Aller au contenu
§ 02 · Moteur

Le bicylindre à plat DAF — le seul moteur maison, de 1959 à 1976

DAF Variomatic · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

En dehors de la Variomatic elle-même, le moteur bicylindre à plat refroidi par air est le seul grand ensemble mécanique que DAF ait entièrement conçu et fabriqué en interne sur toute la durée de vie de la marque automobile — les modèles ultérieurs (55, 66) se tournant vers un quatre-cylindres sous licence Renault (voir Le quatre-cylindres Renault Cléon-Fonte sous licence — de la DAF 55 aux dernières Volvo à Variomatic).

Une seule architecture, dix-sept ans d'évolution progressive

Le bloc de base — deux cylindres opposés à plat (« boxer »), quatre temps, refroidissement par air — reste fondamentalement identique de la DAF 600 (1959) à la DAF 46 (1976), n'évoluant que par la cylindrée, le taux de compression et le système de refroidissement :

ModèleCylindréePuissanceDétail
DAF 600 (1959-1963)590 cm³22 ch SAE à 4 000 tr/mincompression 7,1:1, refroidissement par air simple
DAF 750 (1961-1963)746 cm³30 chajout d'un refroidissement forcé par ventilateur et tunnels dédiés
Daffodil 32 S (1966)762 cm³36 chculasses modifiées, soupapes d'admission agrandies, carburateur plus gros, filtre à air ouvert — +20 % par rapport à la Daffodil de série
DAF 33 (1967-1974)746 cm³32 ch à 4 200 tr/minarbre à cames différent de celui de la Daffodil ; passage 6V→12V en septembre 1972
DAF 44 / 46 (1966-1976)844 cm³40 ch SAE à 4 500 tr/minversion la plus poussée de la lignée

Ce même bloc de base, dans ses différentes cylindrées, se retrouve ainsi sous le capot de la DAF 750, de toutes les Daffodil (30/31/32), de la DAF 33, de la DAF 44 et enfin de la DAF 46 — une remarquable continuité industrielle pour un moteur censé n'équiper, à l'origine, qu'une simple petite voiture populaire.

Points faibles connus, documentés par le club officiel

Le guide d'achat que publie le club officiel néerlandais, destiné à orienter les acheteurs d'occasion, détaille plusieurs faiblesses récurrentes du bicylindre, identiques sur tous les modèles qui le reçoivent :

  • Les petits conduits du collecteur d'admission vers l'échangeur thermique et le silencieux transversal sont sujets aux fuites ; un collecteur maquillé au mastic (type Gun-Gum) doit éveiller la méfiance, son remplacement étant coûteux.
  • L'échangeur thermique gauche, en particulier son tube montant vers le collecteur d'admission, est sujet à une corrosion perforante — remplacement également coûteux.
  • Une soupape brûlée est un défaut classique du bicylindre, décelable par un test simple : débrancher successivement chaque câble de bougie moteur au ralenti — un cylindre en bon état fait nettement caler ou changer le régime moteur, un cylindre défaillant ne produit aucune différence perceptible.
  • Un peu de suintement d'huile est normal (« un moteur trop propre est plus suspect qu'un peu gras », selon la formule même du club) ; les points de fuite active à surveiller sont les bagues d'étanchéité, les joints des tubes de poussoirs et le contacteur de pression d'huile.

La fin d'une lignée

Avec l'arrêt de la DAF 46 en 1976 — dernier modèle à porter authentiquement le nom DAF côté automobile de tourisme (voir DAF 46 — le dernier « vrai » DAF, jamais rebadgé Volvo (1974-1976)) — ce bicylindre disparaît définitivement de la gamme. Il n'aura jamais été retenu pour les modèles les plus véloces de la marque (55, 66), qui lui préfèrent dès 1967 la robustesse et la puissance disponible du quatre-cylindres Renault sous licence.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
dafclub.nl
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci