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§ 01 · Histoire et modèles

2,4, 3,4 ou 3,8 litres — trois tempéraments pour une seule carrosserie

Jaguar Mark 2 · 1959–1967 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un seul moteur, trois cylindrées

La Mark 2 reprend le principe déjà établi par la Mark 1 : une seule et même carrosserie berline accueille, au choix de l'acheteur, trois déclinaisons du six-cylindres Jaguar XK (voir le dossier jaguar-xk120-150/ pour la genèse complète de ce moteur). Les trois cylindrées — 2,4, 3,4 et 3,8 litres — ne sont pas de simples variations de puissance : elles positionnent la voiture sur trois marchés différents, de la berline d'entrée de gamme raisonnable à la routière la plus rapide de sa catégorie.

La 2,4 litres — l'entrée de gamme économique

La plus petite cylindrée (2 483 cm³) développe 120 ch grâce à deux carburateurs Solex (voir Solex pour la 2,4, SU pour les deux autres — une alimentation qui distingue les motorisations). C'est de loin la version la plus répandue commercialement en Grande-Bretagne à l'époque, prisée pour sa fiscalité plus clémente, mais aussi la plus lente : selon les sources consultées, il lui faut environ 17 secondes pour atteindre 60 mph, et elle ne dépasse pas 100 mph. C'est précisément cette version modeste, plutôt que la flamboyante 3,8, que la fiction choisira plus tard pour habiller un personnage raffiné mais peu fortuné (voir Inspector Morse et sa Mark 2 rouge — l'icône télévisuelle qui a (re)consacré le modèle, un détail vérifié).

La 3,4 litres — le compromis le plus rationnel

Avec 210 ch pour seulement 10 ch de moins que la version haut de gamme, la 3,4 litres (3 442 cm³) atteint 120 mph et abat le 0 à 60 mph en un peu moins de 12 secondes — des chiffres très proches de ceux de la 3,8, pour un coût à l'achat sensiblement inférieur, aussi bien à l'époque qu'aujourd'hui sur le marché de la collection (voir Cote de marché 2026 — la 3,8 manuelle avec overdrive en tête, les 240/340 en entrée de gamme). De nombreux spécialistes contemporains la considèrent comme le meilleur compromis de la gamme plutôt qu'un simple palier intermédiaire.

La 3,8 litres — la vedette de la gamme

La plus grosse cylindrée (3 781 cm³, 220 ch) est la version qui fait la réputation de la voiture : 0 à 60 mph en 8,5 secondes et une vitesse de pointe de l'ordre de 125 mph, qui en font au lancement la plus rapide des berlines de série produites dans le monde (voir la fiche dédiée Le 3,8 litres — la berline de série la plus rapide du monde à son lancement, un record vérifié pour le détail précis de ce record et ses sources). C'est cette version, disponible en boîte manuelle avec overdrive, que choisissent systématiquement les équipages de course (voir 11-competition/) — et que la culture populaire associe le plus spontanément à l'image de la voiture de « gangster » (voir « La voiture des braqueurs de banque » — la naissance d'un cliché culturel bien réel), même si les faits documentés montrent une réalité plus nuancée entre les trois cylindrées.

Une hiérarchie qui structure toute la gamme

Cette segmentation par cylindrée continuera de structurer la lignée bien après la Mark 2 elle-même : elle se retrouve à l'identique dans les 240 et 340 qui lui succèdent en 1967 (voir 1967 — les 240 et 340 remplacent la Mark 2 dans un contexte d'économies), ainsi que, de façon plus détournée, dans la variante Daimler à moteur V8 positionnée entre la 2,4 et la 3,4 (voir La Daimler 2½-Litre V8 — quand un rachat industriel greffe un moteur étranger sur la caisse de la Mark 2).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
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