Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Du projet Utah à Earls Court — la genèse de la Mark 2 et son lancement d'octobre 1959

Jaguar Mark 2 · 1959–1967 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un nom donné après coup

Contrairement à ce que le nom pourrait laisser penser, la « Mark 2 » n'a jamais porté ce nom à son lancement : c'est seulement rétrospectivement, une fois la nouvelle génération présentée fin 1959, que la petite berline Jaguar produite depuis 1955 — commercialisée jusque-là simplement comme « 2.4 Litre » et « 3.4 Litre » — se voit renommée « Mark 1 » pour la distinguer de sa remplaçante. Les deux voitures partagent la même origine industrielle : le projet de développement interne baptisé « Project Utah », engagé dès le milieu des années 1950 chez Jaguar à Coventry, sous la direction de Sir William Lyons (voir « Grace... Space... Pace » — le slogan qui résume la stratégie commerciale de la Mark 2).

Une évolution plutôt qu'une rupture

La Mark 2 n'est pas une voiture entièrement nouvelle mais un remaniement approfondi de la caisse monocoque de la Mark 1, elle-même déjà la toute première berline Jaguar à structure autoportante (voir Une caisse monocoque héritée de la Mark 1 — la première Jaguar autoportante et ses pièges de conception). L'essentiel du soubassement et de la plateforme mécanique est conservé, mais la voie arrière est élargie pour améliorer la tenue de route, tandis que la carrosserie reçoit une refonte esthétique substantielle : une surface vitrée agrandie d'environ 18 %, des montants de pare-brise amincis, une lunette arrière galbée qui enveloppe l'habitacle, et une calandre, des optiques et des encadrements de vitres redessinés avec davantage de chrome. Le résultat, immédiatement perceptible, est un habitacle beaucoup plus lumineux et une voiture visuellement plus légère que la Mark 1, malgré une parenté de silhouette évidente.

Earls Court, octobre 1959

La nouvelle génération est présentée au public en octobre 1959, avec une mise en vente effective qui s'étale sur la fin de l'année. Elle est proposée d'emblée avec le choix entre les trois motorisations qui feront sa réputation — 2,4, 3,4 et 3,8 litres (voir 2,4, 3,4 ou 3,8 litres — trois tempéraments pour une seule carrosserie) — une gamme moteur inchangée dans son principe par rapport à la Mark 1, mais désormais associée de série aux quatre freins à disque (voir Des freins à disque aux quatre roues de série dès 1959 — un équipement encore rare sur ce segment), un équipement encore rare sur une berline de ce segment de prix au tournant des années 1960.

Une combinaison alors inédite : performance sportive et praticité familiale

Ce qui distingue fondamentalement la Mark 2 de la plupart de ses contemporaines britanniques est la présence, sous le capot d'une berline quatre portes confortable et dotée d'un vrai coffre familial, du moteur six cylindres XK — jusque-là associé presque exclusivement aux modèles sportifs de la marque, la lignée XK120/140/150 (voir le dossier jaguar-xk120-150/) et la Type E qui lui succède à partir de 1961 (voir le dossier jaguar-e-type/). Cette association d'un moteur de sportive et d'une carrosserie berline pratique, déjà amorcée par la Mark 1, atteint sa pleine expression commerciale avec la Mark 2 : la presse et le public découvrent qu'une voiture capable de transporter confortablement une famille peut aussi dépasser les 100, voire les 120 mph selon la motorisation choisie — un argument de vente qui façonnera durablement l'image de la voiture, y compris dans son détournement ultérieur vers un usage bien moins vertueux (voir « La voiture des braqueurs de banque » — la naissance d'un cliché culturel bien réel).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci