La Delahaye Type 135 — modèle emblématique du luxe sportif français (1935-1952)
Si une seule automobile devait résumer l'identité de Delahaye, ce serait celle-ci : la Type 135, produite à 2 592 exemplaires entre l'automne 1935 et la fin 1952, incarne à elle seule le pari fait par Madame Desmarais en 1933 — construire moins, mais mieux, et vendre par la performance plutôt que par le volume.
Une commande sur mesure devenue modèle de série
La genèse du modèle tient presque du hasard commercial : au Salon de Paris 1933, où Delahaye dévoile les Type 134 (4-cylindres, châssis court) et 138 (6-cylindres, châssis long), Lucy O'Reilly Schell et son mari Laury se présentent au bureau de Charles Weiffenbach avec une demande précise : loger le moteur 3,2 litres de la 138 dans le châssis plus court de la 134. Cette hybridation sur mesure donne naissance à la Type 135, mise en vente dès l'automne 1935.
Un succès commercial qui déclasse la concurrence
Motorisée par un 6-cylindres en ligne de 3 227 ou 3 557 cm³ développant de 95 à 120 ch selon la version, propulsion, boîte 4 rapports, la Type 135 pèse de 935 à 1 050 kg à vide pour un châssis de 4 028 mm de long. Avec ses variantes 145, 165 et 175, elle s'impose commercialement face à des rivales aujourd'hui toutes documentées dans ce corpus multi-marques ou chez des constructeurs comparables : la Bugatti Type 57, la Talbot-Lago T150, la Delage D6, la Panhard et Levassor Dynamic, la Renault Vivastella, la Hotchkiss 20 CV Grand Sport, la Salmson S4E, ou encore la Talbot-Lago Baby — un palmarès commercial que l'article Wikipédia consacré au modèle présente comme supérieur à celui de chacune de ces concurrentes prises individuellement.
Une échelle de variantes techniques et une signature Art déco
Dessinée par le designer maison Jean François, dans le goût Art déco alors en vogue, la Type 135 se décline en plusieurs niveaux de puissance et de tempérament — Sport, Coupe des Alpes, normale, Compétition, puis 135 M et 135 MS à partir du Salon 1938 (voir Suspension avant indépendante et hiérarchie des châssis Delahaye (1934-1939) pour le détail technique de cette hiérarchie) — avant de culminer, pour la compétition pure, dans la version 135 CS à châssis allégé et empattement court, dont la victoire aux 24 Heures du Mans 1938 fait l'objet d'une fiche dédiée.
Une vitrine pour les plus grands carrossiers indépendants
Autant que par sa mécanique, la Type 135 se distingue par la variété et la qualité de ses carrosseries, produites par les plus prestigieux carrossiers indépendants français de l'époque : Antem, Henri Chapron, les Frères Dubos (dont la fameuse « Gascogne »), Faget & Varnet, Figoni & Falaschi, Franay, Guilloré, Labourdette, Marcel Pourtout, et Jacques Saoutchik — une razzia sur les concours d'élégance de l'époque documentée dans Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage.
Voir aussi
- 1933 — le tournant sportif de Delahaye, de la berline poussive au constructeur de prestige
- L'Écurie Bleue — la course pour faire de la France ce que l'Italie a fait pour Ferrari
- 24 Heures du Mans 1938 — l'unique victoire mancelle de Delahaye
- Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954)
- Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA), en.wikipedia.org
- Auteur du site
- contributeurs Wikipédia
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Delahaye_type_135 ↗
- 24 Heures du Mans 1938 — l'unique victoire mancelle de DelahayeDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- La Panhard Dynamic — genèse, technique, style et échec commercialPanhard Dynamic · Histoire et modèles
- Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- L'Écurie Bleue — la course pour faire de la France ce que l'Italie a fait pour FerrariDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- Figoni & Falaschi — les sculpteurs italiens du style aérodynamique françaisDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Carrosserie et carrossiers
- Suspension avant indépendante et hiérarchie des châssis Delahaye (1934-1939)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Moteur et technique
- Jean François — l'ingénieur-designer derrière les 134, 135, 145 et 155Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Personnalites
- Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et DelageDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Carrosserie et carrossiers
- 1933 — le tournant sportif de Delahaye, de la berline poussive au constructeur de prestigeDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Histoire et fondation
- Charles Weiffenbach — « Monsieur Charles », cinquante-six ans à la tête des fabrications DelahayeDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Histoire et fondation
- Lucy O'Reilly Schell — l'Irlandaise-Américaine qui a dirigé la seule écurie de Grand Prix gagnante jamais menée par une femmeDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Personnalites
- Delahaye Type 235 — la dernière tentative, trop tardive et trop chère (1951-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Lucy O'Reilly Schell — l'Irlandaise-Américaine qui a dirigé la seule écurie de Grand Prix gagnante jamais menée par une femmeDelahaye et Delage (135, 165, D8)
- Jean François — l'ingénieur-designer derrière les 134, 135, 145 et 155Delahaye et Delage (135, 165, D8)
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