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§ 12 · Culture documentation

Le destin des Charger de Bullitt — une couleur qui n'existait pas au catalogue, une survivante identifiée par ses trous de carrosserie

Dodge Charger · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une teinte noire qui n'existait tout simplement pas chez Dodge en 1968

Contrepoint méconnu de la légendaire couleur Highland Green des deux Ford Mustang du tournage (voir La vraie Mustang de Bullitt — disparue pendant quarante ans, vendue 3,74 millions de dollars, dossier ford-mustang/) : Dodge ne proposait, en 1968, aucune teinte noire au catalogue du Charger. Les deux exemplaires achetés par le cascadeur Bill Hickman pour le tournage étaient donc à l'origine respectivement bleu et jaune, et ont dû être spécialement repeints en noir pour les besoins du film — la voiture jaune étant réservée aux gros plans (« hero car »), la bleue aux cascades.

Une carrière discrète après le tournage

Une fois le tournage achevé, la voiture « hero » (jaune à l'origine) est rendue au concessionnaire, qui la repeint dans sa teinte jaune d'origine avant de la revendre — sans que son passé cinématographique ne soit alors mis en avant. Contrairement à la Mustang 559, dont la provenance a été scrupuleusement conservée par la famille Kiernan pendant quarante ans (voir La vraie Mustang de Bullitt — disparue pendant quarante ans, vendue 3,74 millions de dollars), cette Charger circule ensuite pendant des décennies sans que son statut de voiture de tournage ne soit identifié ni documenté.

Une identification tardive, fondée sur des trous de carrosserie

En 2002, un passionné de Mopar, Arnold Welch, fait l'acquisition à Tucson (Arizona) d'un Charger qu'il soupçonne être la voiture de tournage. Les archives susceptibles de le confirmer se révèlent introuvables : le Chrysler Historical Museum indique à Welch qu'il en sait déjà davantage que ce que l'institution peut lui fournir, et le service des archives de Warner Bros. estime que toute documentation relative à cette voiture a été perdue ou détruite. Faute de preuve documentaire directe, Welch reconstitue un faisceau d'indices matériels : une date de fabrication de janvier 1968, trois mois seulement avant le début du tournage, et surtout une série de trous inhabituels dans la carrosserie, situés majoritairement côté passager, correspondant exactement à l'emplacement de fixations de caméras, de matériel son et d'éclairage visibles sur des photographies d'époque du tournage communiquées par Welch au site spécialisé Ponysite.de.

De SEMA à Goodwood, une seconde carrière publique

Une fois restaurée, la voiture de Welch est exposée au salon SEMA de Las Vegas en novembre 2011, proposée à la vente pour un million de dollars en 2013 avant d'être finalement cédée à un prix nettement inférieur, notamment par l'intermédiaire du négociant Carlyle Motors de Houston. Elle réapparaît publiquement au Goodwood Festival of Speed de 2018, au Royaume-Uni, où elle est présentée aux côtés de la Ford Mustang originale du même film — les deux protagonistes de la course-poursuite réunis un demi-siècle plus tard. Le sort du second exemplaire, la voiture bleue réservée aux cascades les plus risquées, reste en revanche non documenté par les sources consultées lors de cette session — un gisement resté ouvert.

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Provenance de cette fiche
Site source
slashgear.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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