Le « véhicule X » — quatre ans de développement secret avant le Torino
Un nom de code et une chasse au modèle idéal
Une fois la décision prise de développer une automobile sous marque propre plutôt qu'une nouvelle licence (voir 1962 — l'accord avec American Motors et la clause contractuelle qui a poussé IKA vers une marque propre), James McCloud, président d'IKA, lance en interne un projet désigné sobrement « vehículo X ». La rumeur et la presse argentines, qui n'ont alors accès à aucune information officielle, lui inventent divers noms de fantaisie — dont « Apollo » — pendant les quatre années que dure le développement, de 1962 à 1966. Le choix du modèle de base se porte sur la Rambler American 440H d'American Motors : une berline compacte américaine, jugée trop rustique en l'état pour le marché visé, mais qui présente un atout déterminant sur ses concurrentes directes (Falcon, 400, Valiant) — l'existence d'une version coupé, seule capable d'apporter au futur modèle argentin le caractère sportif recherché.
Deux carrosseries démontées à Córdoba
Deux exemplaires de la Rambler American — une berline 4 portes et un coupé — sont importés depuis les États-Unis jusqu'à Córdoba, puis entièrement démontés jusqu'à la caisse nue. Cette opération permet aux ingénieurs argentins d'identifier précisément quels éléments de structure devaient impérativement rester communs avec le modèle américain d'origine, pour ne pas remettre en cause l'outillage de presse déjà amorti — une contrainte de coûts qui façonnera tout le projet (voir La base Rambler American — ce qui reste américain et ce qui devient authentiquement argentin). Deux choix mécaniques sont très tôt jugés non négociables par l'équipe de Córdoba : l'abandon de la suspension arrière à lames de la Rambler American, incompatible avec les ambitions de grand tourisme du projet, au profit d'un essieu rigide à quatre bras tirés et ressorts hélicoïdaux ; et l'abandon de la boîte 3 vitesses à levier au volant au profit d'une boîte 4 vitesses au plancher, ce qui conduit McCloud à négocier en personne, lors d'un voyage en Allemagne, une licence de fabrication locale des boîtes ZF (voir La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900).
Le rôle de Fangio, homme de confiance
C'est Juan Manuel Fangio, déjà proche d'IKA et personnellement lié à Battista « Pinin » Farina, que McCloud sollicite pour établir le contact avec le carrossier turinois chargé de restyler la carrosserie du véhicule X (voir Ce que Pininfarina a vraiment dessiné sur le Torino — périmètre, coût et calendrier exacts du contrat). Selon le récit de McCloud, c'est également accompagné de Fangio qu'il se rend à Turin pour découvrir, sous des housses, les deux carrosseries transformées par les stylistes de Pininfarina — un moment qu'il décrit dans ses mémoires comme une véritable métamorphose par rapport aux caisses austères envoyées quelques mois plus tôt. Au retour de ce voyage, le véhicule X dispose enfin d'une identité visuelle ; il ne lui manque plus qu'un nom, qui sera trouvé dans l'urgence à peine quelques semaines avant sa présentation officielle (voir L'origine du nom « Torino » — une carte postale et douze heures de délai, contre la légende de l'hommage calculé). Entre 1965 et la fin de 1966, l'outillage de série est rapatrié des États-Unis pendant que le moteur Tornado local est encore affiné ; près d'un million de kilomètres d'essais sur route argentine, au volant d'un prototype camouflé, précèdent le lancement commercial d'octobre-novembre 1966 (voir Le lancement du Torino — du premier exemplaire de série à la présentation à la presse).
Voir aussi
- 1962 — l'accord avec American Motors et la clause contractuelle qui a poussé IKA vers une marque propre
- Ce que Pininfarina a vraiment dessiné sur le Torino — périmètre, coût et calendrier exacts du contrat
- La base Rambler American — ce qui reste américain et ce qui devient authentiquement argentin
- La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900
- L'origine du nom « Torino » — une carte postale et douze heures de délai, contre la légende de l'hommage calculé
- Le lancement du Torino — du premier exemplaire de série à la présentation à la presse
- Site source
- infobae.com (+ recoupement carrozzieri-italiani.com et Wikipédia espagnol)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900IKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Moteur
- La base Rambler American — ce qui reste américain et ce qui devient authentiquement argentinIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Carrosserie
- 1962 — l'accord avec American Motors et la clause contractuelle qui a poussé IKA vers une marque propreIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Histoire et modèles
- L'origine du nom « Torino » — une carte postale et douze heures de délai, contre la légende de l'hommage calculéIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Carrosserie
- Le lancement du Torino — du premier exemplaire de série à la présentation à la presseIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Histoire et modèles
- Ce que Pininfarina a vraiment dessiné sur le Torino — périmètre, coût et calendrier exacts du contratIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Carrosserie
- La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900IKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- Le lancement du Torino — du premier exemplaire de série à la présentation à la presseIKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- La base Rambler American — ce qui reste américain et ce qui devient authentiquement argentinIKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- 1962 — l'accord avec American Motors et la clause contractuelle qui a poussé IKA vers une marque propreIKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- Ce que Pininfarina a vraiment dessiné sur le Torino — périmètre, coût et calendrier exacts du contratIKA Torino (Argentine, 1966-1981)