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§ 01 · Histoire et modèles

300 SL contre 300 SLR — deux voitures distinctes souvent confondues

Mercedes-Benz 300 SL « Gullwing » · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une confusion fréquente, alimentée par une parenté de noms

Le grand public confond régulièrement la 300 SL (W198, notre sujet, produite en série de 1954 à 1963) avec la 300 SLR (code interne W196S), une voiture de course entièrement différente construite à seulement neuf exemplaires en 1955. Les deux véhicules partagent une filiation technique et une partie de leur nom, mais rien de plus : la 300 SLR dérive directement de la monoplace de Formule 1 W196 championne du monde 1954-1955, tandis que la 300 SL de série descend, elle, de la voiture d'endurance W194 de 1952 — voir De la W194 à la W198 — comment une voiture de course devient une sportive de série. Même l'infobox de Wikipédia anglophone consacrée à la 300 SL laisse transparaître cette proximité en mentionnant en creux les deux exemplaires du coupé Uhlenhaut dans son tableau de production, alors que ce total n'est en réalité pas comptabilisé dans le chiffre global de 3 258 exemplaires de la 300 SL proprement dite — signe que l'ambiguïté existe jusque dans les sources de référence.

Le fabuleux « coupé Uhlenhaut », star des ventes aux enchères

Sur les neuf 300 SLR construites, deux sont carrossées en coupé fermé pour servir de voiture de liaison rapide à la direction sportive de la marque après le retrait de la compétition en 1955 (voir La 300 SLS — une version course confidentielle du cabriolet pour le contexte de ce retrait, qui concerne une tout autre affaire). Ce coupé doit son surnom à Rudolf Uhlenhaut lui-même, qui l'utilisait alors comme voiture de fonction personnelle — une anecdote largement reprise veut qu'il ait couvert le trajet Munich-Stuttgart, environ 220 km, en un peu plus d'une heure. En mai 2022, l'un des deux exemplaires est cédé lors d'une vente privée organisée par RM Sotheby's au Musée Mercedes-Benz de Stuttgart pour 135 millions d'euros (environ 143 millions de dollars), devenant à ce jour l'automobile la plus chère jamais vendue aux enchères, tous modèles confondus — loin devant tout record établi par une 300 SL de série. L'acquéreur, le négociant et expert britannique Simon Kidston, agissait pour le compte d'un client resté anonyme ; le produit de la vente a servi à doter un fonds international Mercedes-Benz consacré à l'éducation et à la recherche environnementale.

Pourquoi cette distinction compte pour l'acheteur ou le lecteur non averti

Cette confusion n'est pas seulement académique : elle explique pourquoi certains chiffres de vente aux enchères circulant dans la presse généraliste, correctement attribués à la 300 SLR Uhlenhaut-Coupé, sont parfois cités à tort comme des records concernant la 300 SL « ordinaire ». Les records propres à la 300 SL de série, bien réels mais sans commune mesure, sont détaillés dans Records d'enchères — le marché des exemplaires aluminium et Rudge. Le nom « SLR » reviendra d'ailleurs bien plus tard, en 2003, sur un tout autre modèle sans lien technique direct, la Mercedes-Benz SLR McLaren.

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Provenance de cette fiche
Date d'extraction
13 sept. 2026
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