1978-1983 — l'étrange parenthèse d'un Challenger japonais, badge-engineering sur une Mitsubishi Galant Lambda
Un nom réutilisé sans le moindre lien mécanique avec l'E-body
Quatre ans seulement après l'arrêt de la première génération (voir 1971-1974 — la purge méthodique des options jusqu'à l'arrêt de production), le nom Challenger resurgit chez les concessionnaires Dodge — mais sur une base qui n'a strictement rien à voir avec l'E-body de 1970. À partir de l'année-modèle 1978, Dodge commercialise sous ce nom un « import captif » : un coupé japonais Mitsubishi Galant Λ (Lambda), rebadgé sans modification mécanique substantielle. Produite au Japon depuis 1976, cette Mitsubishi est elle-même commercialisée sous une variété de noms selon les marchés — Mitsubishi Sapporo en Europe et en Amérique du Sud, Chrysler (Sigma) Scorpion en Australie — et sa cousine badgée Plymouth prend quant à elle le nom de Plymouth Sapporo.
Une gamme mécanique sans rapport avec le muscle car de 1970
Le modèle inaugure ce nouveau chapitre sous l'appellation « Dodge Colt Challenger », la mention « Colt » (déjà utilisée par Dodge pour d'autres importations captives Mitsubishi) disparaissant à partir du restylage de 1981, où la voiture redevient simplement « Dodge Challenger ». Loin des V8 de l'E-body, cette génération se contente de quatre-cylindres de 1,6 L puis, à partir de la refonte de 1981, du seul 2,6 L à quatre cylindres en ligne, crédité de 77 à 105 ch selon les marchés et équipé d'arbres d'équilibrage Mitsubishi (« Silent Shaft ») destinés à limiter les vibrations inhérentes à un gros quatre-cylindres — une technologie alors précurseur, reprise plus tard sur de nombreux moteurs Chrysler K-car.
Une hiérarchie de positionnement inversée par rapport à 1970
Détail rarement relevé : alors que la Challenger de 1970 visait une clientèle plus aisée que la 'Cuda (voir Challenger contre 'Cuda — deux carrosseries sans aucune tôlerie commune sur une même plateforme), cette deuxième génération inverse exactement les rôles entre les deux marques sœurs. Mécaniquement identique à la Plymouth Sapporo — à l'exception de menus détails de sellerie, de feux et de teintes disponibles — le Dodge (Colt) Challenger est positionné vers une clientèle plus orientée performance, tandis que la Plymouth Sapporo (à qui son nom, emprunté à une ville japonaise, ne prédestinait pourtant rien) vise le marché du luxe. Les tout premiers Dodge Colt Challenger ne sont d'ailleurs proposés que dans une seule combinaison bicolore argent/anthracite, destinée à souligner ce caractère sportif.
Une fin de carrière sans successeur direct avant 2008
Le modèle est remplacé en 1983 par la Dodge Conquest, qui reprend la même base mécanique à propulsion, avant que Chrysler ne bascule définitivement vers des compactes à traction avant (Laser, Daytona) en 1984. Le nom Challenger reste alors vacant pendant vingt-cinq années supplémentaires, jusqu'à la renaissance de 2008 directement inspirée, cette fois, du modèle original de 1970 plutôt que de cette parenthèse japonaise largement oubliée du grand public (voir La renaissance 2008 — un design rétro lancé au même moment que celui de la Camaro, sur un châssis d'origine allemande).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- 1971-1974 — la purge méthodique des options jusqu'à l'arrêt de productionDodge Challenger · Histoire et modèles
- La renaissance 2008 — un design rétro lancé au même moment que celui de la Camaro, sur un châssis d'origine allemandeDodge Challenger · Histoire et modèles
- Challenger contre 'Cuda — deux carrosseries sans aucune tôlerie commune sur une même plateformeDodge Challenger · Histoire et modèles