Comment la DB5 est devenue la voiture de James Bond — genèse du choix de Goldfinger (1964)
L'association entre Aston Martin et James Bond, aujourd'hui considérée comme l'un des placements de produit les plus réussis de l'histoire du cinéma, est en réalité née d'une série de décisions improvisées, loin d'être évidentes au départ.
Dans le roman, Bond conduit une autre Aston Martin
Dans le roman Goldfinger (1959) d'Ian Fleming, James Bond conduit une Aston Martin DB Mark III — pas une DB5, qui n'existe pas encore à l'époque de l'écriture. Le roman équipait déjà cette voiture de quelques options « gadgets », nettement plus sobres que celles du film : pare-chocs avant et arrière renforcés pour l'éperonnage, un dispositif de repérage radio (« homer »), et un compartiment dissimulé pour arme à feu.
Un choix de production, pas un choix d'auteur
Lorsque les producteurs de la série de films EON adaptent Goldfinger pour l'écran en 1964, ils envisagent d'abord plusieurs autres marques avant de se fixer sur Aston Martin : selon The James Bond Dossier, la Jaguar Type E, la Ferrari et l'Alfa Romeo sont toutes considérées puis écartées. Le choix se porte finalement sur Aston Martin en toute logique éditoriale : rester fidèle à la marque déjà choisie par Fleming dans le roman, tout en optant pour le modèle le plus récent et le plus désirable du catalogue de la marque au moment du tournage — la toute nouvelle DB5, lancée l'année précédente (voir Le lancement de la DB5 en septembre 1963 — une évolution assumée, pas une rupture).
Une négociation difficile avec David Brown
Le réalisateur artistique du film, Ken Adam, et le responsable des effets spéciaux, John Stears, se rendent directement auprès de Sir David Brown (voir Sir David Brown — l'homme dont les initiales ont donné son nom à toute une lignée) pour tenter de le convaincre de fournir deux Aston Martin : une pour les scènes de conduite, une seconde à équiper de gadgets. Brown se montre d'abord réticent — accepter, c'était prendre le risque d'associer une marque de prestige artisanal à un divertissement grand public dont le succès n'avait rien de garanti. Il finit néanmoins par céder, et met à disposition de la production deux voitures, dont le prototype même de la DB5 — un geste bien plus généreux qu'une simple mise à disposition commerciale, puisqu'il s'agissait d'une voiture de développement de la marque elle-même. Wikipédia précise qu'au total, en comptant les voitures utilisées uniquement pour la promotion après le tournage, quatre DB5 distinctes seront associées au film (voir le détail complet dans Les quatre DB5 originales de Goldfinger — châssis, destins et prolongement dans Thunderball).
Six semaines pour transformer une GT en arsenal mobile
Une fois les voitures obtenues, c'est Ken Adam qui imagine la plupart des gadgets, sur des suggestions ajoutées en cours de tournage par différents membres de l'équipe de production — un processus largement improvisé, détaillé fiche par fiche dans L'arsenal de Q Branch — origine précise de chaque gadget de la DB5 dans Goldfinger. C'est John Stears et son équipe d'effets spéciaux qui réalisent matériellement l'installation de ces équipements sur la voiture, en l'espace de six semaines de travail.
Une décision qui allait bien au-delà d'un simple accessoire de cinéma
Ce choix, pris sans certitude sur son succès commercial, allait transformer durablement l'image de la marque : la sortie de Goldfinger en 1964 précipite une envolée immédiate des ventes d'Aston Martin (voir « La voiture la plus célèbre du monde » — l'impact commercial et d'image de Goldfinger sur Aston Martin) et installe la DB5 comme, selon la formule consacrée reprise par de nombreuses sources, « la voiture la plus célèbre du monde ».
Voir aussi
- Le lancement de la DB5 en septembre 1963 — une évolution assumée, pas une rupture
- Sir David Brown — l'homme dont les initiales ont donné son nom à toute une lignée
- L'arsenal de Q Branch — origine précise de chaque gadget de la DB5 dans Goldfinger
- Les quatre DB5 originales de Goldfinger — châssis, destins et prolongement dans Thunderball
- « La voiture la plus célèbre du monde » — l'impact commercial et d'image de Goldfinger sur Aston Martin
- Goldfinger (1964) — la Mustang encore inédite s'invite chez James Bond (le corpus
ford-mustang/couvre la Mustang de Tilly Masterson, poursuivie et lacérée par la DB5 dans le col suisse du Furka)
- Site source
- thejamesbonddossier.com ; en.wikipedia.org ; jamesbond.fandom.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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