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§ 01 · Histoire et modèles

Pourquoi la Dino n'a jamais porté le badge Ferrari à l'origine

Ferrari Dino 206/246 GT/GTS · 1967–1974 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La doctrine du « seul le V12 est une vraie Ferrari »

La raison la plus souvent citée est une doctrine de marque assumée par Enzo Ferrari lui-même : à ses yeux, seules les voitures à moteur V12 méritaient de porter son nom et le cheval cabré. Un moteur à six cylindres, aussi abouti soit-il, était jugé indigne d'être vendu comme une « vraie » Ferrari — quand bien même la voiture était conçue par Ferrari, construite dans ses ateliers (carrosserie par Scaglietti) et distribuée par son réseau de concessionnaires. Ce point, souvent résumé de façon caricaturale dans la presse grand public, mérite d'être précisé : il ne s'agit pas d'un désaveu de la voiture elle-même, mais d'une politique de segmentation délibérée de la gamme.

Une préoccupation commerciale : ne pas diluer l'image V12

En donnant à cette gamme moins chère une identité de marque distincte plutôt que de l'intégrer à la gamme Ferrari, Enzo Ferrari protège la valeur perçue de ses modèles V12 haut de gamme. Le nom « Dino » permet de vendre une voiture de sport accessible sans « diluer » le prestige et la rareté associés au nom Ferrari — une stratégie de marque ombrelle distincte, plutôt qu'une gamme d'entrée subalterne au sein de la même marque.

Un argument de sécurité, étayé par un antécédent judiciaire concret

Une deuxième explication, moins connue du grand public mais documentée, tient à la réticence d'Enzo Ferrari envers les voitures à moteur central pour une clientèle non professionnelle. Selon Sergio Pininfarina lui-même, Ferrari jugeait les configurations à moteur central trop dangereuses pour ses clients non-pilotes. Cette prudence n'était pas seulement une posture : Ferrari avait été inculpé d'homicide involontaire après l'accident d'une de ses voitures pilotée par le comte Alfonso de Portago aux Mille Miglia 1957, qui avait tué le pilote, son copilote et plus d'une vingtaine de spectateurs, dont des enfants. La bataille judiciaire qui s'ensuivit dura environ huit ans et entacha durablement l'image de la marque — un facteur concret, documenté par Ate Up With Motor, dans la prudence d'Enzo Ferrari envers la diffusion à grande échelle d'une architecture à moteur central chez une clientèle non professionnelle.

Le détail ironique du moteur « Fiat »

Un troisième élément, plus prosaïque, est régulièrement cité par la presse anglophone : pour atteindre les volumes de production imposés par l'homologation en Formule 2 (voir L'homologation en Formule 2 : la vraie raison d'être commerciale de la Dino), la fabrication du V6 « Dino » est confiée à Fiat, qui produità la fois les blocs destinés aux Dino Ferrari et ceux des Fiat Dino sur la même chaîne à Turin, sans distinction entre eux. Faire figurer le cheval cabré sur le capot d'une voiture propulsée par un moteur assemblé par des ouvriers Fiat aurait, selon cette lecture, posé un problème d'image pour une marque qui construisait son mythe sur la maîtrise intégrale de son moteur.

Le tournant concurrentiel de 1966

Le choix de se lancer malgré tout dans un coupé à moteur central intervient peu après la présentation de la Lamborghini Miura fin 1965-1966, qui impose spectaculairement cette architecture dans l'imaginaire des voitures de sport modernes. Si Enzo Ferrari ne pouvait ignorer un concurrent en train de redéfinir les règles du jeu, la marque Dino lui permet de répondre sans renier publiquement sa doctrine V12 pour la gamme Ferrari proprement dite.

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Provenance de cette fiche
Site source
carscoops.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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