L'arsenal de Q Branch — origine précise de chaque gadget de la DB5 dans Goldfinger
Le scénario original de Goldfinger ne prévoyait, à l'origine, qu'un seul gadget pour la DB5 : un écran de fumée. Le nombre d'équipements a ensuite explosé au fil du tournage, à mesure que différents membres de l'équipe de production proposaient de nouvelles idées — certaines effectivement intégrées au film, d'autres restées à l'état de projet. Voici, gadget par gadget, l'origine précise de chacun, telle que documentée par le site spécialisé The James Bond Dossier et le wiki James Bond Fandom.
Le détecteur radio (« homer »)
Bond reçoit de Q deux dispositifs de repérage : l'un logé dans le talon de sa chaussure, l'autre de type magnétique, qu'il fixe sur la Rolls-Royce Phantom III de Goldfinger pour suivre sa trace sur un écran dissimulé dans la DB5 — un ancêtre de fiction du GPS moderne, avec une portée annoncée de 150 miles. Le roman de Fleming prévoyait déjà un dispositif similaire sur la DB Mark III de Bond, mais purement sonore (un signal audible indiquant la distance, pas la direction).
Les pare-chocs extensibles (jamais utilisés à l'écran)
Ken Adam avait dessiné des pare-chocs avant extensibles, une idée qui lui serait venue en conduisant lui-même une Jaguar Type E dépourvue de pare-chocs avant et sans cesse abîmée par la circulation — possiblement aussi inspirée des pare-chocs renforcés déjà présents sur la DB Mark III du roman. Ce gadget, bien que dessiné, n'apparaît jamais dans le film — il figure en revanche sur le modèle réduit Corgi Toys de l'époque (voir Des jouets Corgi à Grand Theft Auto — la DB5 comme phénomène de produits dérivés et de culture populaire hors films Bond).
Les lames rotatives lacère-pneus
Utilisées pour crever les pneus (et endommager la carrosserie) de la Ford Mustang de Tilly Masterson lors de la poursuite alpine du col du Furka (voir Goldfinger (1964) — la Mustang encore inédite s'invite chez James Bond dans le corpus ford-mustang/), ces lames dissimulées dans l'enjoliveur de roue arrière côté conducteur sont une idée directement inspirée par les chars antiques équipés de faux (« scythed chariots ») du film Ben-Hur (1959).
L'écran de fumée
Seul gadget prévu dans la version initiale du scénario, il permet à Bond d'aveugler la première des deux Mercedes lancées à sa poursuite, qui finit par heurter un arbre après avoir quitté la route.
Le jet d'huile (à l'origine, un lance-clous)
Le second dispositif anti-poursuite, un jet d'huile projeté à l'arrière qui fait déraper puis chuter dans le vide la seconde Mercedes poursuivante, n'était initialement pas prévu sous cette forme : le scénario envisageait d'abord de faire tomber un semis de clous sur la chaussée, une idée abandonnée par crainte qu'elle soit trop facilement imitable par de jeunes spectateurs.
L'écran pare-balles arrière
Un panneau métallique escamotable, commandé depuis la console centrale, se déploie depuis le coffre pour former un bouclier protecteur devant la lunette arrière.
Les plaques d'immatriculation rotatives
Purement démontrées par Q dans son laboratoire, jamais utilisées en mission dans le film : trois jeux de plaques interchangeables (dont la célèbre « BMT 216A »). Le réalisateur Guy Hamilton en revendique lui-même la paternité, expliquant après coup qu'il collectionnait les contraventions de stationnement à l'époque et rêvait de pouvoir simplement changer de plaque après avoir été verbalisé.
Le siège éjectable
Après la mort de Tilly Masterson, Bond, capturé et contraint de conduire sous la menace, actionne le siège éjectable pour se débarrasser de son passager indésirable en soulevant une trappe dans le pavillon du toit. L'idée viendrait du beau-fils du réalisateur Guy Hamilton. Selon Ken Adam, le mécanisme installé dans la voiture était un authentique système d'éjection de chasseur à réaction, bien que les prises de vue elles-mêmes aient été réalisées à l'aide d'un système à air comprimé pour la sécurité du tournage.
Les mitrailleuses avant
Actionnées par un interrupteur, ces armes dissimulées derrière les clignotants avant (qui pivotent pour les révéler) sont mises en scène juste avant que Bond ne feigne un aveuglement par les phares — un effet en réalité obtenu par un immense miroir reflétant les propres phares de la DB5.
Un impact durable : le premier grand placement de produit du cinéma
Selon The James Bond Dossier, l'opération est considérée comme l'un des tout premiers grands placements de produit de l'histoire du cinéma — Aston Martin aurait vu ses ventes bondir de près de 50 % après la sortie du film, un chiffre qui, bien que non détaillé dans sa méthode de calcul par la source, illustre l'ampleur de l'effet (voir la synthèse complète dans « La voiture la plus célèbre du monde » — l'impact commercial et d'image de Goldfinger sur Aston Martin).
Voir aussi
- Comment la DB5 est devenue la voiture de James Bond — genèse du choix de Goldfinger (1964)
- Les quatre DB5 originales de Goldfinger — châssis, destins et prolongement dans Thunderball
- « La voiture la plus célèbre du monde » — l'impact commercial et d'image de Goldfinger sur Aston Martin
- La DB5 Goldfinger Continuation (2020) — 25 exemplaires neufs, gadgets fonctionnels et 4 500 heures de fabrication
- Des jouets Corgi à Grand Theft Auto — la DB5 comme phénomène de produits dérivés et de culture populaire hors films Bond
- Site source
- thejamesbonddossier.com ; jamesbond.fandom.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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