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§ 01 · Histoire et modèles

La Stratos Zero (Bertone, 1970) — le concept-car qui a tout déclenché

Lancia Stratos HF · 1973–1978 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant d'être une voiture de série, la Stratos est d'abord un coup de poker commercial : le carrossier turinois Bertone n'avait jamais travaillé pour Lancia, la marque étant traditionnellement liée à Pininfarina, et Nuccio Bertone cherchait un moyen d'ouvrir cette porte.

Un moteur de Fulvia HF accidentée comme seule base

Ne disposant d'aucune base mécanique fournie par le constructeur, Bertone récupère chez un ami la mécanique d'une Lancia Fulvia HF1600 Rally accidentée — moteur V4 1,6 litre inclus — et construit autour d'elle une étude de style entièrement nouvelle. Le dessin est confié à Marcello Gandini, chef styliste de Bertone, qui vient de signer la Lamborghini Miura et travaille alors sur la Countach. Présentée au Salon de l'automobile de Turin en 1970 sous le nom Stratos Zero (ou Stratos 0), la voiture est d'une bassesse extrême — 84 cm de hauteur seulement — avec un accès à bord inédit : en l'absence de portières, le conducteur soulève le pare-brise et se glisse à l'intérieur en enjambant la colonne de direction, elle-même articulée pour faciliter la manœuvre. La carrosserie en fibre de verre, de couleur cuivre/bronze métallisé, adopte une silhouette en coin d'inspiration aéronautique, avec dix phares alignés sur le nez effilé et des feux arrière réduits au simple contour lumineux de la poupe.

Un nom venu d'un modèle réduit d'avion, selon Gandini lui-même

L'origine du nom « Stratos » fait l'objet d'une explication surprenante donnée par Gandini en personne : plutôt qu'une référence directe à la stratosphère — l'explication la plus couramment reprise —, le designer a expliqué avoir choisi ce nom d'après celui d'un modèle réduit d'aéromodélisme en bois qu'il venait de s'offrir à la même époque. Le prototype était d'ailleurs officiellement badgé « Strato's », avec une apostrophe que la presse n'a quasiment jamais respectée depuis.

De la provocation stylistique à l'idée d'une remplaçante pour la Fulvia

Selon le récit constant des sources consultées, c'est Nuccio Bertone lui-même qui se présente aux grilles de l'usine Lancia au volant de la Stratos Zero, franchissant la barrière sous les applaudissements des ouvriers — image restée dans la légende de la marque. Cesare Fiorio, alors à la tête de la Squadra HF, saisit immédiatement le potentiel de cette architecture à moteur central pour succéder à la Fulvia HF vieillissante (voir Pourquoi Lancia cherchait une remplaçante à la Fulvia HF — le cahier des charges de Cesare Fiorio). La Stratos Zero n'apporte toutefois aucune pièce mécanique à la voiture de série qui portera son nom : elle n'aura été, in fine, qu'une source d'inspiration formelle et un formidable coup de communication.

Une seconde carrière de star de concours d'élégance

Longtemps exposée au musée Bertone près de Turin, la Stratos Zero change ensuite plusieurs fois de propriétaire privé et devient une habituée des concours d'élégance internationaux : vendue aux enchères en 2011 pour 761 600 €, exposée au Petersen Automotive Museum de Los Angeles puis au High Museum of Art d'Atlanta en 2014, elle remporte en août 2024 le premier prix de sa catégorie ainsi qu'un prix spécial « Gran Turismo » décerné par Kazunori Yamauchi au Concours d'Elegance de Pebble Beach, avant de rejoindre à demeure le Petersen Automotive Museum en 2025. Sa silhouette a également connu une exposition inattendue au grand public : Michael Jackson l'incarne littéralement dans son film Moonwalker (1988), et Hot Wheels lui consacre un modèle réduit au 1/64 en 2025.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org + it.wikipedia.org + carrozzieri-italiani.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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