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§ 02 · Moteur

Les moteurs essence de la CX — la lignée série M héritée de la DS

Citroën CX · 1974–1991 · 3 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Une filiation directe avec la DS, et au-delà avec la Traction

À son lancement, la CX ne reçoit aucun moteur inédit : faute de budget pour développer une mécanique entièrement nouvelle après l'échec du projet Wankel (voir Le moteur qui n'a jamais équipé la CX — le projet Wankel/Comotor), Citroën installe dans sa nouvelle grande routière les quatre-cylindres à carburateur série M, directement issus des DS 20 et DS 21. Leur conception générale (culasse hémisphérique, arbre à cames latéral, cinq paliers de vilebrequin) remonte à 1965, et leur architecture initiale à la Traction Avant elle-même — un journaliste d'Autocar notera d'ailleurs en 1980 que ces moteurs, jugés un peu rustiques en position longitudinale dans la DS, se révèlent étonnamment doux et agréables une fois montés transversalement dans la CX.

Tableau des motorisations essence série M

ModèleAnnéesCylindréePuissanceCouple0-100 km/hV. maxAlimentation
CX 20001974-19791 985 cm³102 ch à 6 000 tr/min152 N m à 3 000 tr/min12,8 s174 km/hCarburateur
CX 22001975-19762 175 cm³112 ch à 5 500 tr/min180 N m à 2 750 tr/min11,1 s179 km/hCarburateur
CX 24 Injection (GTI)1977-19832 347 cm³128 ch à 4 800 tr/min198 N m à 3 600 tr/min10,5 s190 km/hInjection électronique Bosch
CX 251983-19892 500 cm³138 ch à 5 000 tr/min211 N m à 4 000 tr/min9,2 s195 km/hInjection électronique
CX 25 Turbo 2 (GTI Turbo)1985-19892 500 cm³168 ch à 5 000 tr/min294 N m à 3 250 tr/min7,8 s223 km/hInjection + turbo + échangeur

Le passage du 2 200 au 2 400 (2 347 cm³, millésime 1977) puis au 2 500 (millésime 1983) se fait par augmentation progressive de l'alésage et de la course sur le même bloc fondateur, sans changement d'architecture générale. Toutes ces cylindrées partagent le même carter-cylindres, ce qui explique leurs cotes extérieures identiques malgré les écarts de cylindrée — un point relevé dès 1980 par la presse britannique, qui note que « bien qu'available en 1 985, 2 175 et 2 347 cm³, tous ces moteurs sont basés sur le même bloc et de dimensions externes identiques ».

L'injection électronique de la GTI (1977)

La CX 2400 GTI, lancée en mai 1977 (voir La lignée sportive — CX GTI, GTI Turbo et GTI Turbo 2), inaugure sur la CX l'injection électronique, en lieu et place du carburateur Weber utilisé sur les versions Pallas et Prestige du même bloc 2,4 L. Le passage à l'injection permet un gain net de puissance (128 ch contre 115 ch en carburateur) sans changement de cylindrée.

Une curiosité hors-Citroën : le bloc CX envisagé pour la DeLorean

Ce même 4-cylindres CX 2000 a bien failli motoriser une tout autre voiture, restée légendaire pour des raisons étrangères à la mécanique : la DeLorean DMC-12. Selon un article de citroenvie.com consacré à l'histoire du moteur Wankel dans l'industrie automobile, l'équipe de John Z. DeLorean, après avoir vainement approché Comotor puis Mazda pour un moteur rotatif (voir Le moteur qui n'a jamais équipé la CX — le projet Wankel/Comotor pour le versant Citroën-NSU de cette technologie), envisage un temps d'utiliser l'ensemble moteur-boîte de la CX 2000 (102 ch), suffisamment compact pour se loger dans l'architecture centrale-arrière alors prévue pour le prototype. L'idée est finalement abandonnée au profit du V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo, voir Le moteur Douvrin — Reflex et Athena, la rationalisation PSA-Renault pour un autre fruit de cette même coopération industrielle tripartite) lors du lancement en série en 1981 — un choix qui contraindra d'ailleurs les ingénieurs à reculer le moteur en position arrière plutôt que centrale, l'un des nombreux compromis techniques qui marqueront la carrière commerciale mouvementée de la DeLorean.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (+ recoupements citroenet.org.uk, citroenvie.com)
Date d'extraction
11 sept. 2026
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