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§ 07 · Carrosserie

Les portières en élytre : de l'Alfa Romeo Carabo à la signature Lamborghini

Lamborghini Countach · 1974–1990 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une première mondiale sur une voiture de série

La Countach est la première automobile produite en série à adopter des portières en élytre (« scissor doors » en anglais) : des portes articulées à l'avant par une charnière horizontale, qui se soulèvent et basculent vers l'avant lors de l'ouverture, plutôt que de pivoter latéralement comme des portières classiques. Le mécanisme est assisté par des vérins à gaz, qui accompagnent le mouvement et en amortissent la course.

Une idée déjà esquissée deux ans plus tôt

Comme pour la silhouette générale de la voiture (voir Le style « wedge » de Gandini : une rupture radicale avec les courbes de la Miura), Marcello Gandini n'invente pas ce principe d'ouverture spécifiquement pour la Countach : les portières en élytre apparaissent pour la première fois sur son concept-car Alfa Romeo Carabo, présenté par Bertone en 1968. La Countach en reprend le principe et le porte à la production en série, trois ans plus tard pour le prototype LP500 (voir Les trois prototypes de pré-production : LP500 (1971), et les chassis 1120001/1120002 (1973-1974)) et sept ans plus tard pour la LP400 commercialisée.

Une réponse pratique à un problème concret

Au-delà du parti pris esthétique évident, Gandini justifie ce choix par une contrainte pratique bien réelle : la carrosserie très large de la Countach et ses larges bas de caisse rendent l'accès à bord difficile avec des portières classiques, en particulier dans des places de stationnement étroites. Les portières en élytre, en s'ouvrant vers le haut plutôt que sur le côté, contournent ce problème — au prix, en contrepartie, d'une vigilance nécessaire sous les plafonds bas.

Un revers assumé : la sortie en cas de retournement

Ce système pose une difficulté documentée en cas d'accident avec tonneau : il devient beaucoup plus difficile de sortir du véhicule si celui-ci se retrouve sur le toit, les portes en élytre nécessitant de l'espace vers le haut pour s'ouvrir. Les ingénieurs Lamborghini étudient plusieurs solutions à ce problème — un pare-brise amovible facilement éjectable, ou des boulons explosifs permettant de désolidariser les portières après un choc — mais aucune de ces deux options n'est finalement retenue pour la production.

Une technique de stationnement devenue légendaire

Autre conséquence pratique bien connue des propriétaires : compte tenu de la visibilité arrière très limitée (voir Le toit périscope de la LP400 : une solution empruntée à la sécurité automobile américaine et Conduire une Countach : visibilité quasi nulle, portance à haute vitesse et technique de stationnement) et de la hauteur des bas de caisse, de nombreux conducteurs de Countach se garent en ouvrant la portière, en s'asseyant sur le seuil de caisse, puis en reculant le véhicule tout en regardant par-dessus l'arrière depuis l'extérieur de la voiture — une manœuvre devenue, au fil du temps, presque aussi emblématique de la Countach que sa silhouette elle-même.

Un héritage qui dépasse le seul modèle

Popularisées par la Countach, les portières en élytre deviennent ensuite une signature de la marque Lamborghini elle-même, reprises sur la quasi-totalité des modèles de sport à moteur central qui lui succèdent : Diablo, Murciélago, Reventón, Aventador, Revuelto. C'est là l'un des héritages de design industriel les plus durables de toute l'histoire de la marque — une innovation stylistique née d'un concept-car de 1968, mise en application sur un unique modèle de production dans un premier temps, avant de devenir un marqueur identitaire transmis sur plus de cinquante ans de gamme.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; fr.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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