Robert Benoist — champion de Grand Prix devenu chef de réseau de la Résistance, mort à Buchenwald
Avant de devenir pilote d'usine Bugatti et vainqueur des 24 Heures du Mans, Robert Benoist a déjà, à lui seul, une carrière de champion accomplie chez un autre constructeur — une trajectoire sportive qui en fait, avec William Grover-Williams (voir William Grover-Williams — vainqueur du premier Monaco, agent secret, exécuté à Sachsenhausen) et Jean-Pierre Wimille, l'un des trois pilotes de Grand Prix les plus emblématiques à avoir rejoint la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale.
De l'aviation militaire aux Grands Prix
Robert Marcel Charles Benoist naît le 20 mars 1895 à Auffargis, dans les Yvelines. Il sert d'abord dans l'infanterie française pendant la Première Guerre mondiale, avant de devenir pilote de chasse au sein de l'Armée de l'air, puis instructeur de vol — une double expérience de la vitesse et du danger qui préfigure sa reconversion dans la course automobile. Il débute chez Salmson, où il s'illustre en compétition de cyclecars, avant d'être engagé par le constructeur Delage en 1924. L'année suivante, associé à Albert Divo — qui rejoindra plus tard l'écurie Bugatti (voir Cinq Targa Florio consécutives — la domination sicilienne de la Type 35 (1925-1929)) —, il remporte le Grand Prix de France. En 1927, au volant d'une Delage 15-S-8, il enchaîne les victoires au Grand Prix de France, d'Espagne, d'Italie et de Grande-Bretagne, décrochant le titre de champion de la saison pour le constructeur français.
Chez Bugatti : la victoire du Mans 1937
C'est avec l'écurie Bugatti que Robert Benoist obtient son succès le plus durable dans les mémoires : la victoire aux 24 Heures du Mans 1937, associé à Jean-Pierre Wimille au volant d'une Type 57G — la première des deux victoires mancelles de la marque à la fin des années 1930 (voir Bugatti aux 24 Heures du Mans — des pionnières de 1923 aux deux victoires de 1937 et 1939). C'est également en 1927, lors du Grand Prix de la RAC à Brooklands, que Benoist croise pour la première fois la route de William Grover-Williams, alors simple pilote de réserve d'un concurrent — un lien d'amitié qui scellera, quinze ans plus tard, leur engagement commun dans la lutte clandestine contre l'occupant allemand.
De la piste au réseau clandestin
Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Robert Benoist rejoint la Grande-Bretagne, où il s'entraîne au sein du Special Operations Executive (SOE) britannique avant d'être renvoyé clandestinement en France pour y organiser des cellules de sabotage — opérant notamment depuis sa propre maison, à Auffargis, son village natal. Il devient, avec Grover-Williams, l'une des chevilles ouvrières du réseau parisien du SOE, s'appuyant sur leurs anciennes relations communes du monde de la course automobile pour recruter des agents fiables.
Deux arrestations, une exécution
⚠️ Les dates précises des deux arrestations de Robert Benoist varient légèrement selon les sources. Une première fois, alors que le réseau de Grover-Williams est infiltré par la Gestapo — en juillet 1943 selon Motor Sport Magazine, le 4 août 1943 selon une autre synthèse documentaire —, Benoist est arrêté à Paris mais parvient à s'échapper lors de son transfert vers le siège de la Gestapo, tandis que Grover-Williams, arrêté au domicile même de Benoist, ne parvient pas à en faire autant. Une seconde arrestation, cette fois définitive, intervient alors que Benoist rend visite à sa mère mourante à Paris — le 18 juin 1944 selon une source, en juillet 1944 selon Motor Sport Magazine. Déporté au camp de concentration de Buchenwald, il y est exécuté le 11 septembre 1944, trois mois avant la libération du camp — quelques mois seulement avant que son ami William Grover-Williams ne connaisse le même sort à Sachsenhausen. Seul Jean-Pierre Wimille, le troisième membre de ce trio de pilotes-résistants, survit à la guerre.
Voir aussi
- William Grover-Williams — vainqueur du premier Monaco, agent secret, exécuté à Sachsenhausen
- Bugatti aux 24 Heures du Mans — des pionnières de 1923 aux deux victoires de 1937 et 1939
- L'écurie Bugatti — Meo Costantini et les pilotes d'usine des années 1920-1930
- Cinq Targa Florio consécutives — la domination sicilienne de la Type 35 (1925-1929)
- Site source
- motorsportmagazine.com
- Auteur du site
- Joe Saward / Motor Sport Magazine ; recoupement Wikipédia et musee-resistance.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- William Grover-Williams — vainqueur du premier Monaco, agent secret, exécuté à SachsenhausenBugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · Personnalites
- Bugatti aux 24 Heures du Mans — des pionnières de 1923 aux deux victoires de 1937 et 1939Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · Compétition
- Cinq Targa Florio consécutives — la domination sicilienne de la Type 35 (1925-1929)Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · Compétition
- L'écurie Bugatti — Meo Costantini et les pilotes d'usine des années 1920-1930Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57) · Compétition
- Delage en Grand Prix — des voiturettes de Dieppe au titre mondial des constructeurs (1906-1932)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Bugatti aux 24 Heures du Mans — des pionnières de 1923 aux deux victoires de 1937 et 1939Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57)
- William Grover-Williams — vainqueur du premier Monaco, agent secret, exécuté à SachsenhausenBugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57)
- Bibliographie de référence — les ouvrages cités par les sources de ce dossierBugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57)
- L'écurie Bugatti — Meo Costantini et les pilotes d'usine des années 1920-1930Bugatti (Type 35, Type 41 Royale, Type 57)