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§ 05 · Personnalites

Rembrandt Bugatti — le frère sculpteur qui a donné son âme au mascaron de la Royale

Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Chaque Bugatti Type 41 Royale porte, sur son capot interminable, la sculpture d'un éléphant dansant — le seul bouchon de radiateur figuratif de toute la production Bugatti (voir Type 41 « Royale » — la voiture la plus chère et la plus démesurée jamais construite). Cette œuvre n'est pas une simple fantaisie décorative commandée à un artisan anonyme : elle est signée du frère cadet d'Ettore Bugatti, l'un des plus grands sculpteurs animaliers de son époque, mort vingt ans avant que la Royale ne voie le jour.

Un talent encouragé par un élève de Rodin

Né à Milan en 1884, second fils du décorateur Carlo Bugatti (voir Carlo Bugatti — le père ébéniste qui a fondé une dynastie d'artistes) et frère cadet d'Ettore, Rembrandt Bugatti doit jusqu'à son prénom à son oncle, le peintre Giovanni Segantini. Enfant, sa vocation pour la sculpture est encouragée par Paul Troubetzkoy, sculpteur italien renommé et ancien élève d'Auguste Rodin, ami de la famille. Il commence par travailler l'argile et la pâte à modeler avant de réaliser, en 1901, sa première œuvre coulée en bronze : une vache.

Paris, puis Anvers, pour se rapprocher des animaux

À 19 ans, en 1903, Rembrandt Bugatti quitte le foyer familial pour Paris, où il signe un contrat d'exclusivité avec le sculpteur et fondeur d'art Adrien Hébrard — propriétaire du journal Le Temps, d'une fonderie et d'une galerie d'art rue Royale — qui lui assure un salaire régulier ainsi qu'un droit sur la vente de chacune de ses œuvres. Littéralement fasciné par le monde animal, Rembrandt juge rapidement le zoo du Jardin des Plantes de Paris insuffisant pour nourrir son inspiration : il s'installe à Anvers, en Belgique, où la direction du zoo se montre particulièrement accueillante envers les artistes en quête de modèles vivants. Entre 1907 et 1914, il y sculpte l'essentiel de son œuvre animalière — et produit, pour son frère Ettore, plusieurs bouchons de radiateur figuratifs destinés aux automobiles Bugatti.

Une fin tragique

À partir de 1911, alors âgé de 27 ans, Rembrandt Bugatti s'isole progressivement, sombrant dans une angoisse chronique aggravée par des difficultés financières récurrentes malgré la reconnaissance dont jouit déjà son travail. Il se suicide dans son atelier de Montparnasse le 8 janvier 1916, à l'âge de 32 ans — dix ans avant que la Type 41 Royale, dont il ornera le capot d'un éléphant dansant resté célèbre, ne soit présentée par son frère.

Un hommage familial gravé dans le métal

Ce mascaron de la Royale reste, pour les passionnés de la marque, l'un des symboles les plus émouvants du lien entre les deux frères : Ettore, en choisissant de faire figurer sur sa création la plus prestigieuse et la plus personnelle une œuvre de son frère disparu, inscrit littéralement la mémoire de Rembrandt au cœur de l'automobile la plus exclusive jamais produite par la marque (voir Les six Royale — provenance et destin de chaque exemplaire survivant pour le détail des six exemplaires qui portent aujourd'hui encore cette sculpture).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
enthousiastes-bugatti-alsace.com
Auteur du site
Club Enthousiastes Bugatti Alsace (EBA)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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