La victoire aux 24 Heures du Mans 1952
Un châssis remanié dans l'urgence pour satisfaire les commissaires
Trois voitures neuves sont engagées pour l'épreuve de juin 1952. Avant même le départ, l'organisation doit composer avec une exigence de l'Automobile Club de l'Ouest : les minuscules vitres pivotantes des tout premiers prototypes, jugées trop réduites pour un usage sûr en course d'endurance, doivent céder la place à de véritables ouvertures de porte agrandies, nécessitant la conception d'un nouveau châssis dans les mois précédant l'épreuve — voir La W194 — genèse de la voiture de course, 1951-1952 et Le châssis-treillis tubulaire — la pièce maîtresse héritée de la course. Les moteurs sont par ailleurs légèrement détunés, à 166 ch, pour privilégier la fiabilité sur la distance plutôt que la performance pure, et la trappe de remplissage du réservoir de carburant est remontée au-dessus de la lunette arrière.
Un frein aérodynamique expérimental resté sans suite immédiate
L'équipe présente également, sur une voiture de réserve, un dispositif expérimental de frein aérodynamique monté sur le toit, capable de se déployer pour accentuer le ralentissement à haute vitesse (jusqu'à 0,2 g de décélération supplémentaire à 160 km/h) avant de reprendre sa position affleurante une fois replié. Ce dispositif inhabituel, qui déstabilise quelque peu les autres équipages présents sur le circuit, fragilise cependant les pylônes de support et n'est pas reconduit dans l'immédiat sur les voitures de série engagées.
Une victoire logique face à l'abandon de Ferrari
Les 300 SL consomment davantage de pneumatiques que prévu au cours de l'épreuve, et l'équipage Kling/Klenk doit abandonner sur une panne de génératrice. Mais l'abandon de la Ferrari 4,1 litres qui menaçait de s'imposer laisse le champ libre aux deux autres équipages Mercedes-Benz engagés : Hermann Lang et Fritz Riess l'emportent à une moyenne de 155,574 km/h, précédant leurs coéquipiers Theo Helfrich et Helmut Niedermayr, pour un doublé complet de la marque à sa toute première participation d'après-guerre à l'épreuve.
Un contexte tragique à ne pas mélanger avec un autre événement du Mans
Cette victoire de 1952 ne doit pas être confondue avec un tout autre épisode, bien plus sombre, survenu au Mans trois ans plus tard : l'accident de 1955 impliquant une 300 SLR — une voiture de course entièrement différente de la 300 SL, voir la clarification dans 300 SL contre 300 SLR — deux voitures distinctes souvent confondues — qui coûta la vie au pilote Pierre Levegh et à des dizaines de spectateurs, et précipita le retrait de Mercedes-Benz de la compétition officielle pendant plusieurs décennies.
Voir aussi
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Mercedes-Benz_W194 ↗
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