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§ 07 · Carrosserie

Le style « wedge » de Gandini : une rupture radicale avec les courbes de la Miura

Lamborghini Countach · 1974–1990 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Le même designer, deux langages visuels opposés

Marcello Gandini, déjà auteur du dessin de la Miura pour Bertone en 1965-1966 — son tout premier projet, réalisé à 27 ans en seulement trois mois (voir design-marcello-gandini-bertone-genese-stylistique, dossier lamborghini-miura/) — signe également le dessin de la Countach. Mais entre les deux voitures, son écriture stylistique change radicalement de nature : là où la Miura déploie des galbes fluides et des lignes courbes, la Countach adopte une silhouette en coin (« wedge »), faite de surfaces plates, d'arêtes vives et de formes trapézoïdales assumées — au point que les deux voitures, dessinées par le même homme à cinq ans d'écart, semblent appartenir à deux générations stylistiques entièrement différentes.

Une évolution amorcée dès la fin des années 1960

Ce virage ne surgit pas de nulle part : après le succès critique et commercial de la Miura (1966), Gandini explore ce nouveau langage plus anguleux et géométrique à travers une série de concept-cars pour Lamborghini, Alfa Romeo et Lancia. Deux d'entre eux préfigurent directement la Countach : l'Alfa Romeo Carabo (1968) et le Lancia Stratos Zero (1970), tous deux des études à moteur central entièrement en forme de coin, au nez bas et plat et à la poupe tronquée. Le Carabo introduit par ailleurs les portières en élytre qui seront reprises sur la Countach (voir Les portières en élytre : de l'Alfa Romeo Carabo à la signature Lamborghini), tandis que le Stratos Zero popularise une méthode d'accès pour le moins singulière : un pare-brise entier faisant office de porte, relevé vers l'avant.

Une méthode « par soustraction », déjà identifiée sur la Miura, portée à son terme

Le dossier lamborghini-miura/ de ce corpus documente déjà la méthode de travail « par soustraction et par tension » caractéristique de Gandini, déjà à l'œuvre dès son premier projet (voir design-marcello-gandini-bertone-genese-stylistique). La Countach pousse cette logique jusqu'à son terme : chaque élément de carrosserie devient une surface plane ou un motif trapézoïdal — pare-brise, vitres latérales, ouvertures de porte, capots avant et moteur, feux arrière — sans la moindre concession à la courbe. Le nez s'effile jusqu'à une calandre très fine, rendue possible par des projecteurs escamotables qui disparaissent entièrement dans la carrosserie lorsqu'ils ne sont pas utilisés.

Une empreinte stylistique qui perdure dix-neuf ans

Bien que la carrosserie de la Countach soit continuellement retouchée au fil des séries de production — ailes élargies, ailerons, caches de carburateurs, pare-chocs (voir La Countach « Walter Wolf » : comment un client mécontent a redessiné la production en série et Le restylage Anniversary de Pagani : une parenté stylistique frappante avec la Ferrari Testarossa) —, la silhouette fondamentale dessinée par Gandini pour le tout premier prototype de 1971 reste reconnaissable, presque inchangée dans ses grandes lignes, tout au long des dix-neuf années de carrière du modèle.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org ; fr.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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