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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse de la Ferrari 348 (1989) — la première V8 de l'ère post-Enzo Ferrari

Ferrari 348 à 458 Italia · 1989–1994 · 5 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Présentée au Salon de Francfort en septembre 1989, la Ferrari 348 remplace la 328 dans la gamme des V8 biplaces à moteur central. C'est, selon Wikipédia anglophone, le dernier modèle V8 dont le développement a été supervisé par Enzo Ferrari lui-même avant sa mort en août 1988 — sa mise en production intervient donc à titre posthume. Wikipédia francophone va plus loin et présente la 348 comme le tout premier modèle entièrement nouveau lancé par Ferrari après la disparition de son fondateur, ce qui en fait, à double titre, la voiture charnière de la transition vers l'ère post-Enzo Ferrari.

Une rupture technique : le moteur longitudinal et la boîte transversale

Contrairement à la 308/328 qui l'a précédée (moteur V8 monté transversalement, voir Le V8 Tipo F119 de la 348 — rupture avec le montage transversal de la 308/328 pour le détail technique), la 348 adopte un moteur V8 longitudinal, disposition déjà utilisée par Ferrari sur la 288 GTO et la F40 mais inédite jusque-là sur une Ferrari V8 de série « classique ». La boîte de vitesses, elle, est montée transversalement derrière le moteur — une architecture directement héritée de la monoplace de Formule 1 Ferrari 312T, que le constructeur a tenu à mettre en avant dans la désignation commerciale même du modèle : le « T » de 348 tb (Trasversale Berlinetta) et 348 ts (Trasversale Spider, malgré son toit targa amovible et non un cabriolet) renvoie directement à cette boîte transversale.

Le moteur de la 348, un V8 de 3 405 cm³ développant 300 ch, est crédité par Wikipédia francophone à l'ingénieur Nicola Materazzi — également associé à la genèse de la 288 GTO et de la F40, un rôle documenté en détail dans la fiche genese-projet-164-materazzi-idee-groupe-b-enzo-ferrari du dossier ferrari-testarossa-f40/.

Esthétiquement, la 348 emprunte à la Testarossa ses prises d'air latérales à ailettes (« strakes ») et à la F40 certains de ses thèmes de style — détail développé dans Le design de la 348 — dernier modèle signé Leonardo Fioravanti comme chef styliste Pininfarina.

Premières critiques sur la tenue de route : un fait vérifié, pas une rumeur

Le brief de ce dossier demandait une vérification précise plutôt qu'une affirmation par défaut sur les critiques essuyées par la 348 à son lancement — et les sources confirment sans ambiguïté qu'il s'agit d'un fait documenté, pas d'une réputation exagérée après coup.

L'épisode le plus concret est rapporté par le site italien Automoto.it et repris par Wikipédia anglophone : Luca Cordero di Montezemolo, alors dirigeant Fiat proche de Ferrari (il deviendra président de la marque en 1991), achète une 348 jaune en 1991. Arrêté à un feu rouge à Rome, il se fait dépasser à l'accélération sur quelques dizaines de mètres par une Volkswagen Golf GTI Mk2 conduite par un jeune homme qui, l'ayant reconnu, plaisante sur les performances de sa voiture. Montezemolo convoque ensuite une réunion chez Ferrari où il qualifie la 348, selon la citation rapportée, de voiture qui « fait du bruit et n'avance pas ». Il fait ensuite tester le modèle par l'ancien pilote de Formule 1 Niki Lauda, qui confirme ce jugement sévère.

Au-delà de cette anecdote, la presse d'époque documente des critiques plus techniques et parfois contradictoires :

  • Autocar (juillet 1993, comparatif Paris-Le Mans face à la Honda NSX, la Porsche 911 Turbo et la Lotus Esprit) loue la direction et la tenue de caisse de la 348 sur circuit, tout en notant une direction lourde en circulation urbaine.
  • Motor Trend (Peter Dron) critique sévèrement les performances chiffrées (0 à 60 mph d'environ 6 secondes, battu par une Corvette L98 moins chère) et la sonorité du moteur, ainsi que la fausse calandre avant jugée peu honnête sur le plan du style.
  • Wikipédia anglophone confirme, indépendamment de l'anecdote Montezemolo, que les premières 348 souffraient d'un comportement survireur à la limite, documenté comme un motif d'inquiétude réel chez les acheteurs en raison de la sensibilité du réglage du châssis.

Des révisions rapides en réponse

Ces critiques ont effectivement débouché sur des évolutions correctives en cours de carrière, plutôt que sur une simple tolérance du défaut :

  • Modification des points d'ancrage de la suspension arrière et des cotes de parallélisme sur les exemplaires plus tardifs, pour corriger la sensibilité du train arrière à la limite.
  • Refonte des sièges, déplacement de la batterie de l'arrière vers l'avant pour rééquilibrer les masses, et révision de la suspension (ressorts, amortisseurs, épures) au fil des quatre années de production.
  • Passage du calculateur Bosch Motronic 2.5 à la version 2.7 dès 1991.
  • Lancement, fin 1993, des versions 348 GTB/GTS (et du cabriolet Spider, introduit dès avril 1993), avec puissance portée de 300 à 320 ch, géométrie de suspension revue et voie arrière élargie — présentées par le constructeur comme des « GT » à part entière plutôt qu'un simple restylage.
  • Une série limitée 348 Serie Speciale (1992-1993, 100 exemplaires réservés au marché américain) reçoit un moteur à 316 ch, un échappement à écoulement libre et un train arrière élargi.

⚠️ Les sources divergent sur la date de fin de production : Wikipédia anglophone situe l'arrêt de la 348 GTB/GTS à mai 1994, tandis que l'infobox de Wikipédia francophone indique 1996 — un écart que la chronologie détaillée des versions (Challenge poursuivi jusqu'en 1995, voir 348 et F355 en compétition — du Challenge monomarque aux premiers engagements GT2) suggère être une confusion entre fin de la commercialisation routière et fin de la carrière en compétition monomarque. Voir sources/verification-croisee.md.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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