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§ 12 · Culture documentation

La Mini Cooper S au Rallye Monte-Carlo (1960–1968) — trois victoires et un scandale

Austin Austin/Morris Mini (Mini classique, 1959–2000) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Aucune épreuve n'a autant construit la légende sportive de la Mini que le Rallye Monte-Carlo, disputé chaque hiver entre 1960 et 1968 par les équipes officielles du département compétition de BMC, basé à Abingdon sous la direction de Stuart Turner.

Les débuts poussifs (1960–1962)

La toute première tentative, six mois seulement après le lancement de la voiture, tourne court : un problème chronique d'embrayage dans les cols dès les premières pentes du parcours (au point qu'un équipage doit ajouter du sable pour épaissir le fluide) relègue la meilleure des Mini d'usine à la 23ᵉ place en 1960. L'édition 1961 est pire encore : les trois Mini d'usine inscrites abandonnent avant même de rallier Monaco (collision, intoxication alimentaire, éboulement routier). C'est l'arrivée de John Cooper dans l'aventure — voir Mini Cooper et Cooper S — de John Cooper au renouveau des années 1990 — qui change la donne : moteur porté à 997 cm³, freins à disque à l'avant, puissance doublée à 55 ch. Dès 1962, avec Stuart Turner à la tête du service compétition et de nouveaux pilotes (Rauno Aaltonen, Pat Moss), la Morris Cooper de Pat Moss remporte la Coupe des Dames — Aaltonen manque, lui, de peu la victoire de catégorie après un tonneau spectaculaire au col de Turini.

La première victoire (1964)

Le 17 janvier 1964, sur une Cooper S désormais portée à 1 071 cm³ et 70 ch, Paddy Hopkirk et son copilote Henry Liddon l'emportent au classement général, devançant nettement au temps la puissante Ford Falcon V8 de Bo Ljungfeldt malgré une cylindrée sans commune mesure — grâce à l'indice de performance appliqué au classement, qui favorise les petites cylindrées, mais surtout grâce à une performance chronométrique remarquable sur l'épreuve spéciale Saint-Apollinaire/Savines, où la Mini fait quasiment jeu égal avec la Falcon. Timo Mäkinen termine 4ᵉ sur une autre Cooper S. C'est la première victoire britannique au Monte-Carlo depuis 1956.

L'exploit de 1965

En 1965, sur des routes rendues exécrables par une tempête de neige qui provoque une hécatombe d'abandons, Timo Mäkinen et son copilote Paul Easter s'imposent avec un score parfait — zéro pénalité sur l'ensemble du parcours, un exploit resté dans les mémoires du rallye — devant la Porsche 904 GTS d'Eugen Böhringer. Hopkirk termine dans les points malgré un triangle de suspension cassé, réparé en 13 minutes par l'assistance BMC au parc fermé monégasque. La Mini enchaîne la même année les victoires au Rallye de Finlande et au RAC Rally.

Le « Monte-Fiasco » de 1966

L'édition 1966 tourne au scandale. Un nouveau mode de calcul de l'indice de performance, publié tardivement (novembre 1965), favorise ouvertement les voitures de pure série (Groupe I) : BMC ajuste alors sa production de Cooper S 1275 pour atteindre le seuil d'homologation requis (5 047 unités). Sur le terrain, les Mini dominent outrageusement le parcours de montagne final, prenant les trois premières places (Mäkinen, Aaltonen, Hopkirk). Mais après la course, les commissaires déclassent dix voitures, dont les quatre premières (les trois Mini et la Ford Cortina de Roger Clark), au motif que leur circuit d'éclairage à rhéostat (variateur d'intensité) ne serait pas conforme au règlement imposant des phares à double filament — alors même que ces équipements avaient été validés lors des vérifications techniques initiales et n'apportaient, selon plusieurs analyses postérieures, aucun avantage de performance réel. La victoire est attribuée à la Citroën DS 21 de Pauli Toivonen, cinquième au temps, dont l'éclairage similaire était homologué en équipement d'origine — le pilote finlandais confiera lui-même n'avoir pas eu le sentiment d'avoir vraiment gagné l'épreuve. L'épisode nourrit une intense polémique franco-britannique (BMC parlant ouvertement de complot) et profite, sur le plan des retombées publicitaires, presque autant à la marque anglaise que ne l'aurait fait une victoire en bonne et due forme.

La revanche (1967)

En 1967, dans un contexte réglementaire à nouveau modifié (les jantes légères Minilite font leur toute première apparition, pour permettre aux équipages de transporter davantage de pneus cloutés de rechange sans excès de poids), Rauno Aaltonen et Henry Liddon s'imposent au terme d'un duel très serré avec la Porsche 911 S de Vic Elford et la Lancia Fulvia d'Ove Andersson, décidé lors du toute dernière épreuve spéciale du Turini, sous la neige. C'est la troisième victoire officielle de la Mini au Monte-Carlo en quatre éditions disputées.

Bilan (résultats officiels 1962–1968)

AnnéeÉquipageRésultat
1962Pat Moss / Ann WisdomCoupe des Dames
1963Rauno Aaltonen / Tony Ambrose3ᵉ
1964Paddy Hopkirk / Henry Liddon1ᵉʳ
1965Timo Mäkinen / Paul Easter1ᵉʳ
1966Mäkinen, Aaltonen, Hopkirkdisqualifiés (1ᵉʳ, 2ᵉ, 3ᵉ au temps)
1967Rauno Aaltonen / Henry Liddon1ᵉʳ
1968Aaltonen (3ᵉ), Fall (4ᵉ), Hopkirk (5ᵉ)podium manqué

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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