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§ 01 · Histoire et modèles

La DAF 600 — la première voiture particulière à Variomatic (1958-1963)

DAF Variomatic · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Présentation et lancement

La DAF 600 est dévoilée au salon AutoRAI en 1958, après trois ans de développement, sous le slogan retenu par le club officiel : « Alleen sturen, gas geven en remmen, zonder koppelen, zonder schakelen » (rien que le volant, l'accélérateur et le frein, sans embrayer, sans passer les vitesses). La voiture n'est pas encore tout à fait prête pour la production en série lors de sa présentation, mais 4 000 commandes sont déjà enregistrées. La production démarre en 1959 et se poursuit jusqu'en 1963. Le prix de lancement est de 3 980 florins.

Le modèle se distingue par de bonnes qualités aérodynamiques pour l'époque et un habitacle pensé pour qu'un passager puisse y tenir assis avec un chapeau sur la tête. Trois types se succèdent : le premier (clignotants « oreilles » dans les montants de porte), le deuxième à partir de 1960 (nom de code interne « DAF 22 », d'après la puissance SAE du bicylindre), et un troisième type à partir de 1961 qui reprend des éléments de calandre de la 750 alors lancée en parallèle.

Fiche technique (Sedan)

  • Moteur : bicylindre à plat 4 temps refroidi par air, 590 cm³, 22 ch SAE à 4 000 tr/min, taux de compression 7,1:1.
  • Vitesse maximale : 90 km/h — dans les deux sens de marche, propriété unique conférée par la transmission Variomatic (voir La symétrie avant/arrière de la Variomatic — pourquoi une DAF roule aussi vite en marche arrière).
  • Consommation annoncée : 6 à 7,5 l/100 km ; réservoir de 28 litres.
  • Production : 30 150 exemplaires en version Sedan (dont 1 403 Standaard et 28 747 Luxe), plus 441 exemplaires d'une version Pick-up (mars-août 1961).
  • Le club officiel souligne que la DAF 600 est également la première automobile au monde sans aucun point de graissage à entretenir — conséquence directe de la simplicité mécanique de la Variomatic.

L'anecdote Truus Smulders et le piège marketing du « n'importe qui peut la conduire »

Le 23 mars 1959, les deux premières DAF 600 de série sortent de l'usine d'Eindhoven lors d'une cérémonie très suivie par la presse. La première est remise au jonkheer M. Smits van Oyen van Eckart, président du Koninklijke Nederlandse Automobiel Club (KNAC) et ami personnel de Hub van Doorne — un choix logique. La seconde est proposée à Truus Smulders-Beliën, alors bourgmestre de la commune d'Oost-, West- en Middelbeers et première — pendant vingt ans la seule — femme bourgmestre des Pays-Bas aux Pays-Bas.

Le choix paraît d'abord étrange : Mme Smulders n'a même pas le permis de conduire. Le malentendu s'éclaircit : son nom figurait sur la liste d'attente des commandes non pas de son fait, mais parce que des fonctionnaires de sa commune, l'ayant entendue exprimer le souhait d'un simple vélo pour visiter les hameaux excentrés, avaient décidé de transformer la surprise en automobile. Loin de laisser tomber l'idée après cette clarification, les frères Van Doorne y voient au contraire une occasion publicitaire inespérée : à la veille de l'explosion de la motorisation de masse néerlandaise d'après-guerre, une bourgmestre « pas-encore-conductrice » représente exactement le marché immense des futurs primo-accédants à l'automobile que la Variomatic — sans embrayage ni levier de vitesses — vise à conquérir. Smulders vient, avoue publiquement n'avoir jamais conduit de sa vie, puis sort sans difficulté la DAF de l'usine devant la presse rassemblée pour un tour sur la piste d'essai voisine.

Le message voulu par DAF — « la Variomatic est si simple que même un parfait débutant peut la conduire » — se retourne pourtant contre la marque : le public retient non pas « même un débutant » mais « même une femme », activant des stéréotypes de genre de l'époque plutôt qu'un argument de simplicité universelle. Cet épisode, documenté et analysé dans le livre De Daf van mijn vader de Thomas Vaessens (professeur de littérature néerlandaise à l'université d'Amsterdam), est présenté comme l'un des points de départ du surnom moqueur « truttenschudder » (voir « Truttenschudder » — anatomie d'un surnom moqueur qui a survécu à la marque) et de l'image de « voiture de mémé » qui poursuivra la marque jusqu'à sa disparition — alors même que la simplicité de conduite de la Variomatic était, sur le plan strictement technique, un atout réel et recherché (voir « The Dutch with no clutch » — la simplicité de conduite DAF, entre argument technique et image genrée).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
dafclub.nl (+ historiek.net, vno-ncw.nl)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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