déclin et la fermeture (1964-1966)

À partir des années 1960, l'industrie automobile généralise la construction monocoque et les constructeurs internalisent de plus en plus la fabrication de leurs carrosseries — un mouvement qui prive progressivement les carrossiers indépendants de leur clientèle industrielle. Touring investit pourtant dans une nouvelle usine à Nova Milanese, ce qui aggrave sa situation financière : l'entreprise est placée sous administration judiciaire dès 1964, faute de revenus suffisants pour couvrir les coûts de ce nouvel outil. Elle cesse ses activités en 1966 — sans toutefois être formellement déclarée en faillite : elle met simplement fin à son activité. Lors de cette liquidation, environ 80 % des archives de la maison partent en fumée dans un incendie, une perte documentaire majeure pour l'histoire de la carrosserie italienne.

C'est ce retrait de Touring qui contraint Aston Martin à modifier sa technique de construction pour la DB6, tout en conservant nominalement l'appellation « Superleggera » (voir La DB6 — le successeur qui referme le chapitre Superleggera et La technique « Superleggera » expliquée — ce que la DB5 doit vraiment à Touring de Milan).

Postérité de la marque

Carlo Felice Bianchi Anderloni préserve la marque « Touring Superleggera » après 1966 avec le concours du carrossier Marazzi, et contribue en 1995 à relancer le concours d'élégance de la Villa d'Este, dont il préside le jury jusqu'à sa mort en 2003. En 2006, un groupe d'investisseurs rachète la marque et les droits pour fonder une nouvelle société du même nom près de Milan, toujours active aujourd'hui dans la conception automobile, la restauration de véhicules historiques et la petite série de luxe (par exemple l'Alfa Romeo Disco Volante par Touring, 2013, ou le restomod Veloce12 sur base Ferrari 550 Maranello, 2024).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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