DAF en compétition — du Col de Raus au Marathon Londres-Sydney
Une DAF à Variomatic peut sembler, au premier regard, mal taillée pour la compétition automobile : petite cylindrée, poids plume, transmission « pour tout le monde ». L'usine en a pourtant fait, dès le début des années 1960, un argument de communication à part entière, engageant ses modèles en rallye pour prouver que la Variomatic n'était pas seulement pratique, mais aussi fiable et compétitive.
Les débuts : des victoires de classe dès 1960
Les tout premiers résultats documentés remontent à la DAF 600 elle-même : l'Autrichien Rudi Hunger et son fils remportent, avec leur DAF 600, la première place de leur catégorie (jusqu'à 700 cm³) aux Austrian Winter Trials et à l'Austrian Alpine Rally de 1960 ; la même année, l'équipage belge Collinet-Franmian gagne sa catégorie aux 12 Heures de Huy et au Rallye de Verviers. Ces succès initiaux, obtenus sur des épreuves nationales, ouvrent la voie à un engagement plus large de la Daffodil dans les rallyes européens à partir de 1961 — DAF équipant alors ses voitures de plaques de protection en aluminium pour le moteur et la Variomatic.
L'apogée Daffodil : de 1961 à 1967
Sur cette période, les résultats de classe s'accumulent : victoires de catégorie au Tulip Rally 1961 (équipage néerlandais Bergh-Smulders) et à la course de côte du Col de Raus la même année, deuxième place de catégorie au Liège-Sofia-Liège 1963 pour l'équipage belgo-suisse Ransy-Rebetez — leur Daffodil restant, selon la source spécialisée qui rapporte ce résultat, la plus petite voiture jamais parvenue au bout de cette épreuve réputée impitoyable avec un classement officiel. Rob Slotemaker, pilote néerlandais qui deviendra une figure récurrente du programme DAF, prend la 5ᵉ place de sa catégorie au rallye Neige et Glace 1964 et la 2ᵉ place de catégorie au Swedish Winter Rally 1965. En 1966, DAF réalise même un authentique triplé de catégorie (jusqu'à 850 cm³) au Marathon de la Route (nom que porte alors l'épreuve Liège-Sofia-Liège), et l'équipage Slotemaker-Geest termine 11ᵉ au général du très exigeant Tour de Corse avec un prototype de Daffodil à moteur 850 cm³. D'autres victoires de catégorie s'ajoutent : Coupe des Alpes, Critérium des Cévennes, RAC Rally, Rallye Bayonne, Express & Star Rally.
Le relais 44 puis 55, et l'entrée dans le grand rallye-raid
À partir de 1967, les DAF 44 puis 55 relaient la Daffodil dans le programme officiel. Une DAF 44 signe une 2ᵉ place de catégorie au Monte-Carlo 1967, puis une victoire de catégorie l'année suivante. La DAF 55, elle, remporte purement et simplement sa catégorie au Rallye des Alpes 1968. Surtout, en décembre 1968, deux DAF 55 s'alignent au très médiatique Marathon Londres-Sydney du Daily Express : sur 16 500 km et 98 engagés (56 seulement à l'arrivée), l'équipage néerlandais Rob Slotemaker/Janssen termine 17ᵉ au classement général — un résultat très solide pour une petite berline économique, l'épreuve étant remportée par le trio Andrew Cowan/Colin Malkin/Brian Coyle sur Hillman Hunter. Ce résultat, largement relayé, inspire directement la gamme commerciale « Marathon » que DAF lance dans la foulée (voir La gamme « Marathon » — quand DAF transforme un résultat de rallye en argument commercial, qui traite cet aspect commercial séparément pour ne pas dupliquer le présent historique sportif).
Les saisons 1968 et 1969 confirment la martingale : victoire de catégorie au Coupe des Alpes 1968, places d'honneur au Marathon de la Route 1968, victoires et places dans le top 5 au général au Monte-Carlo, à l'Acropole, au Sanremo et au Tulip Rally 1969. Ces résultats profitent directement aux ventes : le site spécialisé qui recense ce palmarès note qu'à la fin des années 1960, l'usine DAF produit environ 940 voitures par jour.
Motricité sans différentiel : un atout de compétition documenté
Une partie de cette réussite tient à une particularité déjà détaillée dans L'absence de différentiel classique — deux courroies indépendantes en guise d'antipatinage : l'absence de différentiel classique sur les DAF de cette génération, chaque roue arrière étant entraînée par sa propre courroie, procure un effet proche d'un différentiel autobloquant, précieux sur les revêtements glissants typiques des rallyes hivernaux ou de montagne. Cet avantage a aussi séduit des concurrents privés en dehors du programme officiel : Jan de Rooy, qui deviendra beaucoup plus tard une figure du Paris-Dakar version camions, fait ses débuts compétitifs en construisant sa propre DAF spéciale à quatre roues motrices, moteur Ford BDA central et Variomatic sur mesure, engagée avec beaucoup de succès sur les épreuves de rallycross internationales du début des années 1970.
Une curiosité en marge des voitures de route : la Variomatic en monoplace de côte
En dehors de la gamme de route DAF elle-même, le principe de la Variomatic a même été expérimenté sur une monoplace de course de côte, la Huron-Cosworth H4A, dotée d'une transmission dérivée du système Van Doorne — preuve que l'intérêt technique de la Variomatic pour la compétition ne s'est pas limité aux seules voitures DAF (voir aussi l'épisode, bien plus tardif, du prototype de Formule 1 Williams FW15C évoqué dans L'absence de différentiel classique — deux courroies indépendantes en guise d'antipatinage).
Voir aussi
- L'absence de différentiel classique — deux courroies indépendantes en guise d'antipatinage
- La gamme « Marathon » — quand DAF transforme un résultat de rallye en argument commercial
- DAF 750 et Daffodil (DAF 30/31/32) — la montée en gamme de l'A-body (1961-1967)
- DAF 55 — l'arrivée du moteur Renault et de l'image sportive Marathon (1967-1972)
- DAF 44 — le premier « B-body » signé Michelotti (1966-1974)
- Site source
- supercars.net (+ en.wikipedia.org)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- DAF 750 et Daffodil (DAF 30/31/32) — la montée en gamme de l'A-body (1961-1967)DAF Variomatic · Histoire et modèles
- L'absence de différentiel classique — deux courroies indépendantes en guise d'antipatinageDAF Variomatic · Transmission
- DAF 55 — l'arrivée du moteur Renault et de l'image sportive Marathon (1967-1972)DAF Variomatic · Histoire et modèles
- La gamme « Marathon » — quand DAF transforme un résultat de rallye en argument commercialDAF Variomatic · Culture documentation
- DAF 44 — le premier « B-body » signé Michelotti (1966-1974)DAF Variomatic · Histoire et modèles
- DAF 750 et Daffodil (DAF 30/31/32) — la montée en gamme de l'A-body (1961-1967)DAF Variomatic
- L'absence de différentiel classique — deux courroies indépendantes en guise d'antipatinageDAF Variomatic
- DAF 55 — l'arrivée du moteur Renault et de l'image sportive Marathon (1967-1972)DAF Variomatic
- Les courses de marche arrière de Zandvoort — quand la particularité technique devient spectacleDAF Variomatic
- La gamme « Marathon » — quand DAF transforme un résultat de rallye en argument commercialDAF Variomatic