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§ 12 · Culture documentation

La gamme « Marathon » — quand DAF transforme un résultat de rallye en argument commercial

DAF Variomatic · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

DAF en compétition — du Col de Raus au Marathon Londres-Sydney retrace le palmarès sportif de DAF en rallye ; cette fiche se concentre sur ce que la marque en a fait commercialement, en construisant autour du nom « Marathon » une véritable sous-gamme sportive — un choix stratégique inhabituel pour un constructeur dont l'image publique reste, par ailleurs, celle d'une voiture avant tout pratique et bon marché (voir « Truttenschudder » — anatomie d'un surnom moqueur qui a survécu à la marque).

De l'option chez le concessionnaire à la finition d'usine

Le point de départ est directement sportif : la bonne tenue de la DAF 55 au Marathon Londres-Sydney de fin 1968 (voir DAF en compétition — du Col de Raus au Marathon Londres-Sydney) est aussitôt exploitée. Dès 1968, un pack optionnel « Marathon » est proposé chez le concessionnaire, à plusieurs niveaux cumulables : un habillage esthétique (jantes alliage, garnitures intérieures), une suspension renforcée, ou une préparation moteur portant le B110 à 65 ch — chaque élément pouvant être commandé séparément ou combiné.

En 1971, DAF simplifie la démarche en intégrant une version de série, plus modeste que le kit du concessionnaire : la 55 Marathon d'usine, sans suspension renforcée, mais dotée du moteur BR110 à 63 ch, de roues en acier élargies, d'un liseré extérieur distinctif et d'un servofrein — disponible en berline comme en coupé.

L'extension à la DAF 66

Le succès d'image du nom « Marathon » lui vaut d'être reconduit sur la DAF 66 à partir de 1972, en deux temps : une 1100 Marathon (1972-1973, 60 ch), puis une 1300 Marathon (1973-1975, moteur porté à 1 298 cm³ pour 57 ch DIN), cette dernière accompagnée d'un lot d'équipements orientés sécurité plutôt que pure performance — phares longue portée, pare-brise feuilleté, freins autorégleurs, colonne de direction rétractable, témoin de niveau de liquide de frein (le détail complet des chiffres de production par carrosserie figure déjà dans DAF 66 — l'essieu De Dion, et la « jarretel jeep » militaire 66 YA (1972-1975), qu'il n'y a pas lieu de reproduire ici).

Un contrepoids assumé à l'image de « voiture de mémé »

L'intérêt de la démarche dépasse la seule performance chiffrée : en adossant une partie de sa gamme à des résultats sportifs vérifiables, DAF cherche à contrebalancer, avec des arguments factuels, l'image de véhicule pour conducteurs débutants ou âgés que sa propre communication avait involontairement contribué à installer dès 1959 (voir « The Dutch with no clutch » — la simplicité de conduite DAF, entre argument technique et image genrée) et que le langage populaire avait fini par consacrer sous le sobriquet moqueur de « truttenschudder » (voir « Truttenschudder » — anatomie d'un surnom moqueur qui a survécu à la marque). Peu de constructeurs généralistes de véhicules aussi modestement motorisés tentent, à la même époque, ce type de sous-marque à connotation sportive assise sur un palmarès réel plutôt que sur un simple habillage cosmétique.

Une identité qui ne survit pas à l'indépendance de la marque

Le nom « Marathon » disparaît avec l'indépendance de DAF elle-même : lorsque la DAF 66 devient Volvo 66 en 1975, ses finitions haut de gamme sont rebaptisées GL et GLS selon la nomenclature Volvo, sans reconduire l'appellation Marathon (voir Le rachat par Volvo (1975) et la Volvo 66 — la Variomatic sous un autre nom) — un signe supplémentaire, parmi d'autres déjà relevés dans ce dossier, de la dissolution progressive de l'identité commerciale propre de DAF dans celle de son repreneur suédois.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org (+ dafclub.nl)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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